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Constructeurs

Les 10 points marquants du marché automobile en juin 2026 : une éclaircie après l'orage

Publié le 1 juillet 2026

Par Christophe Bourgeois
7 min de lecture
En progression de 11,4 % en juin 2026, le marché de l'automobile en France ne s'est jamais aussi bien porté depuis des mois. Grâce aux 188 787 immatriculations enregistrées, le premier semestre 2026 termine de façon positive (+1,8 %), grâce aux deux jours ouvrés supplémentaires de juin... et une ruée sur le SIV sur les derniers jours du premier semestre 2026.
Avec 2 678 immatriculations en juin 2026, le nouvelle Renault Twingo électrique fait son entrée dans le Top 3 des ventes de VE. ©Renault/Thomas Cortesi

Verte est la couleur

Est-ce que les Français se sont précipités dans les concessions climatisées en ce mois de juin caniculaire ? En tout cas, le marché automobile français a connu ce dernier mois une forte embellie avec une progression de 11,4 %, une hausse inédite depuis plusieurs trimestres. Il s'est en effet immatriculé 188 787 véhicules sur un mois de juin qui comptait deux jours ouvrés de plus que celui de 2024. Avec ce rebond, le marché passe dans le vert au premier semestre, avec 857 163 immatriculations, en progression de 1,8 %.

 

Un marché qui a basculé vers l'électrique

Le fait le plus marquant dans cette progression est la place prise par l'électrique. Cette énergie a couvert près de 30 % des immatriculations, soit 55 851 véhicules. Depuis le début de l'année, sa part de marché a explosé de 63 % pour atteindre 28,2 %, ce qui représente 241 562 unités. Une progression qui ne semble pas prête de s'arrêter, car une troisième édition du leasing social va débuter le 16 juillet prochain. Assiste-t-on à un point de bascule comme l'expliquent certains analystes ou sommes-nous face à un marché artificiel porté principalement par la fiscalité ? "Cette accélération intervient dans un cadre de soutien maintenu intégrant le bonus écologique complété par la prime batterie européenne tandis que la pression de la norme CAFE continue d'inciter les constructeurs à maximiser leurs livraisons de voitures électriques", indique-t-on chez AAA Data. "Le contexte géo-politique a également eu un impact", indique de son côté la PFA. Dans ce contexte, Renault reste de très loin le leader avec 12 802 immatriculations en juin, ce qui lui permet de couvrir 23 % de part de marché, suivie par Tesla (7 474 ; pdm : 13,3 %), qui a retrouvé des couleurs.

 

Près d'une voiture sur deux est hybride

Cette forte progression ne doit pas cacher le fait que l'hybridation, quelle que soit sa forme, reste, avec une part de marché de 46,7 %, l'énergie la plus vendue. Les MHEV (microhybrides), qui ont remplacé les 100 % essence (-23,7 % ; 28 807), ont progressé de 9,3 % (39 528), tandis que les FHEV (non rechargeables) ont évolué de 2,5 % (36 353). Du côté des PHEV (rechargeables), il s'améliore de 4 % (12 200), bien que la fiscalité (malus au poids) ne soit pas très favorable. À noter également le léger retour du GPL (+5,1 % ; 7 101), toujours et uniquement soutenu par Renault et Dacia. Dans ce contexte, le diesel poursuit son chute inexorable entamée depuis maintenant des années, avec un recul de 49,1 % (4 995) et dont Peugeot représente 24 %.

 

Renault dit merci à Alpine

Renault ne profite pas vraiment de la progression du marché. Les immatriculations ont péniblement évolué de 1 % à 50 286 unités pour les trois marques du constructeur. Maigre consolation, le groupe est néanmoins devant Stellantis. La marque Renault perd 0,9 % à 32 410 unités, un recul assez similaire chez Dacia (-1,2 % ; 16 246). Le groupe français a pu sauver les meubles grâce à Alpine, qui voit ses immatriculations exploser de 164,6 % (1 630), soutenues par la montée en puissance de l'A290.

 

Ruée de dernière minute chez Stellantis ?

Chez Stellantis, on a débouché le champagne. Les immatriculations ont en effet bondi de 9,5 % à 45 801 immatriculations, portées par l'explosion de Fiat (+112,6 % ; 3 867). Citroën continue à retrouver des couleurs (+9,8 % ; 12 395), reprenant sa naturelle quatrième place sur le marché français. À noter également la relative bonne tenue de Peugeot (+4,2 % ; 22 619). Mais ces bons résultats sont l'arbre qui cache la forêt. À deux jours de la fin du mois, Stellantis était proche de la déroute. Il enregistrait en effet une chute de -32,6 % ! Le groupe totalisait 28 202 immatriculations, contre 41 820 un an plus tôt.

