Les 10 points marquants du marché automobile en octobre 2026 : l'électrique explose, mais tout le monde n'en profite pas

Une progression contrastée
Marché d'opportunisme ou réelle bascule vers l'électrique ? Les immatriculations d'octobre 2026 ont connu une progression de 7 %, ce qui représente 149 340 unités, malgré un jour ouvré de moins par rapport à l'année précédente. Cette belle progression est néanmoins très contrastée. Les écarts se sont creusés entre certaines marques qui ont su tirer leur épingle du jeu, Renault et Citroën en premier lieu, indéniablement portées par l'électrique, sans oublier les constructeurs chinois qui s'envolent, tandis que d'autres sont dans le rouge, comme c'est le cas pour Peugeot, Toyota ou toute la famille Volkswagen. En outre, le marché a été soutenu par les particuliers alors que les ventes chutent sur les canaux professionnels. Dès lors, dans un contexte fortement perturbé par les prix des carburants qui semblent pousser les automobilistes à se tourner vers l'électrique, aussi bien sur le neuf que sur l'occasion, le marché progresse de 4,4 % (1 384 293 unités) depuis le début de l'année.
Stellantis dit merci à Citroën et à Fiat
En octobre, le groupe Stellantis a repris des couleurs. Certes, avec une progression de 2,8 %, soit 36 901 véhicules, il reste en dessous du marché, mais il devance Renault. Le constructeur est porté par la bonne dynamique de Citroën, qui redevient pour ce mois-ci la troisième marque la plus vendue en France, avec 11 144 immatriculations (+11,4 %) et, dans une moindre mesure, par Fiat, qui affiche une très belle santé, et ce depuis le début de l'année. Rien qu'en octobre, ses immatriculations ont augmenté de 28,8 % (2 752 unités), grillant ainsi la priorité à Opel (2 406 ; -4,9 %). Et Peugeot dans tout cela ? La marque au lion recule de 2 % à 18 420, perdant plus de 7 500 véhicules par rapport à son concurrent direct, Renault.
Renault chute à cause de Dacia
Justement, chez Renault, c'est Jean-qui-rit, Jean-qui-pleure. Si les immatriculations du groupe sont en berne (-4,1 % ; 34 730), celles de la marque éponyme connaissent une belle progression (+4,2 % ; 25 936), qui ne cesse de creuser l'écart avec Peugeot depuis le début de l'année (238 448 unités contre 179 714). En revanche, c'est compliqué chez Dacia. Les immatriculations ont encore chuté de 23,8 % pour atteindre péniblement les 8 338 unités, plaçant ce mois-ci la marque à la sixième place, derrière Toyota (9 021) et Volkswagen (8 412) qui ont également connu un mois difficile, avec une baisse de respectivement 3,1 % et de 13,3 %.
BYD intègre le top 10 !
De leur côté, les constructeurs chinois* sont en forme exceptionnelle. En octobre, ils ont représenté une part de marché de 10,7 %, soit 16 025 unités. Avec 5 419 immatriculations (+431,7 %), BYD pousse extrêmement fort et réussit non seulement à dépasser MG (3 974 ; +30,5 %), mais également à faire beaucoup plus que des marques bien installées comme Kia (3 943 ; +21,3 %), Hyundai (3 923 ; +0,6 %), Ford (2 901 ; +1,4 %) ou Nissan (2 926 ; +13,8 %). À elle seule, BYD couvre 3,6 % du marché automobile en octobre, ce qui lui permet d'intégrer le top 10. Du jamais vu ! Et contrairement aux mois précédents où la marque avait tendance à un peu trop utiliser les canaux tactiques, notamment celui des véhicules de démonstration, les ventes à particuliers représentent 58 % des mises à la route. À noter également la très belle performance de Jaecoo (2 865), qui se place déjà à la 16e place du marché.
BMW et Mercedes en forme, Volkswagen prend le bouillon
Dans l'ensemble, la plupart des groupes ont connu un beau mois. Notons au hasard, BMW (+16,3 % ; 7 921) ou, pour rester dans le premium, Mercedes-Benz (+14,9 % ; 4 223). Soulignons aussi les belles couleurs du groupe Hyundai (+10,2 % ; 7 878). En revanche, le groupe Volkswagen a connu un mois noir avec une chute deux fois supérieure à celle du marché (-14,9 % ; 19 370). À part Skoda (+4,1 % ; 4 770), pas une seule marque du constructeur allemand n'est dans le vert. Cela a été aussi plus compliqué chez Toyota (-2,3 % ; 9 627). Enfin, si Tesla progresse de 35,2 %, la marque n'a immatriculé que 2 410 voitures, très loin des 9 038 unités du mois dernier. Une contre-performance à prendre néanmoins avec des pincettes, car on sait que chez le constructeur américain, les immatriculations sont assez erratiques.
