Les 10 points marquants du marché automobile en décembre 2025 : le miracle n'a pas eu lieu

Un net recul de 5 %
Les chiffres sont tombés. Et ils ne sont pas bons. Le marché automobile a en effet terminé l’année sur une mauvaise note. En décembre, les immatriculations ont chuté de 5,8 %, pour s’établir à 172 927 véhicules. Dans ces conditions, malgré un léger sursaut à la rentrée, il était difficile d’espérer un retournement durable. Sans surprise, le marché clôt donc 2025 en recul de 5 %, avec un total de 1 632 154 véhicules immatriculés. Pour remettre dans le contexte, ce sont 580 000 véhicules de moins qu’en 2019, dernier exercice précédant la pandémie de Covid-19 et la poussée inflationniste qui a suivi. En six ans, les ventes ont ainsi reculé de plus d’un quart, une situation que la Plateforme automobile (PFA) qualifie de "véritable crise de volume" pesant lourdement sur l’industrie automobile française et européenne.
Le groupe Renault s'affiche dans le vert
Dans ce jeu de massacre, la fortune des constructeurs est très diverse. Le groupe Renault s'en sort plutôt bien, porté par une dynamique produits assez forte, notamment grâce à la Renault 5 et, dans une moindre mesure, au Renault Scenic E-Tech auprès des entreprises. Le groupe a progressé de 1,2 % à 430 217 unités, ce qui lui permet d'afficher une part de marché de 17,5 %. Seule ombre au tableau, Dacia recule de 3,9 %. Néanmoins, avec 139 305, la marque conserve une pénétration de 8,5 % et se positionne sur la troisième marche du podium.
La descente aux enfers de Stellantis
Stellantis continue à payer les erreurs stratégiques de son ancien dirigeant. Le groupe recule de 7,1 %, soit deux points de moins que le marché. À 420 867 unités, il n'arrive toujours pas à remonter la pente. Toutes les marques de son portefeuille enregistrent une baisse, à l'exception de Citroën (+3,6 % ; 115 576 unités) qui récolte enfin les fruits de son développement produits et d'Alfa Romeo (+41,8 % ; 6 202), pour des raisons identiques. Mais ces deux arbres cachent la forêt. Peugeot ne fait pas mieux que le marché (-5 % ; 221 001), ce qui place la marque à des années-lumière de Renault, tandis qu'Opel (-19,3 % ; 32 290), Fiat (-38,2 % ; 20 255) et DS (-20,8 % ; 14 280) s'approchent dangereusement des limbes des marques automobiles. Même Jeep, qui avait réussi une excellente année 2024, a reculé de 17,4 % à 9 740 unités.
Des valeurs sûres en difficulté
Volkswagen peut dire merci à Skoda et à Cupra, et dans une moindre mesure à Audi. Avec une progression de respectivement 13,9 % (50 660), 29,3 % (22 695) et de 1,8 % (48 756), elles empêchent le groupe de sombrer. Car le constructeur a enregistré une baisse de 2,1 % (252 980), plombé par les mauvais résultats de Volkswagen (-7 % ; 110 960) et de Seat (-29,1 % ; 15 860). N'oublions pas la dégringolade de Porsche qui, avec 3 849 unités (-41,4 %), enregistre une très mauvaise année. Année noire également pour le groupe Toyota qui dévisse de 13,7 % (116 221), ainsi que pour le groupe Hyundai (-10,9 % ; 79 609). Alors que la marque Hyundai surnage avec une progression de 0,4 % (45 621), le constructeur sud-coréen est tiré vers le fond par Kia (-22,5 % ; 33 988). Enfin, Mercedes-Benz recule de 13,8 % (46 084), Ford se contracte de 12,2 % (38 321), tandis que Tesla s'effondre (-37,5 % ; 25 460).
Un made in China dominé par MG
Les marques chinoises, qui ont dominé une bonne partie de l'actualité automobile en 2025, ont connu une belle croissance. Les quatre plus importantes (et qui disposent d'un réseau de distribution bien implanté) ont représenté près de 55 000 immatriculations, soit une part de marché de 3,3 %. À elle seule, MG, avec 33 729 unités (+37,1 %), couvre 62,6 % de ces mises à la route. Une performance qui lui permet d'atteindre les 2,1 % de part de marché, ce qui la place au même niveau que Kia ! BYD arrive très loin derrière et enregistre 13 533 unités, soit une part de marché de 0,8 %. Doucement mais sûrement, Leapmotor passe devant XPeng, portée par la visibilité que lui offre le réseau Stellantis. La première marque a immatriculé 3 561 unités contre 3 313 pour la seconde. Quant aux marques chinoises (Skyworth, Polestar, Lynk & Co, etc.), elles n'ont pas dépassé les 1 000 exemplaires chacune.
