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Constructeurs

Les 10 points marquants du marché automobile en mai 2024 : premier repli

Publié le 3 juin 2024

Par Christophe Bourgeois
8 min de lecture
Est-ce une tendance ou une anomalie ? Pour la première fois depuis l'été 2022, les immatriculations en France baissent. En mai 2024, le marché automobile français compte 141 298 voitures (-2,9 %). Stellantis et, dans une moindre mesure, Renault, ont été mis à mal ce mois-ci, tandis que les voitures électriques marquent le pas au profit de l'hybride qui enregistre un record.
chiffres du marché mai 2024
Pour la première fois, les modèles hybrides se sont plus vendus que les véhicules 100 % essence. ©Toyota

Un marché en baisse, une première depuis presque deux ans

Pour la première fois depuis l'été 2022, le marché automobile français a connu en mai 2024 une baisse des immatriculations. Elles se sont en effet contractées de 2,9 % pour atteindre un volume global de 141 298 unités. Les raisons de ce repli ? Malgré les ponts, la cause n'est pas à chercher du côté du nombre de jours ouvrés car il est identique à celui de l'année dernière. "Nous observons un phénomène d'attentisme", explique Julien Billon, directeur général de AAA Data. Les clients attendent d'y voir plus clair sur les réglementations à venir en terme d'électrification." Le contexte est encore plus incertain pour les flottes de sociétés, perturbées par une proposition de loi à l'étude, visant à contraindre les entreprises à s'équiper en véhicules à faibles émissions polluantes. Enfin, Julien Billon relève aussi, dans une moindre mesure, une "surimmatriculation en mars et avril liée au dispositif du leasing électrique".

 

Stellantis et Renault dans le rouge

Si, avec 38 319 immatriculations, Stellantis reste par sa taille le premier groupe en France, ses résultats sont trois fois inférieurs à la moyenne du marché. Ses immatriculations ont effet baissé de 10,1 %, tirées vers le bas par DS Automobiles (-39,6 % ; 1 360 unités), Fiat (-27,7 % ; 2 809), Peugeot (-11,8 % ; 19 695) et Citroën (-9,5 % ; 8 911). Seuls Opel, Jeep et Alfa Romeo sont dans le vert avec respectivement une progression de 27,9 % (4 204), 20,1 % (915) et 19,9 % (295). Chez Renault, la réduction des immatriculations est aussi au-dessus de la moyenne, (-4,7 % : 37 082) mais le groupe limite la casse. Renault stagne à 0,4 % (26 250) tandis que Dacia glisse de 15,3 % (10 597). La vache à lait de Renault souffre de l'arrêt des aides sur la Spring et attend la nouvelle génération de Duster.

 

Volkswagen et Toyota dans le vert

En revanche, Volkswagen et Toyota progressent fortement. Le groupe allemand, qui a connu des mois difficiles, reprend des couleurs avec une augmentation de 15,4 % (22 408). Cette dernière est portée par toutes les marques du constructeur, qui enregistrent des progressions à deux chiffres. Seule la marque Volkswagen fait office de mauvais élève avec une croissance de "seulement" 5,5 % (10 434). Mais cela reste dans les faits, un très bon résultat, puisqu'elle a failli se placer sur la troisième marche du podium ; 163 véhicules la séparent de Dacia. Du côté de Toyota, très belle performance au niveau groupe (+32,7 % ; 10 379), soutenue aussi bien par Toyota (+3,3 % ; 9 860) que par Lexus (65,3 % ; 519).

 

Tesla et MG prennent le bouillon

C'est loin d'être la grande forme chez Tesla. En mai, les ventes ont chuté de 45,2 % à 2 197 unités et si l'on prend un peu de la hauteur, ce n'est pas mieux depuis le début de l'année (-16 % ; 15 685). Chez MG, c'est pire. Les immatriculations ont reculé de 65,3 % (861) et sur les cinq premiers mois de l'année, c'est une chute de 28,6 % (6 454). Ces faibles performances, du moins pour MG, sont clairement une des conséquences de la politique fiscale sur l'attribution du bonus pour l'achat de véhicules électriques. Quant à Tesla, les raisons sont multiples : arrêt également du bonus, politique tarifaire qui ne cesse de faire le yoyo, potentiel de clientèle atteint pour la marque. À voir comment la marque réagira dans les mois à venir, d'autant plus que son grand rival chinois BYD (1 330 depuis le début de l'année) est en embuscade.

 

Un premium qui tire son épingle du jeu

Alors que le marché se contracte de 2,9 %, les marques premium s'en sortent bien. C'est d'autant plus paradoxal que les ventes à société, friandes de ce type de véhicules, sont en baisse. Avec une progression de 5 374 unités (+15,9 %), BMW reste leader sur ce segment, suivi par les 4 310 livraisons d'Audi (+13,5 %), tandis que Mercedes-Benz ferme la marche avec 3 912 unités (+10,5 %). De son côté, Volvo, toujours porté par le EX30 progresse de 24,8 %, avec 1 474 immatriculations. Bons résultats également pour Land Rover (+9,4 % ; 571) et Lexus (+65,3 % ; 519). C'est en revanche la Bérézina pour DS (-39,6 % ; 1 360).