De l'électrique, de l'hybride rechargeable et du GPL pour réduire les prix à la pompe
Leasing social, fiscalité des entreprises, prix des carburants, les vents poussent l'électrique. Les immatriculations ont progressé de 81,7 % (61 958 unités) pour atteindre une part de marché de 41,5 % avec de belles progressions chez certains constructeurs, comme c'est le cas chez Renault. Les 14 610 électriques représentent 56,3 % des ventes du constructeur, soutenues par une Twingo en pleine forme. Avec 4 747 immatriculations, elle prend la tête des ventes de voitures électriques, devant la Renault 5 (4 666). D'ailleurs, Renault place trois voitures électriques dans son top 5. Dans un tel contexte, les autres énergies enregistrent une contraction, excepté les hybrides rechargeables qui progressent de 13,1 % (10 503 exemplaires) pour couvrir 7 % du marché. Signe que les automobilistes recherchent des alternatives au sans plomb, le GPL connaît aussi une hausse de 3 %, pour couvrir une part de marché de 3,7 %. Seuls deux constructeurs en proposent, Renault et Dacia, avec des résultats contrastés : les immatriculations de Renault reculent de 42,5 %, alors que celles de Dacia augmentent de 22 %. Surtout, elles représentent 45,6 % du mix énergétique de la marque.
Les particuliers sont revenus dans les concessions
Octobre aura été celui des particuliers. Les immatriculations sur ce canal ont représenté 56,7 % du total, un excellent résultat porté notamment par l'attrait des véhicules électriques et par les marques chinoises qui visent, fiscalité oblige, principalement les particuliers. En revanche, tous les autres canaux sont en berne, excepté celui des loueurs longue durée qui progresse de 4,2 % à 10 951 unités. Les ventes directes aux entreprises glissent de 13,1 % (18 589), tandis que celle de la location courte durée recule de 7,7 % (8 040) et les véhicules de démonstration enregistrent une légère baisse (-1,7 % ; 15 328).
Les flottes rechutent, les électriques au plus haut
En croissance depuis le mois de mai, les immatriculations de voitures particulières en BtoB (LLD, sociétés et administrations) rechutent en octobre. Elles baissent de 4,7 %, à 39 540 unités. L’activité est plombée notamment par le net déclin (-20,2 %) des propositions hybrides, qui constituaient jusque-là un pilier du marché des flottes. Leur part de marché est passée de 47,4 % à 39,7 % en l’espace d’un an. Le record de livraison de voitures électriques ne suffit pas à compenser le phénomène. Les modèles à batterie progressent de 53,9 %, à 18 265 unités, ce qui leur permet d’afficher une pénétration de 46,2 %. Les électriques confirment leur domination sur le marché des flottes mois après mois. Conséquence de ces bouleversements, le marché BtoB recule de 2,6 % depuis janvier. Ce sont 353 125 livraisons qui ont été effectuées, dont 143 395 de voitures électriques (+75,8 %).
Pas d’éclaircie en vue pour le VU
Les mois se suivent et se ressemblent pour le marché des véhicules utilitaires légers. En octobre, une nouvelle chute des immatriculations de 13,5 % est enregistrée par AAA Data, pour un total de 27 518 mises à la route. La seule "bonne nouvelle" du moment est la montée en puissance des électriques de 44 %. Ils ne pèsent toutefois que 17,8 % du marché, insuffisant donc pour jouer le rôle de locomotive. Depuis le mois de janvier, le compte n’y est pas non plus pour les VUL. Ils accusent une baisse de 6,4 %, à 277 174 unités. Les électriques n’émargent qu’à 13,2 % de part de marché.
Les électriques brillent sur un marché VO bien terne
Avec un total de 27 961 transactions tous canaux confondus (+42,8 %), le segment des voitures électriques d'occasion établit en octobre un nouveau record de volume mensuel. Le marché VO dans sa globalité, en revanche, s'effondre de 7,2 %, à 448 983 unités. Les voitures d'occasion de moins de 12 mois (-15,9 %, à 23 770 unités) et de 6-10 ans (-13 %, à 87 600 unités) ont particulièrement souffert. En point de vente, seulement 175 786 livraisons ont été effectuées, soit 10,7 % de recul. Au terme des dix premiers mois, le marché français des voitures d'occasion est donné en repli de 4,5 %, à 4 317 496 échanges.
Retrouvez l'intégralité des immatriculations de véhicules neufs et d'occasion d'octobre 2026 dans notre Data Center.
*BYD, Chery, Denza, Geely, Jaecoo, Leapmotor, Lynk&Co, MG, Omoda, XPeng et Zeekr
(Avec Damien Chalon, Christophe Jaussaud, Catherine Leroy et Gredy Raffin)
Sur le même sujet
Laisser un commentaire
Vous devez vous connecter pour publier un commentaire.
