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Distribution

Arrêter de piloter le VO en 2026 avec les réflexes de 2019

Publié le 6 mai 2026

Par Gredy Raffin
3 min de lecture
Tribune - En 2026, le marché des voitures d'occasion impose de changer de paradigme en points de vente. Gilles Aubry, directeur du cabinet de conseil Nova MS, révèle les cinq grands principes à instaurer chez ses clients, les distributeurs automobiles.
Tribune Gilles Aubry voitures d'occasion
Gilles Aubry, directeur du cabinet de conseil Nova MS. ©DR

Le marché du véhicule d’occasion n’est plus pilotable avec les routines d’avant-Covid. Les conditions d’approvisionnement (fin de contrat LOA/LLD), les rotations de stock et le comportement des clients ont profondément changé. Les professionnels du VO qui continuent à garder des réflexes de 2019 dégradent tous leurs indicateurs clés de performance et mettent en danger leurs entreprises : stock VO âgé, marges et provisions. La recrudescence de procédures collectives est le révélateur d’entreprises qui ne sont plus à jour.

 

Principe 1 Le VO n’est plus une activité d’ajustement, c’est un centre de profit stratégique, non subi, mais piloté.

En 2026, le VO se pilote comme un business autonome avec ses trois piliers fondamentaux : les achats (tout sourcing, buy back, reprises, achats cash… l’orientation VO et la gestion BtoB), le reconditionnement (objectif lead time) et les ventes (ainsi que le pilotage des KPIs).

 

Principe 2Le stock ne doit plus être possédé, il doit être arbitré

En 2026, la bonne logique doit être une culture d’arbitrage permanent : stock, trésorerie, pricing, réorientation, marge et anticipation des flux VO à 3-6 mois. Prise de décisions rapide, exposition digitale pour développer le potentiel commercial du VO.

 

Principe 3Le pricing 2026 exige de la fréquence, pas de l’intuition

La performance ne vient plus du "bon flair" seul, mais d’une combinaison entre données du marché, discipline de révision des prix, segmentation par vitesse d’écoulement et cohérence entre prix affiché, préparation du véhicule et promesse client.

 

Principe 4Le lead vaut moins par son volume que par sa vitesse de traitement

En 2026, la différence se fait surtout sur la qualité de traitement du lead et non par sa volumétrie. La rapidité du premier contact, la relance structurée et la capacité du management à piloter un pipeline commercial réel plutôt qu’un simple compteur d’opportunités deviennent un accélérateur de performance de l’activité VO.

 

Sans process, sans standards de relance et sans exigence quotidienne des managers, les investissements digitaux produisent peu de valeur.

 

Principe 5Le principal changement à conduire est culturel, pas seulement technique

Le risque, pour les groupes et concessions, est de croire que l’adaptation au marché 2026 se résume à de meilleurs outils, à une refonte CRM ou à un logiciel de pricing supplémentaire. En réalité, le sujet central est souvent culturel : accepter de décider plus vite, de mesurer plus finement, de challenger les habitudes historiques et de faire monter les équipes en compétence sur des pratiques plus rigoureuses.

 

Le véritable enjeu n’est pas seulement d’acheter de nouveaux outils, mais d’installer un nouveau système de management : rituels courts, indicateurs utiles, responsabilisation des managers de proximité, formation continue et accompagnement du changement au plus près du terrain.

 

La conclusion de tout cela est qu'en 2026, le vrai danger n’est pas la complexité du marché VO, mais l’illusion qu’il pourrait encore se piloter avec les certitudes de 2019. Les distributeurs qui gagneront ne seront pas forcément ceux qui auront le plus de stock ou de plus gros moyens, mais ceux qui auront accepté de changer plus vite que le marché.

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