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Le véhicule électrique reconditionné, le grand oublié de la transition

Publié le 10 juin 2026

Par Gredy Raffin
3 min de lecture
Tribune - Continuer de cantonner le véhicule électrique à une simple alternative aux modèles thermiques relève désormais d’une erreur d’analyse. Tout comme l'omission des voitures à batterie d'occasion dans le plan de transition constitue une faute stratégique, selon Nicolas Fragne, le fondateur de Yooliz et Backliz.
backliz voitures électrique d'occasion
Nicolas Fragne, fondateur et dirigeant de Yooliz et Backliz, appelle à plus de soutien pour les voitures électriques d'occasion. ©DR

L’État soutient fortement les véhicules électriques neufs à travers différents bonus et dispositifs fiscaux. Ces mécanismes accélèrent l’adoption de l’électrique et ils ont leur logique. Mais une incohérence majeure persiste : le véhicule électrique reconditionné reste largement oublié des politiques publiques.

 

Pourtant, le reconditionnement cumule plusieurs vertus essentielles : le véhicule d'occasion réduit le coût d’accès à l’électrique, prolonge la durée de vie des véhicules, limite l’empreinte carbone liée à la fabrication et accélère l’économie circulaire. Surtout, il démocratise une mobilité plus vertueuse.

 

L’enjeu n’est pas nécessairement de réclamer davantage de subventions publiques pour les véhicules électriques d’occasion. En revanche, il serait cohérent de cesser de les pénaliser fiscalement, notamment sur les avantages en nature.

 

Mettre fin à l'incohérence

 

Aujourd’hui, certaines règles favorisent massivement le neuf alors même qu’un véhicule électrique d'occasion permet souvent d’obtenir un excellent bilan environnemental à un coût bien plus accessible, aussi bien pour les entreprises que pour leurs collaborateurs.

 

Subventionner exclusivement le neuf tout en ignorant des véhicules électriques déjà produits constitue une incohérence à la fois économique et écologique. La mobilité de demain devra être intelligente avant tout. Nous assistons à un basculement historique du marché automobile.

 

Demain, la voiture thermique existera encore, mais elle deviendra progressivement minoritaire. Comme dans toutes les grandes transformations industrielles, le mouvement est déjà enclenché.

 

Avoir une approche ancrée dans le réel

 

Le vrai débat n’est plus de savoir si l’électrique va s’imposer, mais à quelle vitesse cette transformation va redessiner notre rapport à la mobilité. Car tout converge désormais dans la même direction : réglementation européenne, fiscalité, coût de l’énergie, stratégie des constructeurs et évolution des usages.

 

L'idée consiste désormais à accompagner intelligemment les Français, les entreprises et les territoires dans cette mutation, avec une approche fondée sur l’usage réel, le pouvoir d’achat et l’efficience économique. La mobilité de demain devra être plus propre, certes. Mais elle devra surtout être plus accessible, plus pragmatique et plus cohérente économiquement.

 

Aujourd’hui, un plein de carburant coûte fréquemment entre 60 et 70 euros sur un véhicule thermique. Recharger un véhicule électrique revient souvent entre 15 et 20 euros pour une autonomie équivalente. Le coût énergétique peut donc être divisé par trois, parfois par quatre. À cela s’ajoutent des frais d’entretien nettement réduits : pas de vidange, pas d’embrayage, moins de pièces mécaniques en mouvement, donc moins d’usure.

 

Pour un automobiliste parcourant 20 000 kilomètres par an, l’écart devient considérable.

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