 

Les hybrides simples en forte progression

Avec 43 406 immatriculations, les ventes de voitures essence enregistrent une baisse de 20 %, une diminution somme toute assez logique, car l'offre produit ne cesse de se réduire comme peau de chagrin, remplacée par les véhicules hybrides qui, eux, voient leurs immatriculations progresser de 40 % à 44 396 unités. Pour la première fois, ils devancent les 100 % essence avec une part de marché de 31,4 % contre 30,7 %. Mai 2024 sera probablement le point de bascule entre ces deux énergies. Si l'on reste sur le chapitre des hybrides, les rechargeables dévissent de 19,4 % à 10 201  unités, soit une part de marché de 7,2 %. Quant au diesel, les mois avancent et se ressemblent : les immatriculations ont chuté de 24,5 % à 11 448 unités, soit une part de marché de 8,1 %. Mais la principale surprise est du côté de l'électrique. Alors que les progressions étaient jusqu'à présent assez importantes, cette énergie a vu ses ventes croître de 5,4 % uniquement à 23 887 unités (pdm : 16,9 %), alors que toutes les voitures du leasing social n'ont pas encore été livrées. Les distributeurs automobiles, échaudés par les avances faites au titre du bonus, ont également bloqué les livraisons. Le portail de l'ASP est désormais ouvert et les premiers versements de l’État devraient intervenir dans les jours qui viennent. Enfin, les énergies dites alternatives couvrent 5,5 % du marché avec 4 732 GPL et 3 217 E85. Mais les distributeurs

 

Retour des ventes tactiques

L'arrêt des aides pour les véhicules électriques pour les sociétés et les menaces que représente la proposition de loi du député Damien Adam visant à accélérer et à contrôler le verdissement des flottes, ont eu un impact immédiat sur les immatriculations des voitures à sociétés. Elles se sont en effet contractées de 16,1 % à 19 391 unités sur le canal des ventes à société et administration et de 6,8 % à 18 071 unités sur le canal des loueurs longue durée. Celui des particuliers a limité la casse avec une baisse de 1,8 % (59 657). De leur côté, la courte durée a progressé de 2,6 % (22 354), tout comme les véhicules de démonstration (+1,9 % ; 16 778).

 

Les flottes passent dans le rouge

Le mois de mai n’a pas vraiment réussi au marché des flottes. Les mises à la route de voitures particulières en BtoB ont plongé de 11,9 %, à 37 462 unités. Une baisse marquée qui a touché les principales têtes d’affiche du secteur. Renault (-12,8 %), Peugeot (-33 %) et Citroën (-14,8 %) ont fait moins bien que la moyenne. À noter que la marque aux chevrons, sur le mois, a terminé au 6e rang du marché des flottes, avec 2 407 immatriculations. Soulignons en outre que les mises à la route de voitures électriques ont reculé de 7,3 %. Depuis janvier, ce sont 201 398 VP qui ont été déployés sur les canaux BtoB (administrations, entreprises, loueurs longue durée), un volume en repli de 1,6 %.

 

Les VUL lèvent le pied

Auteurs d’un excellent début d’année 2024, les véhicules utilitaires légers ont vu leur dynamique s’essouffler au mois de mai. Les immatriculations n’ont progressé que de 2,2 %, à 30 909 unités. Ce qui nous donne un marché VUL à 160 566 mises à la route depuis janvier, à +9 %. Cette perte de vitesse en mai n’est pas le fait des deux principaux acteurs de la catégorie, Renault et Peugeot, qui ont vu leur activité se maintenir à un très bon niveau. Les deux constructeurs progressent respectivement de 15,6 % et 11,1 %. À l’inverse, Citroën a chuté de 38,6 %. Iveco (-14,8 %), Toyota (-8,2 %) et Opel (-22,1 %) ont également perdu du terrain.

 

Les VO récents donnent un coup de boost

Avec 424 881 remises à la route, le marché des voitures particulières d'occasion a progressé de 2,9 % au mois de mai. Si Renault n'a grimpé que de 1,5 % (77 139 VO), le gain de volume a été de 3,2 % pour Peugeot (75 471 VO) et de 4,2 % pour Citroën (45 728 VO). Cette croissance a été portée par le segment des voitures d'un an (+13,2 %, à 20 693 VO) et celui des 6-10 ans (+8,4 %, à 93 200 VO), ce qui a profité aux vendeurs professionnels, dont les volumes ont atteint 152 233 unités, soit 3,3 % de mieux que l'an passé. Après cinq mois, le total de voitures d'occasion s'élève à 2,224 millions d'unités, en hausse de 3,8 %, dont près de 793 000 unités proviennent du BtoC (+5,1 %).

 

(Avec Damien Chalon, Gredy Raffin, Christophe Jaussaud et Catherine Leroy)

 

Retrouvez l'intégralité des immatriculations de véhicules neufs et d'occasion de mai 2024 dans notre Data Center.

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