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Constructeurs

Le véritable poids des marques de voitures chinoises en France

Publié le 7 janvier 2026

Par Christophe Bourgeois
8 min de lecture
Les marques venant de Chine ont occupé une grande partie de l'actualité automobile en 2025. Mais que représentent-elles vraiment sur le marché français ? Marque par marque, Le Journal de l'Automobile a analysé leur poids dans les immatriculations.
En 2025, la MG ZS aura été le modèle chinois le plus vendu en France. La marque sino-anglaise représente à elle seule une part de marché de 2,1 %. ©MG

En 2025, les constructeurs automobiles chinois ont confirmé leur percée sur le marché français. À périmètre constant – en ne retenant que les marques présentes depuis plus d’un an – ils ont immatriculé 57 269 véhicules, soit une progression proche de 300 % sur un an, pour une part de marché de 3,5 %. Une dizaine d’acteurs sont désormais durablement installés, avec en tête MG Motor. Cette dynamique repose à la fois sur l’élargissement des gammes, le développement rapide des réseaux et un positionnement prix de plus en plus compétitif face aux constructeurs historiques.

 

MG loin devant

 

Avec 33 729 immatriculations, MG Motor concentre à elle seule plus d'une immatriculation sur deux des constructeurs chinois. Implantée en France depuis cinq ans, la marque la plus "européenne" du groupe SAIC a progressé de 37,1 % pour atteindre une part de marché de 2,1 %. Soit la même performance que celle de Kia, qui la devance de seulement 259 unités. Avec ses résultats, MG Motor grille la priorité à des acteurs implantés depuis des décennies comme Nissan (1,8 % ; 28 576) ou Opel (2 % ; 32 290). MG se place ainsi à la quatorzième place du classement des marques les plus vendues en France.

 

 

La marque, qui avait débarqué en France avec une stratégie 100 % électrique, a su en seulement quelques années faire évoluer sa gamme pour répondre aussi bien aux attentes des clients que pour contourner la fiscalité européenne et française. Aujourd'hui, l'électrique ne représente plus que 11,7 % des immatriculations, tandis que la marque s'octroie la sixième place sur le marché des hybrides.

 

Son best-seller est le SUV ZS, un concurrent du Dacia Duster qui s'est écoulé à 12 947 unités. Au total, la marque aura livré plus de 100 000 voitures en seulement cinq ans. Côté réseau, MG s'appuie sur près de 200 points de vente, ce qui place la marque au même niveau que Hyundai, Kia ou Nissan.

 

BYD a multiplié par trois ses immatriculations

 

Très loin derrière, BYD a commercialisé 13 533 véhicules, ce qui représente une part de marché de 0,8 %. La marque se rapproche de ses objectifs, car elle visait, de source non officielle, 15 000 véhicules en 2025. Pour rappel, elle avait mis à la route 5 415 voitures en 2024. "Nous avons enregistré 17 000 commandes à fin novembre", nous indiquait Dorothée Bonassies en décembre 2025 lors d'une interview pour le lancement du Sealion 5.

 

 

Après avoir lancé exclusivement des véhicules électriques, BYD entame son virage vers l'hybridation, avec une gamme qui va se développer en 2026. Il compte ainsi doubler ses immatriculations pour dépasser les 25 000 unités. Une performance qui lui permettrait d'atteindre, a minima, 1,5 % de part de marché. La marque prévoit surtout "d'atteindre les 200 points de vente à la fin de l'année 2026 afin que chaque client potentiel soit à moins de 30 minutes d'une concession", promet la dirigeante.

 

Leapmotor sur une rampe de lancement

 

L'écart est aussi très important entre la deuxième et la troisième marque chinoise. Leapmotor, un temps distribuée par un importateur indépendant, a pris son envol avec une prise de participation de Stellantis. Distribuée au sein du réseau Stellantis, la marque chinoise bénéficie d'une visibilité qu'aucune autre ne possède. Résultat, Leapmotor a commercialisé 3 561 véhicules, une belle performance pour une marque totalement inconnue il y a encore dix-huit mois.

 

La gamme est néanmoins balbutiante. La petite citadine, la T03, fortement poussée commercialement parlant par Leapmotor, couvre 71 % des immatriculations. Le C10, un SUV du segment D, l'un des très rares modèles avec prolongateur d'autonomie (Range extender - REEV), a été immatriculé à 515 exemplaires. La marque attend la montée en puissance du B10, un SUV du segment C électrique, et son équivalent REEV, ainsi que l'arrivée de la B05, une berline du segment C. D'ici fin 2026, Leapmotor vise 16 000 immatriculations.