Une voiture sur cinq est électrique
En 2025, l'électrique a couvert une part de marché de 20 %, soit 327 234 voitures, tandis que les hybrides ont représenté une immatriculation sur deux (pdm : 50,5 % ; 823 625), dont 714 998 microhybrides et hybrides non rechargeables (pdm : 43,8 %). Les hybrides rechargeables se contentent d'une pénétration de 6,7 % (108 627). La part des modèles essence (pdm : 21,2 % ; 345 233) est désormais similaire à celle des électriques, tandis que les diesel passent sous la barre symbolique des 5 %, à 4,9 % (79 397). Enfin, le GPL reste stable (pdm : 3,4 % ; 55 499).
La location courte durée surnage
À part celui de la location courte durée, qui a enregistré une progression de 14,5 % (184 238 unités), aucun canal n'a été dans le vert. Celui des particuliers, tant scruté par les professionnels, a fait moins bien que le marché (-6,4 % ; 745 259). Il enregistre une pénétration de seulement 45,7 %. Côté ventes à professionnel, le recul est lui aussi supérieur à celui du marché. Si celui des ventes à société et administration a reculé de 5,7 % (236 136), la location longue durée a fait trois fois moins bien que le marché (-14,9 % ; 214 156). Quant aux véhicules de démonstration, les constructeurs ne semblent pas en avoir abusé pour maintenir leurs immatriculations, car même ce canal est en repli (-4,6 % ; 206 367).
Les flottes foncent sur l’électrique
Plusieurs niveaux de lecture sont possibles à l’heure de tirer un premier bilan du marché des flottes en 2025. Il y a tout d’abord le volume global, qui n’est pas fantastique. 450 292 voitures particulières ont été livrées, soit 10,3 % de moins qu’en 2024 qui, rappelons-le, était un très bon cru. On peut ensuite voir que la transition énergétique des flottes est réelle avec une percée exceptionnelle des électriques. Sur le seul mois de décembre, 13 567 VP électriques ont été livrés en BtoB, un record (27,1 % du mix). Un autre record est celui du cumul annuel de VE. Pour la première fois, la barre des 100 000 unités a été franchie et même largement dépassée. Ce sont 107 093 VE qui ont été immatriculés, soit une progression de 54,2 %. Le souci est que l’électrique éclipse toutes les autres motorisations, y compris les hybrides. Cela nous donne donc un marché BtoB en perte de volumes.
VUL : la marche était trop haute
En dépit d’un sursaut au dernier trimestre, les véhicules utilitaires légers n’ont pas été en mesure de rattraper leur retard accumulé en début d’année. Les mises à la route en 2025 ont reculé de 5,6 %, à 358 299 unités. Il aurait fallu un mois de décembre record pour terminer dans le vert. Or, sur la période, les immatriculations n’ont progressé que de 0,4 %, pour un total de 33 182 cartes grises. Dans ce contexte morose, Renault, avec son partenaire Renault Trucks, ont cumulé 101 217 livraisons en 2025, cédant 11,5 %. Le podium est complété par Peugeot (66 257 unités, -1,8 %) et Citroën (43 143, -15,3 %). Ford conserve de son côté la place de première marque importée avec 33 111 mises à la route, à +5 %. L’autre élément clé de 2025 est la difficulté du marché VUL à s’électrifier. Seulement 33 696 utilitaires électriques ont été livrés. Même si la progression est soutenue (+28,4 %), nous sommes toujours à moins de 10 % du mix (9,4 %).
Le VO dans le vert sauf pour les pros
Au soir du 31 décembre 2025, le marché des voitures d'occasion a bouclé à 5 396 432 transactions tous canaux confondus. D'une année à l'autre, il a ainsi gagné 0,8 %. Une progression bien aidée par le dernier mois écoulé, puisque 452 150 échanges ont eu lieu (+5,8 %) en décembre. Un exercice 2025 dont les professionnels ne peuvent se satisfaire. Leurs ventes à particulier ont fondu de 11,3 %, à moins de 2,204 millions d'unités. Alors que le canal du CtoC s'est envolé de 13,6 %, à 2,992 millions d'échanges. Sans surprise, les voitures d'occasion les plus récentes (+4 %, à 301 400 unités) et celles de plus de 16 ans (+10,4 %, à 1,631 million d'unités) ont été les moteurs de la croissance annuelle, tous canaux confondus. Notons enfin que les modèles électriques (177 900 VO) et hybrides (654 500 VO) ont chacun bondi de 30 % sur un an.
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