Essai Geely Starray : nouvelle étoile ?

Si le nom de Geely est largement méconnu en Europe, il est intéressant de rappeler que ce constructeur, qui a ravi à BYD la tête des constructeurs chinois ces derniers mois, détient dans son portefeuille Volvo, Smart et Lotus et qu'il est marié au groupe Renault concernant les moteurs thermiques. Il était donc assez naturel que ce géant chinois, qui distribue également en Europe Polestar et Lynk & Co, débarque sur le continent avec sa propre marque.
Geely, qui se positionne comme l'enseigne généraliste du constructeur, a fait son arrivée en avril 2026. Pour commencer, elle propose deux SUV, le Starray EM-i, un hybride rechargeable de 4,74 m de long, et l'E5, un peu plus petit (4,61 m) mais 100 % électrique. Une vaste gamme est prévue dans les trimestres à venir. Cette arrivée est concomitante avec Zeekr, la marque premium de ce même groupe chinois.
Une batterie de 29,8 kWh
Le Starray, un "plug-in" chinois de plus ? Oui et non. Contrairement à la concurrence européenne, voire chinoise, il dispose sur sa version la plus haut de gamme (Max+) d'une batterie de 29,8 kWh, capable d'encaisser une recharge jusqu'à 60 kW. Aucun modèle dans cette gamme de prix ne propose une telle prestation. Car avec cette capacité de batterie, Geely promet une autonomie de 136 km, ce qui place le véhicule dans le haut du panier. Pour les modèles inférieurs, appelés Pro et Max, la capacité de batterie de 18,4 kWh remet le Starray à des autonomies plus conventionnelles, à savoir autour des 80 km.
Côté thermique, Geely a glissé un bloc essence 1,5 atmosphérique de 100 ch. Mais ici, surprise : ce bloc thermique ne fait quasiment jamais avancer les roues. Son rôle consiste surtout à produire de l’électricité pour alimenter la batterie et le moteur électrique principal de 218 ch (262 Nm). Au total, la puissance cumulée annoncée est de 262 ch (262 Nm de couple). Résultat : une conduite très proche d’une électrique, douce et silencieuse, avec des performances largement suffisantes pour un usage familial. Un principe que l'on retrouve en fait sur la plupart des hybrides rechargeables chinois.
Confort avant tout
Sur route, comme beaucoup de ses confrères chinois, le Starray n'aime pas être brusqué. N'oublions pas qu'il a été conçu dans un pays où la vitesse sur autoroute est limitée à 100 km/h et qu'une voiture sert à aller d'un point A à un point B dans un maximum de confort. Le plaisir de conduite à l'européenne est un concept assez inconnu dans l'empire du Milieu. Et du confort, le Starray en a à revendre. L'insonorisation est une vraie réussite, le confort des sièges et des suspensions l'est tout autant.
Revers de la médaille, dès que la conduite devient plus dynamique, le Starray manque de mordant. Si la direction se montre relativement précise, la prise de roulis est assez prononcée et le freinage est mou. On a l'impression d'avoir entre les mains une américaine des années 2000, qui privilégie l'agrément des passagers à celui du conducteur. Pour un véhicule familial par excellence, ce n'est pas si problématique.
Une sobriété à toute épreuve
Le Starray sait faire oublier ses quelques défauts par sa consommation d'une grande sobriété. Avec la batterie vide, le Starray a demandé moins de 6 l/100 km sur un parcours mixte, oscillant entre routes de campagne, ville et voies rapides.
Dans l'habitacle, le Starray ne déroge pas à la règle des constructeurs chinois : une planche de bord horizontale avec un écran géant de 15,4 pouces, une console centrale flottante, qui accueille néanmoins quelques commandes physiques (volume, dégivrage, etc.). L'ensemble est bien fini et les couleurs claires, disponibles au catalogue, égayent cet habitacle baigné de lumière grâce à un immense toit panoramique. À l'arrière, le SUV peut accueillir convenablement trois adultes, tandis que le coffre, très spacieux (528 l), répondra à ceux qui ont du mal à voyager léger.
Pour une première arrivée sur le marché européen, Geely frappe fort. Ce modèle est proposé à partir de 34 990 euros (38 990 pour la version Max+). Les concurrents européens de ce "rayon d'étoile" sont a minima entre 7 000 et 10 000 euros plus chers. Ses concurrents chinois s'appellent BYD Seal U DM-i (1 297 unités à fin mai), MG EHS (PHEV : 736) ou Jaecoo 7 (PHEV : 357)/Omoda (9). Pour la commercialisation, Geely annonce une centaine de distributeurs d'ici fin 2026 pour atteindre rapidement les 200 dans un second temps. Reste une question à poser : malgré le très bon rapport qualité/prix du véhicule, va-t-il trouver sa place ?
Laisser un commentaire
Vous devez vous connecter pour publier un commentaire.
