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Constructeurs

Les constructeurs chinois ont pris le pouvoir

Publié le 29 avril 2026

Par Christophe Jaussaud
5 min de lecture
Les relations entre les constructeurs occidentaux et chinois ont profondément évolué ces dernières années. Les antiques coentreprises ont laissé place à des partenariats indispensables pour exister sur le marché chinois mais aussi gagner en compétitivité dans le reste du monde.
VW Aura 2026
Au Salon de Pékin 2026, Volkswagen a dévoilé son SUV ID. Aura T6, développé avec un de ses partenaires en Chine, FAW. ©Volkswagen

Longtemps poule aux œufs d'or pour les Occidentaux, le marché chinois est aujourd'hui un défi pour les constructeurs qui y sont encore présents. Avec la montée en puissance de l'électrique, les constructeurs locaux dominent maintenant le marché.

 

Pour résister à cette nouvelle donne mais aussi à l'offensive planétaire des Chinois, les constructeurs européens réagissent. Après avoir été copiés à l'époque des joint-ventures obligatoires, ils cherchent aujourd'hui des partenaires chinois pour gagner en compétitivité. En Chine, mais aussi ailleurs.

 

Les constructeurs chinois sont devenus incontournables

 

"Il y a quatre sortes d'accords", détaille Mikaël Le Mouëllic, expert en automobile du Boston Consulting Group.

 

"Depuis 30 ans on a vu des joint-ventures où les Occidentaux produisaient leurs voitures en Chine pour le marché chinois. Après le Covid, et la baisse de prix en Chine, les Occidentaux se sont alliés à des partenaires chinois pour devenir chinois en Chine, en recourant à la technologie chinoise" explique Mikaël Le Mouëllic.

 

 

Aujourd'hui, une nouvelle catégorie apparait selon l'expert : "les groupes européens qui veulent appliquer les méthodes chinoises en Europe pour devenir plus compétitifs."

 

"Enfin, avec ou sans partenariat, les groupes chinois s'implantent en Europe en fabriquant sur place, pour éviter les taxes et le transports" termine-t-il.

 

Voici une liste, non exhaustive, des différents types d'accords qui existent aujourd'hui.

 

Volkswagen-XPeng

 

Le groupe Volkswagen, numéro 2 mondial, qui a vu ses ventes fortement reculer en Chine, a acquis 4,99 % du jeune groupe chinois XPeng en 2023 pour développer en Chine des voitures pour la Chine, tout en acquérant ses compétences technologiques.

 

Plus largement, le groupe allemand a profité du salon de Pékin pour rappeler ses ambitions dans le pays. Avec le concours de ses différents partenaires (SAIC, FAW, XPeng notamment), le groupe va lancer 30 modèles électrifiés d'ici 2027 et 50 d'ici 2030, dont une trentaine 100 % électriques.

 

Stellantis-Leapmotor

 

En octobre 2023, Stellantis a acquis 20 % du chinois Leapmotor et créé une joint-venture pour vendre les modèles Leapmotor à l'international. Stellantis va lui ouvrir son usine espagnole de Saragosse pour qu'il produise en Europe.

 

De plus, Stellantis pourrait aussi s'appuyer sur la base technique et technologique du chinois pour produire des modèles de marque européenne. Une possibilité évoquée pour Opel.

 

Stellantis-Dongfeng

 

Pendant trente ans, leur coentreprise DPCA, basée à Wuhan, a fabriqué des Peugeot et des Citroën en Chine pour le marché local. Les deux partenaires vont relancer la machine comme en témoigne la présence de Peugeot au dernier salon de Pékin, où la marque a dévoilé deux concepts annonçant des modèles produits à Wuhan.

 

 

De son côté, selon l'agence Bloomberg, Dongfeng, absent d'Europe, souhaite produire dans des usines européennes de Stellantis en surcapacité, notamment à Rennes. Un syndicaliste de Stellantis a confirmé à l'AFP qu'une délégation du groupe chinois a récemment visité le site.

 

Stellantis discuterait avec Dongfeng pour vendre ou partager trois autres usines, à Villaverde en Espagne, Cassino en Italie et sur un site en Allemagne.

 

Renault-Geely

 

Le groupe français s'appuie sur Geely, numéro 3 chinois, pour accélérer son développement technologique, et en échange lui ouvre ses usines en Corée du Sud et au Brésil. Geely s'est également allié avec Renault dans Horse Powertrain.

 

En 2022, Geely a pris 24 % de la filiale sud-coréenne de Renault, puis 26,4% de sa filiale brésilienne en 2025 et peut désormais produire dans les usines de Renault sur place. Les deux groupes ont investi 620 millions d'euros pour codévelopper et produire dans l'usine brésilienne de São José des modèles basés sur la technologie de Geely.

 

 

Renault a aussi son propre centre de R&D en Chine, l'ACDC, qui a notamment assuré une partie du développement de la nouvelle Twingo électrique. L'occasion d'apprendre de l'écosystème chinois et de gagner en compétitivité.

 

Audi-SAIC

 

Audi, filiale du groupe Volkswagen, a créé avec son partenaire SAIC une nouvelle marque Audi (avec le nom écrit en toutes lettres), pour concevoir des voitures chinoises en Chine entièrement basées sur la technologie chinoise, notamment logicielle, avec l'ambition d'une cadence à la chinoise, avec des délais de développement divisés par deux. Après l'E5 Sportback, les partenaires ont dévoilé l'EX7.

 

Mercedes-Benz-Geely

 

En 2019, Mercedes-Benz s'est allié à Geely pour relancer la marque Smart en mode 100 % électrique. A l'occasion du Salon de Pékin, Smart a dévoilé la #2, l’héritière de l'iconique Smart Fortwo.

 

BMW-Great Wall Motor

 

Depuis 2018, les deux groupes sont alliés pour produire des Mini électriques en Chine. Great Wall Motor envisage maintenant, selon le site Automotive News Europe, de construire sa propre usine en Espagne, à l'instar de BYD en Hongrie.

 

Great Wall Motor avait fait le déplacement à Paris, lors du Mondial 2022, pour annoncer son arrivée imminente sur le marché français avec ses marques Wei et Ora. Annonce pour l'heure pas suivie d'effet. 

 

Chery-Ebro

 

Chery, premier exportateur automobile chinois, produit déjà à Barcelone, dans une ancienne usine Nissan rachetée en 2023, des modèles sous la marque espagnole Ebro, en coentreprise.

 

 

Les modèles Jaecoo et Omoda qui débarquent actuellement en France sont tous produits en Chine. Le constructeur réfléchit toutefois à l'implantation d'une autre usine en Europe pour y produire une petite voiture électrique.

 

Certains s'attaquent à l'Europe sans partenaires ou presque

 

A l'inverse des occidentaux en Chine qui ont des partenaires, certains constructeurs de l'Empire du milieu ont décidé de s'attaquer seuls à l'Europe. C'est par exemple le cas de SAIC (MG, Maxus) ou encore de BYD.

 

 

D'autres ont choisi une autre approche, comme XPeng ou GAC, en assurant une partie de leur production sur le continent avec le concours d'un partenaire local, en l'occurrence l'autrichien Magna Steyr.

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