Les 10 points marquants du marché automobile en août 2026 : l'électrique sauve l'été

Attention aux coups de soleil
Les immatriculations en août 2026 ont connu une belle dynamique. Elles ont progressé de 7,4 % par rapport à l'année dernière, ce qui représente 94 351 véhicules mis en circulation. Un résultat qui permet d'afficher une année en hausse de 3 %, à 1 078 325 immatriculations. Mais le diable se cache dans les détails. Le marché est en effet porté par les ventes de véhicules électriques, elles-mêmes dopées en partie par le leasing social. Elles ont représenté près de quatre ventes sur dix, un record. Nous sommes donc confrontés à un marché artificiel, piloté principalement par les aides et la fiscalité, ce qui n'a jamais été un signe positif.
Stellantis et Volkswagen hors de l'eau
Dans un tel contexte, et avec des volumes relativement faibles, il est difficile de tirer des conclusions. Néanmoins, quelques acteurs arrivent à percer. C'est notamment le cas du groupe Stellantis qui progresse de 4,6 %, à 24 110 unités. Mais cette relative croissance n'est due qu'à deux seules marques du groupe, à savoir Citroën (+5,1 % ; 6 674 unités) et Fiat (+108,2 % ; 2 253 unités). Les autres marques à volume reculent (Peugeot : -0,3 % ; 11 716 et Opel : -15,1 % ; 1 859). Même constat au sein du groupe Volkswagen qui s'appuie sur sa marque éponyme (+2,9 % ; 5 747) et sur Skoda (+36,3 % ; 3 938). À noter aussi la tenue de Mercedes-Benz (+1,6 % ; 2 286) et de Nissan (+23,5 % ; 1 383). Mais dans ce dernier cas, les véhicules de démonstration représentent 30 % des immatriculations. Il est vrai que les récentes Micra et la Leaf sont à promouvoir.
Renault, BMW et Hyundai boivent la tasse
Ça dévisse en revanche chez Renault, poussé vers le fond de la piscine par Dacia (-13,4 % ; 7 154 unités). Le groupe recule en effet de 4,6 % (20 580) et ce ne sont pas les immatriculations de la marque Renault (+0,2 % ; 13 128) qui changent la situation ce mois-ci. Ce n'est pas non plus l'heure des satisfécits au sein des groupes Toyota (-0,9 % ; 6 654), BMW (-8,1 % ; 4 698), Ford (-19,6 % ; 1 534), et surtout Hyundai (-25,9 % ; 4 395) qui ne remontent toujours pas la pente.
Les constructeurs chinois plantent leur parasol
Dans cette déconfiture et malgré le fait qu'elles ne disposent d'aucune aide, les marques chinoises poursuivent leur percée et chamboulent doucement, mais très sûrement le marché français. Ce mois-ci, BYD est devenue la première marque chinoise avec 2 145 immatriculations (+64,1 %), soit une part de marché de 2,3 % ! C'est plus que MG qui était jusqu'à présent, ancienneté oblige, le numéro un. La marque enregistre néanmoins une belle progression de 23,1 % (2 003 unités), ce qui lui permet d'afficher 2,1 % de part de marché, dépassant même Hyundai (1 998). À noter également l'excellente performance de Jaecoo et Omoda qui ont vendu en août plus de voitures (1 608) que Ford (1 534) alors qu'elles n'ont que quatre mois d'existence sur le marché français. Ces performances ne sont pas liées aux canaux tactiques.
Tesla redevient la star de la plage
Tesla semble être revenue en odeur de sainteté. L'américaine a en effet bondi de 278 %, ce qui représente 5 038 véhicules, un volume qui lui permet ce mois-ci de devenir la septième marque la plus vendue en France. Certes, Tesla nous a toujours habitués à des mois très fluctuants, mais cette belle dynamique se confirme depuis le début de l'année avec une augmentation de 148 % (36 161 unités). Le relatif silence d'Elon Musk et surtout le renouvellement du Model Y y sont certainement pour beaucoup.
