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Constructeurs

Marché automobile européen : une reprise qui redistribue brutalement les cartes

Publié le 21 janvier 2026

Par Christophe Bourgeois
5 min de lecture
En progressant légèrement en 2025, le marché automobile européen semble amorcer une phase de stabilisation. Mais derrière les 13,3 millions d’immatriculations enregistrées, les lignes bougent vite. Les écarts de performance entre constructeurs s’accentuent, révélant des stratégies gagnantes et des modèles désormais fragilisés par la concurrence et les mutations technologiques.
marché automobile européen 2025
En progression de 26 %, MG a dépassé les 300 000 unités vendues en Europe en 2025, plaçant la marque sino-anglaise devant des acteurs historiques comme Nissan. ©AdobeStock

Avec 13,3 millions d’immatriculations sur l’année (données Data Force), le marché automobile progresse légèrement par rapport à 2024 (+2,3 %), sans toutefois retrouver son niveau d’avant-crise. Derrière cette apparente normalisation, les écarts de performance entre constructeurs et marques se creusent fortement.

 

En tête, le groupe Volkswagen conforte son leadership avec environ 3,56 millions de véhicules immatriculés en Europe sur l’année (+5 %). Volkswagen reste la première marque du continent (près de 1,44 million d’unités ; +6 %), devant Skoda (839 000 ; +9 %) et Audi (près de 666 000 ; +0,2 %). Si le groupe demeure dominant, la croissance reste néanmoins inégale selon les marques, Skoda apparaissant comme le principal moteur de volumes et de rentabilité.

 

Stellantis à la peine

 

Loin derrière, Stellantis totalise environ 1,92 million d’immatriculations en Europe. Le constructeur recule de 4 % et aucune de ses marques leaders n'est dans le vert. Si Peugeot (642 000 ; -0,3 %), Citroën (357 000 ; -2 %) et Opel (399 000 ; -4 %) constituent le socle du groupe, elles affichent globalement des volumes en retrait. Fiat (280 000) glisse de 9 %, tandis que Jeep et ses 129 000 unités sont à la traîne. Il n’y a qu’Alfa Romeo qui progresse à près de 61 000 unités (+34 %), portée par le Junior, mais cette progression ne compense pas les pertes de volume de la marque.

 

 

Avec environ 1,36 million de véhicules (+6 %), le groupe Renault affiche une trajectoire plus favorable. Renault représente environ 752 000 immatriculations (+7 %), Dacia 595 000 (+4 %), confirmant d'année en année son statut de marque à volume, tandis qu’avec 10 500 immatriculations, une première, Alpine reste néanmoins marginale mais stratégique en matière d’image.

 

 

Quatrième de ce classement, le groupe Hyundai est à la peine. Ses 1,05 million d'immatriculations le font reculer de 1,6 %. Dans le détail, Hyundai reste relativement stable (530 000 immatriculations), mais est tiré vers le bas par Kia (515 000 immatriculations ; -3,3 %), qui aura connu une mauvaise année sur la plupart des marchés européens.

 

C’est aussi compliqué chez Toyota, premier constructeur en Europe. Avec près de 935 000 immatriculations, il recule de 7 %. Dans le détail, il enregistre 859 000 véhicules pour la marque Toyota et 76 000 pour Lexus. Challengée sur l'hybride par Renault et MG, Toyota semble ne plus avoir le monopole de l'hybridation.

 

Des premium entre deux eaux

 

Côté premium allemand, le groupe BMW atteint environ 969 000 véhicules (+5 %), dont 798 000 BMW (+3 %) et 170 000 Mini (+15 %), tandis que Mercedes-Benz reste sous pression avec environ 708 000 immatriculations (-1 %).

 

Parmi les autres constructeurs à volume, notons la bonne performance de Ford en Europe (490 000 ; +5 %), qui profite de la résistance de la Puma et de la montée en puissance du Transit Custom.

 

En revanche, Nissan recule de 4,9 % (290 000 véhicules), tandis que Tesla s’effondre de 26,9 % (240 000 véhicules). Le ralentissement des ventes des Model Y et Model 3, combiné à une concurrence accrue, notamment chinoise, à une pression sur les prix et probablement aux discours de son dirigeant, pèse lourdement sur les volumes.

 

Les constructeurs chinois en force

 

En parallèle, la percée des constructeurs chinois constitue l’un des faits marquants du marché automobile européen en 2025. Avec près de 800 000 immatriculations cumulées, ils représentent désormais environ 6 % du marché, contre un poids encore marginal il y a trois ans. Cette dynamique repose avant tout sur quelques marques locomotives.

 

MG s’impose comme le premier acteur chinois en Europe avec plus de 307 000 immatriculations (+26 %), confirmant son statut de marque généraliste à part entière. BYD signe quant à lui une progression spectaculaire, à près de 187 000 unités (+276 %), portée par une gamme électrique large, un déploiement dans l'hybride rechargeable et une montée en puissance rapide de son réseau européen.

 

 

Au-delà de ces deux leaders, la Chine avance désormais en ordre dispersé mais coordonné. Chery, à travers Omoda et Jaecoo, dépasse les 120 000 immatriculations, tandis que Leapmotor franchit les 33 000 unités, illustrant la capacité des nouveaux entrants à monter en volume en très peu de temps.

 

À ces marques s’ajoutent une constellation d’acteurs plus modestes (XPeng, Polestar, Lynk & Co, Zeekr, DR Motor, BAIC…), qui participent à l’ancrage progressif de l’offre chinoise sur tous les segments, du véhicule électrique urbain au SUV sur le segment E.

 

En 2025, les constructeurs chinois ne testent plus le marché européen : ils s’y installent durablement, en exerçant une pression directe sur les prix, les marges et les stratégies produit des groupes historiques.

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