 

La poussée des constructeurs chinois

Pour la première fois, BYD a mis à la route plus de véhicules que MG, soit 5 040 (+398,5 %) contre 4 688 (+95,5 %). En juin, ces résultats ont placé les deux marques aux portes du top 10, respectivement à la onzième et à la douzième places. Pour arriver à un tel résultat, BYD a inondé le marché de la location courte durée avec 35 % de ses immatriculations. La marque est d'ailleurs le troisième fournisseur de ce canal (1 761), derrière les acteurs historiques que sont Renault (2 289) et Volkswagen (2 308). Chez MG, les immatriculations sont beaucoup plus "saines" avec une part du particulier fixée à 66,7 %. À noter également la très forte montée en puissance de la marque Jaecoo (1 987 unités), soutenue uniquement par les particuliers. De leur côté, Leapmotor (940) et XPeng (814) sont aussi en progression, mais dans des volumes moindres.

 

Des canaux en convalescence

L'effet leasing social est encore bien présent car les ventes à particulier ont en effet progressé de 20,6 % (92 420 immatriculations). Ce canal a représenté 49 % des immatriculations. Côté BtoB, les loueurs longue durée ont gagné 7,9 % (21 1268), tandis que les ventes à société et administration ont également enregistré une hausse de 6,2 % (23 176). Cette croissance se retrouve aussi du côté de la location courte durée (+6,7 % ; 19 393), tandis que le canal du véhicule de démonstration s'est contracté de 1,5 % (24 805). Il reste néanmoins le deuxième canal en termes de volumes, ce qui montre que le marché est en convalescence plutôt qu'en pleine forme.

 

Flottes : record électrique

Les mois passent et les records ne cessent de tomber pour les voitures électriques sur le marché des flottes. En juin, ce sont 16 587 unités qui ont été livrées, un record absolu en volume. Mais pas en part de marché, celle-ci s’élevant tout de même à 37,3 %. Toutes les autres énergies sont orientées à la baisse. Néanmoins, c’est assez rare pour être souligné, le marché VP BtoB progresse de 7 %. Il s’agit du deuxième mois consécutif de hausse. Insuffisant toutefois pour ramener l’équilibre au premier semestre 2026. Après six mois, les livraisons de VP reculent de 5,2 %, à 210 2567 unités. L’électrique capte 39,1 % de ce volume.

 

Des VUL en zone rouge

Les affaires ne s’arrangent pas pour les véhicules utilitaires légers. En juin, les mises à la route ont perdu 4,5 %, tombant à 35 302 unités. Une contre-performance dans la lignée des mois précédents. Par conséquent, le bilan à l’issue du premier semestre 2026 est peu réjouissant, avec 180 491 immatriculations, un volume en repli de 2,1 %. C’est aussi le reflet d’une économie française qui peine à reprendre son souffle. Notons également que les entreprises ne se ruent pas vraiment sur les modèles électriques, avec 21 500 unités au premier semestre, soit 11,9 % du marché total seulement.

 

La canicule fait suffoquer le VO

Le marché français des voitures d'occasion n'a pas rebondi en juin 2026 : 442 415 transactions ont été enregistrées, en baisse de 1,5 % sur un an. L'épisode caniculaire expliquerait en partie ce repli, ayant dissuadé une partie de la clientèle de se déplacer en point de vente. Renault progresse (+2,2 %), mais Peugeot, Citroën, Volkswagen, BMW et Audi reculent nettement, tandis que Dacia, Hyundai, Toyota, Ford et Fiat tirent leur épingle du jeu. Le trimestre s'achève sur 1,278 million de transactions (-5,6 %), soit le plus mauvais résultat depuis 2019, si l'on exclut 2020. À l'échelle du semestre, la France a compté 2,608 millions de changements de main, en retrait de 4 %. Là encore, le pays signe sa pire performance de l'histoire récente (hors 2020).

 

(Avec Damien Chalon, Christophe Jaussaud, Catherine Leroy, Robin Schmidt, Jean-Baptiste Kapela et Gredy Raffin)
Retrouvez l'intégralité des immatriculations de véhicules neufs et d'occasion de juin 2026 dans notre Data Center.
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