Pas de grain de sable dans les 100 % à batteries
Au-delà des immatriculations des différents acteurs, c'est surtout la part de l'électrique qui a marqué ce mois d'août. Soutenue par le leasing social et la fiscalité des entreprises, cette énergie ne cesse de progresser. Elle continue de rafler la première place des immatriculations avec le doublement de ses ventes (+112,8 %), ce qui représente en volume 36 159 unités et une part de marché de 38,3 %. Toutes les grandes marques (Renault, Peugeot, Citroën, Volkswagen, Skoda, Fiat, Kia, etc.) bénéficient de cet engouement orienté. Dans un tel contexte, il est difficile pour les autres énergies d'exister. Les FHEV reculent de 14,8 % (15 943 unités), tandis qu'avec -0,2 %, les PHEV limitent la casse. À noter qu'il s'est vendu plus de GPL (3 361) que de diesel (1 816) !
Le marché surfe sur le leasing social
La forte progression des ventes sur le canal des particuliers (+23,4 %), soit trois fois plus que celle du marché, est en grande partie la conséquence de la troisième édition du leasing social. Avec 48 712 immatriculations, il est de très loin la première source d'écoulement des produits, soutenue ce mois-ci par le canal des loueurs longue durée (+20,4 %), bénéficiant d'un renouvellement des parcs. En revanche, le canal de la LCD s'effondre de 39 %, tandis que celui des véhicules de démonstration recule (-1,7 %), à quelques exceptions près.
Les flottes ne sont pas parties en vacances
Le secteur des flottes retrouve des couleurs ! Pour le quatrième mois consécutif, les mises à la route sont orientées à la hausse sur les canaux BtoB (LLD, sociétés, administrations), au moins pour la catégorie des voitures particulières. En août, le bilan est le suivant : +6,5 % et 26 596 livraisons. Cette croissance, sans surprise, tient exclusivement au succès de l’électrique. Ce sont 11 085 voitures électriques (VE) qui ont été immatriculées le mois dernier, un volume en hausse de 87,3 %. La part de marché des VE est ici de 41,7 % et dépasse celle des hybrides (41,4 %). Depuis janvier, le BtoB reste toutefois dans le rouge, à -2,7 % (274 248 unités). Il faudra donc cravacher à la fin de l’année pour espérer basculer dans le vert.
L’été de la crise pour les VUL
Dans la foulée d’un mois de juillet à -15,8 %, les livraisons de véhicules utilitaires légers ont décroché de 15,3 % en août. Il s’agit du cinquième mois consécutif de baisse, plongeant le marché des VUL à -5 % et 222 735 unités depuis le mois de janvier. Seulement 15 541 immatriculations ont été comptabilisées sur le mois écoulé. Un volume particulièrement faible, y compris pour les propositions électriques limitées à seulement 2 160 unités, soit moins de 14 % de part de marché. Difficile donc de trouver le moindre élément positif dans cette période trouble pour les utilitaires.
Des VO parties sans laisser d’adresse
Le marché des voitures d'occasion est tombé à un niveau historiquement bas. En déclin de 4,8 % par rapport à l'an passé, le total a plongé à 356 000 transactions. La chute du gazole (-11,4 %, à 146 830 VO) et de l'essence (-6,6 %, à 138 360 VO) n'a pas pu être compensée par les hybrides (+15,5 %, à 49 600 VO) et les électriques (+32,1 %, à 15 930 VO). Dans ce contexte, le canal du BtoC a perdu 8,8 %, à 132 750 VO, quand les échanges en CtoC ont ralenti de 2,1 %, sous les 213 000 transactions. À plus grande échelle de temps, la tendance se veut négative. Le secteur glisse de 4,1 %, à 3,433 millions d'unités après huit mois d'activité, et de 2,1 % sur douze mois, à 5,249 millions de reventes de voitures d'occasion.
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