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Constructeurs

GAC va créer une filiale en France et ouvrir un réseau de concessionnaires

Publié le 17 avril 2026

Par Christophe Bourgeois
5 min de lecture
Après Chery et Geely qui ont annoncé leur arrivée en 2026, GAC, l'un des plus anciens constructeurs chinois, compte s'installer en Europe d'ici la fin de l'année. Il prévoit de créer une filiale française et de commercialiser des véhicules assemblés sur le continent.
GAC Europe
L'Aion UT sera la première voiture lancée par GAC sur le marché européen. ©GAC

La liste des nouveaux constructeurs chinois ne cesse de s'allonger. Le dernier en date est le groupe GAC (Guangzhou Automotive Company). Fondé en 1997, le constructeur, qui est originaire de la province de Canton, a signé dès sa création une joint-venture avec Honda puis Toyota.

 

Aujourd'hui, GAC, qui était présent au dernier salon de Munich, a officialisé sa présence en Europe. "Nous avons commencé par la Finlande, la Pologne, le Portugal et la Grèce à l'automne dernier", présente Niels de Gruijter, directeur adjoint de GAC Europe en charge du marketing, basé à Amsterdam (Pays-Bas). "Nous allons lancer la Suisse et l'Espagne très prochainement, ainsi que l'Italie d'ici la fin de l'année."

 

Une filiale en cours de création en France

 

À quand la France ? "L'Allemagne et la France sont deux importants pays pour GAC", souligne Niels de Gruijter. Le groupe va donc y créer une filiale alors qu'il s'appuie sur des importateurs pour les autres marchés européens. Le cas du Royaume-Uni est à part puisque le constructeur a ouvert une joint-venture avec Jameel Motors, un important distributeur saoudien, récemment implanté outre-Manche avec Farizon, marque d'utilitaires de Geely.

 

L'ouverture de la filiale française est prévue dans les mois à venir, "si possible avant le salon de Paris auquel nous serons présents", explique-t-il. GAC est en cours de recrutement et cherche, dans un premier temps, plus d'une vingtaine de collaborateurs. Les premières commercialisations des modèles pourraient avoir lieu fin 2026, "mais cela sera plus probable courant 2027", tempère l'équipe européenne.

 

Une centaine de points de vente en 2027

 

Concernant le réseau, GAC ne communique sur aucune information chiffrée, mais laisse entrevoir sa stratégie. "Nous souhaitons être au même niveau que les autres entrants, présente Maxime Hamer, en charge du développement réseau pour la France et le Benelux. Si l'on s'appuie sur la montée en puissance de MG, BYD ou Chery, avec Omoda & Jaecoo, GAC viserait donc une centaine de points de vente dans un premier temps.

 

En France, comme dans la plupart des pays européens, le constructeur, qui dispose dans son portefeuille de trois marques, Aion, GAC et Hyptec, commercialisera la première. Celle-ci est dédiée à l'électrique. "Nous verrons pour les autres marques en fonction de l'appétence des marchés", indique Niels de Gruijter, qui précise qu'Hyptec, marque premium du constructeur, tout comme GAC, la marque éponyme, sont disponibles depuis peu en Pologne.

 

Une berline électrique de segment B-C

 

Le premier modèle sur le marché sera l'Aion UT, une berline compacte du segment B-C (4,27 m de long), qui propose une autonomie de 430 km. Affichée autour des 28 000 euros, elle sera en concurrence directe avec la future MG4 Urban EV ou avec les Leapmotor B05 et BYD Dolphin, sans parler d'acteurs plus installés comme les Volkswagen ID.3 ou Renault Megane E-Tech. Aion commercialisera aussi un SUV, le V, un modèle du segment C, également électrique.

 

 

Déjà disponible sur son marché local où elle s'est vendue à 70 000 exemplaires en 2025, l'UT a été designée à Milan, le seul centre de design du constructeur hors de Chine après la fermeture en 2025 du site de Los Angeles (États-Unis). Celui-ci, qui existe depuis 2022, est dirigé par Stéphane Janin, ancien designer de chez Renault et Nissan.

 

Un design et un assemblage made in Europe

 

La voiture est assemblée dans l'usine Magna Steyr à Graz (Autriche), à l'instar de XPeng. "Pour l'instant, il s'agit d'une production en SKD, mais nous cherchons activement à développer le contenu local en nous appuyant sur les équipes de notre partenaire industriel", indique Niels de Gruijter. "C'est une voie moins risquée que de construire une usine en nom propre comme BYD en Hongrie, voire de créer une JV avec un acteur européen comme Chery avec Ebro Motors", analyse Jamel Taganza, cofondateur du cabinet Inovev.

 

Néanmoins, contrairement à de nombreux constructeurs chinois, GAC ne dispose pas encore de centre de recherche et de développement en Europe, comme Chery, MG, BYD ou plus récemment Leapmotor. Cela signifie que les voitures commercialisées sur le continent ne seront pas toujours adaptées aux attentes des consommateurs européens, ce que nous avons pu remarquer lors d'une rapide prise en main de l'UT sur les autoroutes milanaises. La direction manque effectivement de consistance, tandis que la course de la pédale de frein peut être très surprenante.

 

En Chine, le groupe GAC a commercialisé 657 600 véhicules en 2025, sur un marché de 29,7 millions d'unités. Ces ventes sont réparties de façon égale entre Aion et Trumpchi, le nom local des modèles GAC, Hyptec ayant fait de la figuration dans les statistiques. "Avec un tel volume, GAC fait partie des constructeurs de taille intermédiaire. Il figure à la 13e place du classement, au même niveau qu'un Leapmotor, XPeng ou Dongfeng, présente Jamel Taganza. 93 % des ventes sont réalisées en Chine, les rares marchés d'exportation étant la Russie, la Thaïlande et l'Indonésie. Son implantation en Europe est une tentative d'exister en dehors de la Chine où la concurrence est très forte et le marché déflationniste."

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