Essai Peugeot e208 GTi : les griffes électriques

On n’y croyait plus beaucoup. D’ailleurs, on ne l’attendait même pas. Après avoir présenté un concept en 2025 lors des 24 Heures du Mans, les signes de vie d’une possible version GTi de la 208 étaient assez faibles. Jusqu’à un réveil en juin dernier pour une présentation de la version définitive et des essais pour la presse quelques semaines avant le Mondial.
La Peugeot e-208 GTI n’est donc plus un concept, mais bien une voiture réelle. Même si elle repose sur un modèle en fin de vie et qui sera renouvelé l’année prochaine. Un curieux calendrier, pour ne pas dire incongru, en tout cas très rare dans le monde automobile. "Peu importe !", balaie le constructeur qui ne cache pas vouloir utiliser cette griffe mythique pour redorer celles du Lion bien émoussées ces dernières années.
Dès lors, que faut-il attendre de cette version ? Est-ce juste un coup de communication ou est-elle la digne héritière de la 205 GTi ? Les deux à la fois. Les trois lettres à l’arrière de la voiture montrent que Peugeot est de retour dans la voiture plaisir. Cependant, 2026 oblige, nous n’avons pas à faire ici à un quatre cylindres survitaminé, mais à un moteur électrique poussé à 281 ch qui délivre un couple de 345 Nm.
Les plus retors rétorqueront que la puissance électrique ne signifie pas grand-chose. Certes. Cette petite furie à la moquette rouge, qui semble n’avoir été conçue que pour en découdre avec les virages, démontre le contraire.
La puissance revendiquée par Peugeot est bien au rendez-vous. Le 0 à 100 km/h est atteint en 5,5 secondes et le couple permet de relancer le moteur entre 80 et 120 km/h en 3,5 secondes. Bref, de quoi bien s'amuser en ligne droite.
Merci au blocage de différentiel
Mais son vrai terrain de jeu est ailleurs. L'e208 GTi impressionne d’abord par son grip. On peut entrer fort dans les virages sans mauvaises surprises. En mode Sport, la direction se raffermit, tandis que le différentiel Torsen aide la voiture à resserrer sa trajectoire à la remise du gaz.
Mieux : lorsque la courbe se referme, il suffit de lever le pied pour sentir l’arrière participer. La Peugeot pivote gentiment et retrouve un peu de cette malice chère aux anciennes GTi françaises. Pour les pilotes moins audacieux, l'ESP, impossible à déconnecter totalement, vient remettre de l’ordre dès que la dérive devient trop généreuse. Le rythme reste malgré tout impressionnant. La suspension contient parfaitement les mouvements de caisse sans transformer la 208 en bout de bois.
Le freinage se montre également convaincant. En mode Sport, Peugeot supprime la récupération d’énergie à la pédale afin d’offrir un ressenti plus constant.
Très gourmande GTi
La rançon de cette efficacité apparaît lorsque le rythme retombe. À basse vitesse, l’amortissement devient plus ferme, ce qui nuit pour un usage quotidien. L'e208 GTi se montre ainsi plus exigeante, moins confortable, qu’une Alpine A290. Mais elle possède un caractère plus trempé. Et une belle descente.
Car la sobriété n’a pas été la mission première des ingénieurs dans son développement. Résultat, il se peut que vous passiez plus de temps à la recharger qu'à jouer avec. D’autant plus que Peugeot a conservé la batterie de 54 kWh de la version "civilisée", qui n’est pas ce qui se fait de mieux sur le marché. Sa puissance de recharge n’est que de 100 kW, ce qui demandera a minima une demi-heure pour retourner faire un tour de manège.
Sous la barre des 40 000 euros
Le prix du ticket de l’attraction est de 42 900 euros, mais Peugeot fait un effort avec une remise de 1 850 euros, sans oublier la prime CEE de 3 600 euros. Résultat, cela place la voiture sous la barre des 37 500 euros, un tarif proche de ce que propose la concurrence qui repose néanmoins sur des architectures beaucoup plus modernes.
Néanmoins, à part la Lancia Ypsilon HF ou l'Opel Corsa GSE avec laquelle la Peugeot partage la quasi-totalité de ses qualités, elle s'avère bien plus puissante que les Alpine A290 GT (220 ch), Cupra Raval VZ (228 ch) et autres Mini Cooper JCW E (258 ch). Ça compense.
Avec autant de chevaux, de plaisir au volant et un esprit GTi indéniablement conservé, à part le bruit via les enceintes, beaucoup trop artificiel, et donc inutile, cette e208 GTi est une belle vitrine pour la marque et un chouette joujou pour les nostalgiques de l'ancêtre iconique.
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