Les 10 points marquants du marché automobile en janvier 2026 : un très mauvais départ !

Triste record !
Les chiffres sont tombés. Et ils ne sont pas bons ! En janvier 2026, les immatriculations ont reculé de 6,5 % en France pour atteindre 107 157. Une baisse que ni le leasing social, qui pousse artificiellement les immatriculations de modèles électriques, ni les politiques commerciales des constructeurs, qui rouvrent très légèrement les vannes, n'arrivent à contenir. Et il est d'autant plus inquiétant de noter qu'en janvier 2025, la baisse du marché était similaire à celle de ce mois-ci. Le marché avait en effet reculé de 6,2 % à 114 673 immatriculations. Janvier 2026 aura donc le droit au titre du mois le plus bas depuis quinze ans (hors période Covid). Les raisons d'une telle débâcle sont désormais connues. La politique commerciale des constructeurs, l'incertitude économique, la fiscalité unique et contre-productive (augmentation des malus, malus au poids, fiscalité sur les entreprises, etc.), les atermoiements du Parlement et l'électrique qui ne fonctionne qu'à coup de subventions n'encouragent pas les automobilistes français à changer leur véhicule.
Renault dit merci à Renault, Stellantis à Citroën
À part Renault (+20,7 % ; 21 402 immatriculations), qui profite principalement du succès de la Renault 5, et dans une moindre mesure, Citroën (+2,8 % ; 9 493), peu de marques ont été épargnées par la chute des immatriculations. Peugeot recule de 8,2 % (17 707), entraînant dans son sillage Stellantis (-2,7 % ; 34 666), qui réussit néanmoins à dépasser le groupe Renault, grâce à un sursaut, réel ou artificiel, chez Opel (+7,8 % ; 3 016) et Fiat (+21,6 % ; 2 098). Le groupe Renault surnage (+1,1 % ; 28 309), limitant les dégâts avec un Dacia qui dévisse de 33,9 %, à 6 596 unités. Une chute qui place ce mois-ci la marque à la sixième place, du jamais-vu depuis des années, derrière Toyota (-12,7 % ; 9 164) et Volkswagen (-7 % ; 6 921).
Rouge est la couleur des groupes importés
Chez les acteurs importés, difficile de trouver de quoi se réjouir. Le groupe Volkswagen recule de 7,2 % (14 836 immatriculations), une chute qui aurait pu être plus importante si Skoda (+8 % ; 3 075) et Cupra (+10,9 % ; 1 169) n'avaient pas été la rescousse. Le groupe Toyota recule de 15,4 % (9 513), une baisse presque multipliée par deux pour le groupe Huyndai (-28,7 ; 4 220). Des baisses similaires sont enregistrées chez BMW (-24 % ; 4 191), chez MG (-26,6 % ; 1 129) ou chez Ford (-27,7 % ; 2 118). En revanche, avec une progression de 15,5 % (1 505) la marque Mercedes-Benz, probablement boostée par la CLA, élue voiture de l'année, commence bien l'année.
Des constructeurs chinois en forme
À part MG, les marques chinoises sont les rares à progresser. Avec 872 immatriculations (+138,3 %), BYD conserve une part de marché de 0,8 %, identique à celle de 2025. XPeng, progresse de 166 % (397 immatriculations). Chez Leapmotor, janvier est davantage en demi-teinte. Certes, la marque progresse de 75 % à 305 immatriculations, mais la croissance est tout de même deux fois inférieure à celle des autres acteurs chinois.
L'électrique, l'arbre encore debout qui cache une forêt incendiée
Qu'aurait été le marché de l'électrique sans le leasing social et la fiscalité sur les entreprises ? Si l'on observe la dégringolade de toutes les autres énergies, probablement encore pire que les 6,5 % de baisse enregistrés. L'électrique fausse toutes les analyses. Si cette énergie a progressé de 52 %, pour représenter une part de marché record de 28,3 %, soit 30 307 véhicules, la France est bien loin d'avoir basculé dans le tout électrique. Janvier 2026 est le mois du leasing social, comme le sera probablement février, jusqu'à ce que l'effet s'amenuise, à moins que les constructeurs n'arrivent à trouver la recette magique pour proposer des modèles électriques abordables. La Renault Twingo à venir sera peut-être une réponse satisfaisante. Cette embellie de l'électrique portée par le leasing social montre surtout que le commerce automobile est un marché malade, qui ne survit qu'à travers les subventions.
L'hybride victime du leasing social ?
