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Constructeurs

Les 10 points marquants du marché automobile en mars 2026 : l'arbre qui cache la forêt

Publié le 1 avril 2026

Par Christophe Bourgeois
8 min de lecture
En mars 2026, le marché automobile a enregistré une forte hausse, la première depuis octobre 2025. Il a en effet progressé de près de 13 %, à 173 234 immatriculations. Faut-il entrevoir les signaux d'une croissance pérenne ou d'un simple sursaut ?
À peine lancée et déjà numéro un des immatriculations en France. La Renault Clio a été un raz de marée en mars 2026. ©Clément Choulot/DPPI
À peine lancée et déjà numéro un des immatriculations en France. La Renault Clio a été un raz de marée en mars 2026. ©Clément Choulot/DPPI

Première fois dans le vert depuis octobre 2025

Mars 2026 semble être un mois en trompe-l'œil. D'un côté, on peut se réjouir des bons résultats, avec une progression du marché automobile de 12,9 %, une première depuis octobre 2025. Dans le détail, 173 234 véhicules ont été mis à la route. Mais si on analyse les chiffres de près, on s'aperçoit que le marché ne sait pas sur quel pied danser. Si le canal des particuliers progresse (+22 %), celui des entreprises, autre moteur du marché, est loin d'être en forme (-1,9 %). La dynamique mensuelle est en grande partie portée par les véhicules électriques, qui enregistrent un niveau historique avec une part de marché de 28 %. Ces derniers sont à la fois soutenus par les entreprises, obligées par la fiscalité à changer leur car policy et par le leasing social des particuliers. Il faudra donc attendre les mois suivants pour voir si mars est le signe d'une reprise ou juste un épiphénomène dans un marché toujours estimé à moins de 1,6 million d'ici la fin de l'année. Pour rappel, depuis le début de l'année, le marché a reculé de 2,1 % à 401 556 unités.

 

Renault jubile, Stellantis se félicite

Une fois n'est pas coutume, les deux groupes français affichent de belles couleurs en ce début de printemps. Renault grimpe de 13,3 % (48 956 unités), soutenu de façon homogène par toutes ses composantes : la marque Renault affiche 33 386 immatriculations (+13,6 %), Dacia, 14 884 (+12 %) et Alpine, 686 (+31,4 %). C'est moins le cas chez Stellantis car, selon les blasons, les fortunes sont diverses. Si le groupe enregistre une hausse de 2,7 % (44 495), cette progression reste bien en dessous de celle du marché. Peugeot recule de 11 % (21 079), ce qui n'aide pas le groupe. En revanche, Citroën semble avoir tiré le ticket gagnant, car les immatriculations ont progressé de 23,2 % (13 315), confirmant une belle tendance depuis le début de l'année. Très belle remontée également pour Opel (+7,7 % ; 3 550) et Fiat (+53,4 % ; 3 250). C'est également correct pour Jeep (+4,5 % ; 1 068), mais beaucoup plus compliqué pour DS (-1,8 % ; 1 376) et Alfa Romeo (-27,8 % ; 570). L'effet Junior semble avoir atteint ses limites.

 

Une Clio qui sauve Renault

Renault peut dire merci à la Clio. À peine mise sur le marché et déjà numéro un. Avec 6 990 unités, cette sixième génération booste les ventes de la marque au losange. La voiture représente à elle seule 4 % de part de marché ! Une performance qui cache cependant la déconvenue des autres modèles. À part la Renault 5 (+4,6 % ; 3 483), quasiment toute la gamme est dans le rouge.

 

Tout le monde n'en profite pas

Dans cette "euphorie" générale, rares sont les marques qui enregistrent une contraction de leurs immatriculations. C'est pourtant le cas pour Alfa Romeo (-27,8 % ; 570 unités), Peugeot (-11 % , 21 079), Cupra (-5,7 % ; 1 910), Volvo (-3,1 % : 1 170), DS (-1,8 % ; 1 376), Hyundai (-1,7 % ; 3 173) et Toyota (-0,6 % ; 9 666).

 

Un premium allemand avec le sourire

Si les marques premium allemandes n'ont pas toujours été à la fête ces derniers mois, le mois de mars leur offre un joli début de printemps. BMW conserve la place avec une progression de 37,1 % à 6 671 unités, tandis qu'Audi voit ses immatriculations augmenter de 20,3 % à 5 195 unités. Progression moins forte, mais progression tout de même pour Mercedes qui enregistre +10,6 % (3 995).

