Les 10 points marquants du marché automobile en septembre 2026 : une rentrée sous perfusion

L'électrique en avant
+11,6 %. Cela fait longtemps que le marché automobile n'avait pas connu une progression à deux chiffres. En septembre 2026, il s'est en effet immatriculé 156 629 véhicules, ce qui lui permet d'augmenter de 4,1 % depuis le début de l'année, soit 1 234 952 véhicules. Une hausse qui ne tient qu'à un seul mot : "l'électrique". Cette énergie, portée par les aides à l'achat, que ce soit par la troisième édition du leasing social ou par l'écoscore, a représenté 42 % des immatriculations. Néanmoins, le marché n'est pas en pleine forme. "Malheureusement, si les aides n'étaient pas présentes, le marché ne serait probablement pas aussi bon", glisse un représentant de la PFA à la lecture des résultats. Les fortes disparités entre les constructeurs en sont la preuve.
Un marché divisé
Tout le monde n'est effectivement pas logé à la même enseigne. Loin de là. Si l'on devait résumer rapidement, il y a d'un côté les groupes français, qui performent grâce à un engouement indéniable de la part des clients (particuliers ou professionnels) pour l'électrique, Tesla (+61,9 % ; 9 038 unités), dont le Model Y a été le modèle le plus vendu ce mois-ci (8 183), une première, et les constructeurs chinois. Et de l'autre côté, on retrouve tous les autres grands acteurs du marché qui enregistrent des replis importants. Les +11 % du groupe Renault (40 065), les +6,6 % de Stellantis (38 468), ou les +282,3 % de BYD (3 976 dont 4 Denza) tranchent en effet avec les -12,1 % du groupe Volkswagen (18 984), les -3,3 % du groupe Toyota (8 710) ou les -5,6 % du groupe BMW (6 744), sans oublier les -4,9 % de Mercedes (4 134).
Des bulles pour Renault
En septembre, Renault a sabré le champagne. Avec une progression de 22,4 %, la marque a écoulé 28 844 unités, ce qui représente une part de marché de 18,4 %. Surtout, ses immatriculations sont très équilibrées. D'un côté, le segment B, sa grande force avec la Clio (5 618), la Renault 5 (5 224) et la Twingo (4 988) et de l'autre, le segment C avec un Scenic en pleine forme (2 738). En revanche, Dacia ne semble toujours pas avoir retrouvé le ticket gagnant. De mois en mois, la marque ne cesse de dégringoler. Elle a en effet encore glissé de 14,4 %, pour un total de 10 398 voitures. À noter également la bonne santé d'Alpine (823 ; +114,3 %), qui n'existe quasiment que par l'A290.
Un mois en demi-teinte chez Stellantis
Chez Stellantis, il y a de quoi aussi se féliciter, mais la chaleur des discours doit changer d'une marque à une autre. Le groupe a réalisé plutôt un bon mois avec une progression de 6,6 % (38 468 unités), mais c'est tout de même deux fois moins bien que le marché. Les bons élèves sont Citroën (11 897 ; +21,2 %), qui semble enfin retrouver une belle dynamique même si, avec 7,6 % de part de marché, nous sommes loin de l'objectif des 10 %. Fiat est aussi méritante avec +52,1 %. Avec 2 767 unités, elle devient la troisième marque la plus vendue du constructeur. À signaler aussi le sursaut d'Alfa Romeo (568 ; +15,9 %). En revanche, Peugeot peine à décoller (+1,5 % ; 19 153) et cela va mal pour Opel (2 282 ; -19,9 %), tout comme pour Jeep (690 ; -15,3 %). C'est même très mauvais pour DS (941 ; -28,2 %).
Des chinois qui poussent fort
Les constructeurs chinois ne cessent de ronger le marché petit à petit. Avec 3 972 immatriculations (+282,3 %), la marque BYD poursuit son développement en détrônant pour le deuxième mois consécutif MG qui ne progresse "que" de 2 % (3 787 unités). Les deux représentent près de 5 % de part de marché, à quasi part égale. Mais dans l'ombre, le groupe Chery ne cesse de grossir et veut lui aussi sa place au soleil. Avec déjà 2,2 % de part de marché (3 443 unités, dont 2 575 Jaecoo) après seulement six mois de commercialisation, le constructeur possède un solide potentiel de développement. À noter également les très bons résultats de Leapmotor (1 195 ; pdm : 0,8 %) et, dans une moindre mesure, de XPeng (716 ; pdm : 0,5 %).
