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Essai Geely E2 : une sobriété à toute épreuve

Publié le 22 octobre 2026

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Par Christophe Bourgeois
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5 min de lecture
Le constructeur chinois se lance dans la bataille des citadines électriques en proposant une E2 qui ne manque pas d'atouts. Avec une belle habitabilité, une riche dotation et un appétit d'oiseau, la E2 a quelques arguements à faire valoir. Seulement, est-ce suffisant pour exister ?
La Geely E2 affiche une belle sobriété et propose une belle habitabilité.
La Geely E2 affiche une belle sobriété et propose une belle habitabilité. ©Geely

Six mois après son arrivée officielle sur le marché français, Geely débarque avec un troisième modèle, en complément des E5 et Starray. Et ici, il n'est pas question d'un énième SUV, mais bien d'une citadine électrique, au cœur du segment B, un segment plébiscité par les automobilistes français sur lequel la Renault 5 règne sans partage.

 

 

Avec une longueur de 4,13 m, la Geely E2 commence à devenir une "grande" citadine. Et comme souvent chez les constructeurs chinois, l’habitabilité est au rendez-vous, grâce à un empattement de 2,65 m. Surtout à l’arrière. Deux adultes y trouveront facilement leurs aises et pourront étendre leurs jambes. Les ingénieurs ont même eu la bonne idée de ménager suffisamment d’espace sous les sièges avant pour y glisser les pieds. Une belle surprise qui ne se fait pas au détriment du coffre. Avec ses 375 litres, celui-ci se montre plutôt généreux. Et pour ne rien gâcher, Geely a prévu un frunk de 70 litres sous le capot avant, bien pratique pour ranger les câbles de recharge. Un supplément de volume bienvenue rendu disponible grâce à l'implantation de son moteur à l'arrière.

 

Quelques commandes physiques

 

Retour à l'avant. Ici, pas de surprise, nous sommes bien à bord d'un modèle chinois. Au menu, une planche de bord sobre, et deux écrans. Ceci étant dit, Geely a fait un effort en proposant sur la console centrale des commandes physiques qui permettent d'enclencher la climatisation ou le dégivrage sans devoir aller fouiller dans les sous-menus du système multimédia sur la grande dalle de 14,4". Sa bonne position de conduite se trouve assez facilement tandis que la livrée claire de la sellerie et du mobilier ajoute une petite touche plus qualitative que le noir habituel des productions européennes.

 

 

Geely propose deux motorisations en adéquation avec l'esprit de la voiture ; la première, appelée Pro, affiche une motorisation de 82 ch alimentée par une batterie de 35 kWh. A 20 990 euros, son principal intérêt est d'être sensiblement au même prix qu'un modèle du segment inférieur, comme une Renault Twingo ou une BYD Dolphin Surf, pour une bien meilleure habitabilité et de meilleures prestations routières, nous y reviendrons.

 

Une belle sobriété

 

La seconde, celle de notre essai, est beaucoup plus intéressante. Pro+ ou Max+ selon les finitions, elle est dotée d'un moteur de 116 ch et d'une batterie de 47 kWh. Sur le papier, ce combo n'a rien d'exceptionnel, mais c'est à la conduite qu'il montre toute ses qualités. Certes, ce n’est pas du côté des performances qu’il faut les chercher. Avec une puissance aussi modeste et un couple de 150 Nm, identique à celui de la version moins puissante, rien de quoi faire des étincelles. C’est plutôt sur le terrain de la consommation que la différence se joue.

 

La Geely E2 est homologuée pour 15,5 kWh/100 km. Un niveau que l'on a à peine dépasser sur 400 km d'autoroute à 120 km/h, sachant que la vitesse maxi de la E2 est de 130 km/h. Car oui, première surprise, il est possible de rouler sur une voie rapide, d'autant plus que la voiture reste correctement insonorisée, sans que l'autonomie ne fonde comme neige au soleil. Et surtout, dès que l’E2 retrouve son terrain de prédilection, celui des trajets du quotidien, la consommation chute à des niveaux bien inférieurs aux valeurs d’homologation. Dans ce contexte, nous avons effectivement réussi à ne pas dépasser les 13 kWh/100 km sans chercher pour autant l'éco-conduite.

 

Une vitesse de charge constante

 

Autre bonne surprise : la recharge. Sur le papier, rien de bien extraordinaire non plus. Avec une puissance maximale de 80 kW, la batterie LFP de 400 V ne fait pas mieux que nombre de ses concurrentes. Mais la petite Geely cache bien son jeu. Là où beaucoup de modèles voient leur puissance de charge rapidement diminuer, l’E2 maintient ses 80 kW entre 10 et 80 % (60 kW sur la version Pro). Résultat, les 26 minutes promises par le constructeur sont bel et bien au rendez-vous. De quoi envisager quelques escapades au long cours malgré une autonomie limitée à 345 km.

 

 

La Geely E2 a beau jouer les citadines électriques tranquilles, elle cache un tempérament plutôt ferme. Un peu trop, même. Sur les routes dégradées, les suspensions ne font pas beaucoup de cadeaux aux passagers. En revanche, dès que le bitume devient plus accueillant, cette rigueur a du bon. La voiture tient bien la route, ne se dandine pas dans les virages et donne une agréable impression de stabilité. On aurait simplement aimé une direction bien plus précise, car si sa légèreté fait merveille en ville, elle manque de sensations sur les parcours sinueux. Un grief que l'on retrouve de toute façon sur tous les modèles chinois.

 

Un positionnement à revoir

 

Malgré toutes ses qualités, la Geely E2 souffre d'un positionnement un tant soit peu particulier. A partir de 24 990 euros dans cette version 47 kWh (26 990 euros dans la version la mieux équipée), elle se retrouve directement face à la concurrence française, comme la Renault 5 ou la Citroën ë-c3. Certes, ces dernières offrent des dotation beaucoup moins riches et moins d'espace à bord, mais elles bénéficient de mesures fiscales plus avantageuses et bien sûr, d'un capital sympathie, pour des autonomies, du moins homologuées, très proches. Surtout, à ce prix, la MG4 Urban offre beaucoup plus de polyvalence. Dès lors, il semble difficile pour la Geely E2 de se faire une place au soleil.

Les plus
Habitabilité
Consommation très mesurée
Puissance de recharge
Les moins
Positionnement prix
Direction sans consistance
Confort un peu ferme
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