 

L'électrique numéro un

Le grand gagnant de ce mois est incontestablement l'électrique. Cette technologie enregistre un record avec une part de marché de 28,5 %, ce qui représente 49 406 voitures mises à la route. L'explication de cette forte croissance (+69 %) tient en deux mots : leasing social et fiscalité (pour les entreprises). Dans un tel contexte, cette hausse cache les autres motorisations. Les MHEV continuent néanmoins leur progression (+21,5 %) pour couvrir 23,3 % du marché (40 539 unités), effaçant tout naturellement les 100 % thermiques essence qui reculent de 24,2 % (24 908) avec une part de marché de 14,3 %. À terme, cette motorisation ne sera plus que résiduelle, tout comme le diesel qui est tombé à 2,6 % de pénétration (-31,2 % ; 4 447). Côté "vraies" hybrides, les FHEV progressent de 6,1 % (36 939), soit une part de marché de 21,3 %, tandis que les PHEV, toujours plombés par la fiscalité, reculent de 2,2 % (8 092 ; pdm : 4,7 %). Le GPL affiche une part de marché de 3,5 % (6 056) en recul de 3,7 %, mais l'arrivée de nouveaux modèles chez Renault et Dacia devrait faire remonter sa pénétration. Enfin, les prolongateurs d'autonomie couvrent 0,9 % (1 534 ; +4,6 %), bloqués par une offre encore trop modeste.

 

Une répartition très hétérogène

Il ne faut pas se leurrer, la belle croissance de mars est l'arbre qui cache la forêt. Sur les deux canaux stratégiques, un seul est en forme. Il s'agit de celui des particuliers qui progresse de 22 % (80 183 unités). Le mois dernier, les Français se sont-ils rués nombreux dans les concessions ? Selon le réseau, pas vraiment. Cette forte progression est plutôt à aller chercher du côté du leasing social. Car côté ventes BtoB, ce n'est pas particulièrement enjoué non plus. Les ventes à société et aux administrations ont reculé de 7,2 % (18 893), une baisse qui n'a pas pu être compensée par la location longue durée qui progresse de seulement 3,7 % (20 279). Autre indicateur qui montre que le marché n'est pas si en forme que cela : la location courte durée progresse de 18,6 %, ce qui représente 28 079 immatriculations, soit bien plus que le canal de la longue durée, tandis que les véhicules de démonstration augmentent de 6,8 % (22 414).

 

Record d’immatriculations en électrique chez les flottes

Le marché des flottes reste dans le rouge en mars 2026 mais affiche quelques signes d’amélioration. Ce sont en effet 39 172 voitures particulières qui se sont écoulées chez les professionnels, soit une légère baisse de 1,9 %. Le record de véhicules 100 % électriques a une nouvelle fois été battu. On recense un total de 16 193 modèles à batteries vendus sur les canaux BtoB en mars 2026, soit 41,3 % du marché des flottes au global. Pour rappel, il s’était écoulé 9 166 véhicules 100 % électriques en mars 2025, ce qui représente une hausse fulgurante de 76,7 % en un an. Une progression qui s’explique par les évolutions fiscales et réglementaires, qui jouent en faveur de l’électrique.

 

Boom sur le marché de l’utilitaire

Tous les signaux sont au vert pour le marché des véhicules utilitaires légers neufs. Leurs immatriculations ont en effet bondi de 10,9 % en mars 2026, pour atteindre 35 525 unités. Renault reste de loin la marque la plus plébiscitée du segment, totalisant 30,9 % de part de marché. Avec 10 965 exemplaires recensés, le Losange affiche ainsi une hausse de 29,6 % de ses mises à la route sur ce troisième mois de l’année, à l’inverse de Peugeot, qui voit ses volumes reculer de 6,5 % sur un an (6 740 ex.). Citroën complète le podium avec 4 235 immatriculations (+11,3 %), suivie de Ford (2 976 ex. ; + 4,6 %), Fiat (2 500 ex. ; + 33,6 %) et Volkswagen (1 653 ex. ; + 32,5 %). De leur côté, les VUL 100 % électriques ont représenté 4 753 immatriculations, soit 13,4 % du marché.

 

Mars ne sauve pas le trimestre du VO

Le déclinant marché des voitures d'occasion a terminé le trimestre sur une note d'espoir. Au mois de mars, pas loin de 477 000 échanges ont été enregistrés, soit 2,2 % de plus que l'an passé. Ce qui porte le cumul à 1,33 million de transactions, en repli de 2,5 %. À l'image des statistiques trimestrielles, le marché VO du mois de mars s'est polarisé entre les exemplaires de moins d'un an (+6,7 %, à 28 630 unités) et de plus de 16 ans (+11,8 %, à 150 540 unités). Entre les deux, tous les segments ont baissé. Avec tout juste plus de 192 800 ventes, le canal du BtoC a perdu 3 % en mars (-8 % au trimestre, à 530 000 unités). Les Français s'en remettent toujours plus aux transactions directes : +6 % en mars, à 265 650 échanges, et +1,5 % depuis le début d'exercice, à 748 000 échanges.

 

(Avec Damien Chalon, Christophe Jaussaud, Gredy Raffin, et Robin Schmidt)
Retrouvez l'intégralité des immatriculations de véhicules neufs et d'occasion de mars 2026 dans notre Data Center.
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