À la recherche d'économies de carburant
Le marché automobile français est-il en train de devenir électrique ? Avec un doublement des immatriculations et une part de marché de 41,7 %, on pourrait le croire. Il s'est en effet vendu 62 243 voitures électriques dont la moitié est détenue par seulement trois marques, à savoir Renault (15 418), Tesla (9 038) et Peugeot (7 123). Cependant, une telle concentration montre que le marché n'est pas naturel, ce qui interroge sur sa pérennité une fois les aides réduites ou supprimées. Un autre indice révèle également que les acheteurs de véhicules neufs cherchent avant tout à réduire leur facture de carburant. Les PHEV ont été de nouveau dans le vert (+10,4 % ; 10 028 unités), ce qui n'était pas arrivé depuis longtemps, tandis que le GPL a lui aussi bondi de 22,9 % (5 234), porté uniquement par Dacia (+42,6 % ; 4 434), alors que la marque a reculé ce mois-ci de 14,4 %.
Les particuliers portent le marché
S'il était encore nécessaire de montrer que le marché est pour l'instant sous perfusion des CEE et autres mécanismes incitatifs à l'achat d'électriques, l'analyse des canaux de distribution enfonce le clou. Celui des particuliers est en effet le seul canal qui a clairement progressé ce mois-ci. Il a augmenté de 27,1 % alors que celui des entreprises a connu des fortunes diverses. Il recule sur celui des sociétés et administrations (-8 % ; 19 475), alors qu'il est dans le vert pour les loueurs longue durée (+10,2 % ; 19 862), soit au final une note positive (voir ci-dessous). En revanche, cela dégringole pour la location courte durée (-33,7 % ; 6 017), tandis que le véhicule de démonstration se maintient (+0,9 % ; 20 091).
Flottes : nouveau record électrique
Et de 5 ! Pour le cinquième mois consécutif, les immatriculations de voitures particulières sont orientées à la hausse sur les canaux BtoB (LLD, sociétés et administrations). En septembre 2026, la progression est néanmoins plus timide que les mois précédents, à +0,4 % et 39 337 unités. L’autre fait marquant du mois écoulé est la nouvelle performance des électriques, qui signent un nouveau record avec 16 940 livraisons, soit un volume en hausse de 76 %. En septembre, les VP électriques ont représenté 43,1 % du marché BtoB. Depuis janvier, malgré le regain de santé du marché, le volume VP BtoB global reste dans le rouge, à -2,3 % et 313 585 livraisons. L’électrique tire évidemment son épingle du jeu avec une part de marché de 39,9 % (contre 21,7 % l’an dernier), une hausse de 79,5 % et un cumul de 125 130 immatriculations.
Mauvaise rentrée pour l'utilitaire
Le marché de l'utilitaire n'a pas connu une belle rentrée. Les immatriculations ont en effet reculé de 10,1 %, à 26 916 exemplaires. Dans un tel marasme, aucune marque ne tire la couverture à elle. Avec 7 743 unités, Renault recule de 7,3 %, tandis que Peugeot s'effondre de 20,8 %, à 4 383 véhicules. La chute est moins brutale pour Citroën qui ne lâche "que" 6,9 %. La marque aux chevrons a mis 3 220 véhicules à la route. À noter néanmoins dans ce contexte, la très relative "bonne" performance de Ford (+0,2 % ; 2 43), un résultat qui contraste avec les ventes de véhicules particuliers.
Reprise compliquée pour le VO
La rentrée n'a pas été celle escomptée pour le marché des voitures d'occasion. Les 435 234 transactions totalisées en septembre correspondent à une baisse de 4,7 % par rapport à l'an passé. Un volume auquel les professionnels ont participé à raison de 168 130 unités (-7,4 %). Il faut déplorer au passage la chute de 16,9 % des voitures très récentes revendues en BtoC, sous les 14 100 unités. En parallèle, le canal CtoC a représenté 251 915 reventes (-2,5 %). Le mois de septembre a bouclé un troisième trimestre 2026 en repli de 4,5 %, à 1 260 464 échanges. Plus globalement, depuis le début de l'année, le marché français accuse un retard de 4,2 %, avec un cumul de tout juste 3 868 569 échanges de VO.
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