Dans un tel contexte, quasiment toutes les autres énergies ont reculé, sauf les hybrides 48 V (MHEV), en progression de 9 % et qui couvrent désormais un quart des vente (26 492 immatriculations). Rien de surprenant, la plupart des modèles non hybrides sont désormais tous équipés de cette technologie. L'hybride non rechargeable (FHEV) a probablement été la première victime du leasing social avec un recul de 7,3 %. Ses immatriculations ont représenté une part de marché de 22 % (13 559). Quant aux hybrides rechargeables (PHEV), la baisse est contenue (-0,7 %). Cette technologie, qui subit de plein fouet les aléas de la fiscalité, couvre une part de marché de seulement 4,5 %, ce qui représente 4 811 véhicules. Quant aux autres énergies 100 % thermiques, l'essence régresse de 49,1 %, mais représente encore une pénétration de 14,3 % (15 326), tandis que le diesel fait de la figuration avec 2,5 % (2 658), soit un recul de 49,1 %. À noter qu'il ne reste plus que 17 marques à en proposer, dont certaines n'ont pas dépassé les quelques dizaines d'unités.
Des immatriculations à particulier portées à bout de bras par le leasing social
S'il était encore nécessaire de démontrer que le leasing social a profondément modelé le mois de janvier, un coup d'œil aux canaux des ventes suffira. Dans un marché en baisse de 6,5 %, les ventes à particulier n'ont reculé "que" de 1,9 % (51 471), alors que tous les autres canaux sont en repli, excepté celui très tactique des véhicules de démonstration, qui a progressé de 4,7 % (15 127). Un volume bien supérieur à celui de la courte durée qui recule de 15,9 % (10 175).
Les flottes s’effondrent mais plébiscitent l’électrique
Le marché des flottes attaque 2026 comme il avait terminé 2025. Les entreprises se ruent toujours autant, si ce n’est plus, sur les voitures électriques. Ces dernières ont représenté 35,7 % des mises à la route sur les canaux BtoB en janvier, un record, avec 10 161 livraisons (+53,5 %). En janvier 2025, leur part de marché s’élevait à 19,7 %. Renault rafle la mise avec trois modèles aux avant-postes, le Scenic (1 522 unités), la Megane (714) et la R5 (597). Ce qui permet à la marque de progresser de 13,4 % au global flottes (7 385 unités). Le souci du moment est que l’électrique éclipse totalement les autres énergies. Ce qui nous donne un marché BtoB en janvier à -15,3 %, à seulement 28 441 livraisons. Le diesel ne représente plus que 4,4 % du lot et l’essence 11,1 %. Même les hybrides décrochent de 26,3 % sur le mois, à 13 320 unités dont 2 059 hybrides rechargeables (-18 %), 5 227 full hybrid (-29,5 %) et 5 813 mild hybrid (-26,7 %). Peugeot en fait les frais (-38,7 %) mais aussi Toyota (-31,6 %). Globalement, toutes les marques sont dans le rouge, à l’exception de Renault comme indiqué auparavant, de Skoda, de Hyundai, de Mercedes-Benz et de Mini.
Les utilitaires n’échappent pas au marasme
L’année 2026 commence mal pour les voitures particulières, mais aussi pour les utilitaires légers. Ces derniers ont vu leurs livraisons reculer de 3,5 % en janvier. Ce qui nous amène à un marché restreint à 24 407 immatriculations, un niveau extrêmement faible. La légère éclaircie entre-aperçue au dernier trimestre 2025 s’est volatilisée. Que retenir de positif dans ce contexte ? Peut-être la hausse de 13,3 % des mises à la route de modèles électriques, à 2 485 unités. Mais, là aussi, le volume est limité. Notons également la progression de 3,5 % de Renault, avec 7 216 livraisons, là où Peugeot et Citroën décrochent respectivement de 19,5 % et 2,6 %, à 4 128 et 3 088 unités. La plus forte hausse parmi les marques qui comptent sur le marché du VUL est à mettre au crédit de Volkswagen (+35,9 %, 1 067 unités). À l’inverse, Ford décroche de 22,9 % (2 052 unités) mais reste la première marque importée en volume.
Le VO s'élance dans la mauvaise direction
En considérant tous les canaux transactionnels, le marché des voitures d'occasion a cumulé 413 520 échanges en janvier 2026. Comparativement à l'an passé, le rythme s'est effondré de 9,6 %. Certes, il y a eu un jour ouvré de moins et le différentiel à isopérimètre est ramené à -5,4 %. Mais il n'empêche que 2026 s'inscrit dans les plus mauvais démarrages en termes de volume depuis 2019, notamment en points de vente (-15,7 %, à 158 850 unités). Les données ne montrent aucune progression dans les marques du top 20 et crédité de 135 568 unités, seul le segment des voitures d'occasion âgées de 16 ans minimum a terminé en positif (+0,5 %). Maigre motif de réjouissance : les voitures électriques (+10,8 %, à 14 640 échanges) et les hybrides (+9,3 %, à 53 835 échanges) ont atteint ensemble la barre des 16,5 % de pénétration.
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