Équipementiers automobiles : Valeo, Bosch et ZF réclament un Made in Europe plus ambitieux

Après le Clifa ou la PFA, c'est au tour de certains grands équipementiers français et allemands de faire entendre leur voix auprès des institutions européennes. À la veille du Conseil des ministres franco-allemand, Valeo, OPmobility, Forvia, Bosch, Schaeffler et ZF ont signé une position commune pour peser sur les discussions autour de l'Industrial Accelerator Act (IAA) et du futur paquet automobile européen.
Adressée aux gouvernements français et allemand, cette lettre, intitulée "Sécuriser l'avenir de la chaîne d'approvisionnement automobile européenne", appelle les deux pays à défendre une industrie automobile plus compétitive sans remettre en cause les objectifs de décarbonation.
Elle est à destination du Conseil des ministres franco-allemand qui se déroule jeudi 16 et vendredi 17 juillet 2026, où les deux textes européens sont à l'ordre du jour.
Cette lettre cosignée par Valeo, OPmobility, Forvia, Bosch, Schaeffler et ZF rappelle, en préambule, ce que représentent les équipementiers dans la chaîne de valeur automobile du continent.
"Les équipementiers automobiles constituent l'épine dorsale de l'industrie : ils représentent 75 % de la valeur ajoutée des véhicules, créent 1,7 million d'emplois directs et figurent parmi les plus importants investisseurs privés en R&D, avec 30 milliards d'euros par an."
Ils tirent aussi la sonnette d'alarme : "Depuis 2024, plus de 100 000 emplois ont été supprimés ou menacés dans le secteur. Roland Berger estime que 300 000 à 350 000 emplois sont menacés au cours des cinq prochaines années, tandis que jusqu'à 23 % de la valeur du secteur pourraient être perdus d'ici 2030."
Un contenu local qui ne soit pas en dessous de la réalité industrielle
Pour les signataires, le contenu local constitue l'outil le plus efficace pour rééquilibrer la concurrence au sein de la chaîne de valeur européenne. À une condition toutefois : que les critères retenus reflètent réellement le poids industriel des équipementiers.
Mais ils militent aussi pour que la valeur ajoutée des équipementiers ne soit pas mélangée avec celle des constructeurs automobiles. Car le seuil de 70 % mis en avant aujourd'hui ne couvrirait pas la réalité des productions européennes actuelles des équipementiers.
"En appliquant la méthodologie de l’IAA, 83 % des composants des véhicules électriques et 89 % des composants des véhicules hybrides rechargeables seraient considérés comme fabriqués dans l’UE" expliquent les équipementiers.
Les fournisseurs ajoutent que 95 % des groupes motopropulseurs électriques et 65 % des composants électroniques répondent déjà aux critères de fabrication européenne. À leurs yeux, intégrer également la valeur ajoutée des constructeurs dans le seuil de 70 % reviendrait à réduire artificiellement la part protégée des équipementiers.
Les équipementiers demandent un paquet automobile plus flexible
Sur le paquet automobile, les fournisseurs plaident également pour davantage de souplesse. Sans remettre en cause la montée en puissance du véhicule électrique ni l'objectif de neutralité carbone, ils souhaitent préserver une place pour les hybrides rechargeables dans la transition.
Ils souhaitent aussi que des flexibilités soient mises en place pour soutenir la décarbonation avec, notamment, l'extension des supercrédits à tous les véhicules électriques fabriqués dans l'Union européenne et répondant aux critères de contenu.
Ils mettent aussi en avant le nécessaire besoin des carburants renouvelables pour atteindre les objectifs ou encore l'utilisation de matériaux durables ou à faibles émissions de CO2.
En conclusion, les équipementiers appellent les instances, aussi bien sur le paquet automobile que sur l'IAA, à s'entendre rapidement sur "un accord politique équilibré."
"Chaque mois de retard accroît le risque de nouvelles fuites d’investissements, de déclin industriel et de pertes d’emplois. Nous restons déterminés à travailler de manière constructive avec les décideurs politiques afin de garantir que le cadre final offre la visibilité nécessaire aux entreprises pour investir, innover et produire en Europe."
Cliquez ici pour retrouver la lettre ouverte de Valeo, OPmobility, Forvia, Bosch, Schaeffler et ZF.
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