 

XPeng veut atteindre les 500 véhicules par mois

 

Avec 248 véhicules d'écart, Leapmotor a grillé la priorité à XPeng. Mais les deux marques n'ont pas grand-chose en commun. XPeng affiche un positionnement haut de gamme. Présente en France avec un réseau de 70 points de vente, la marque 100 % électrique s'apprête à commercialiser un troisième véhicule. Il s'agit d'une berline du segment E baptisée P7+. Avec, XPeng vise environ 500 véhicules par mois, ce qui lui permettrait d'atteindre environ 6 000 unités.

 

Exclusivement présent sur le marché de l'utilitaire, Maxus, autre marque du groupe SAIC (MG Motor), a enregistré une bonne année avec 1 199 véhicules, une progression de 23,2 %. "Pour notre deuxième année de présence en France, ces bons résultats sont le fruit de la consolidation de notre gamme et de notre réseau", indique un porte-parole de la marque. Maxus est distribuée auprès de quarante concessionnaires et prévoit d'atteindre les 70 points de vente d'ici la fin de l'année, un maillage qui sera complété par une trentaine d'agents, à l'instar de ce que proposent les réseaux Renault ou Peugeot.

 

Septième dans ce classement : Skyworth. La marque, issue d'un constructeur chinois de télévision, a immatriculé en l'espace de trois mois, et principalement en octobre et novembre 2025, plus de 600 voitures alors qu'il n'existe pas encore officiellement de réseau. La quasi-totalité de ces immatriculations l'ont été par des sociétés de location appartenant au président de Skyworth France.

 

Quant à Aiways et Seres, aujourd'hui plus commercialisées en France, elles ont mis à la route respectivement 93 et 66 unités, dont principalement des véhicules en stock qui sont ensuite vendus auprès de marchands en France ou à l'étranger.

 

Volvo en soutien à Lynk & Co et Polestar

 

Les cas Lynk & Co et Polestar sont à part. Les deux marques du groupe Geely, qui rayonnent dans la galaxie Volvo, ont des parcours différents. Néanmoins, elles affichent un point commun : celui d'être distribuées au sein du réseau Volvo. Lynk & Co, l'une des plus anciennes marques chinoises commercialisées en France, s'est fourvoyée dans un premier temps avec un système de commercialisation principalement basé sur la location et sans réseau.

 

Une stratégie qui a été catastrophique car la marque, qui dispose désormais d'une gamme de trois véhicules, n'a jamais réussi à décoller. L'arrivée dans les concessions Volvo, une quarantaine dans les mois à venir, devrait lui donner de la visibilité et lui permettre de retrouver des couleurs. Son objectif est d'écouler jusqu'à 3 000 véhicules, comparé aux 726 véhicules enregistrés en 2025.

 

Quant à Polestar, longtemps interdite en France pour cause de différends judiciaires avec Stellantis, et plus particulièrement Citroën, la marque sino-suédoise est officiellement arrivée dans l'Hexagone en juin 2025. En six mois, la marque 100 % électrique, qui affiche un positionnement haut de gamme, a immatriculé 210 véhicules. Elle aussi s'appuie sur le réseau Volvo, mais ne sera, pour l'instant, disponible dans seulement une vingtaine de points de vente.

 

Vers 5 % de part de marché ?

 

En 2026, difficile de faire des prévisions, mais il est fort probable que la part de marché des constructeurs chinois atteindra les 5 %. Cette progression sera liée au développement de MG, à la montée en puissance de BYD qui va s'appuyer sur une gamme de véhicules hybrides rechargeables très abordables, ainsi que sur la commercialisation de modèles made in Europe avec l'ouverture de son usine hongroise. Il faudra aussi compter sur l'arrivée de Chery au printemps prochain, avec ses marques Jaecoo et Omoda qui joueront la carte de l'hybridation.

 

Immatriculations des marques chinoises en France en 2025

 

Marque Volume Var. Part
MG 33 729 37,1 % 2,1 %
BYD 13 533 149,9 % 0,8 %
Leapmotor 3 561 979,1 % 0,2 %
XPeng 3 313 548,3 % 0,2 %
Maxus 1 199 23,2 %  -
Lynk & Co 726 39,9 %  -
Skyworth 639 31 850 %  -
Polestar 210 10 400 %  -
DKSK 200 773,9 %  -
Aiways 93 -35,9 %  -
Seres 66 83,3 %  -
Total 57 269 296,3 %**  -

Source : AAA Data

 

* Dans ce classement, nous n'avons pas volontairement inclus Smart, qui a commercialisé 929 véhicules (-58,1 %) en 2025. Bien qu'elle appartienne au constructeur chinois Geely, elle est encore distribuée exclusivement au sein du réseau Mercedes-Benz et est considérée par la quasi-totalité des clients comme une marque à part entière du constructeur allemand. 

 

** Progression sur les marques ayant plus d'un an de présence en France, à savoir MG, BYD, Leapmotor, Xpeng, Maxus et Lynk&Co. Nous avons exclu Aiways et Seres dont les immatriculations sont hors du marché, ces deux marques n'étant plus commercialisées officiellement.

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