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Constructeurs

CO2, petites voitures, contenu local : BMW contre-attaque avant les débats européens

Publié le 19 juin 2026

Par Catherine Leroy
3 min de lecture
À quelques jours de la réunion des ministres européens de l'Environnement, Nicolas Peter, président du conseil de surveillance de BMW AG, a contesté plusieurs pistes actuellement débattues à Bruxelles, notamment l'idée de favoriser les petites voitures dans le cadre des futures réglementations automobiles ainsi que le Made in Europe, auquel il préfère le Made with Europe.
Nicolas Peter BMW AG contre position européenne
Invité à un déjeuner-débat par la PFA, Nicolas Peter, président du conseil de surveillance de BMW AG, a livré la position du constructeur sur plusieurs dossiers qui divisent actuellement profondément l'industrie européenne. ©JA

Le 25 juin 2026, les ministres européens de l’Environnement vont se réunir à Bruxelles pour commencer les discussions sur les normes d’émission de CO2. Invité à un déjeuner-débat par la Plateforme automobile (PFA), Nicolas Peter, président du conseil de surveillance de BMW AG, a livré la position du constructeur sur plusieurs dossiers qui divisent actuellement profondément l'industrie européenne.

 

Son intervention intervient alors que plusieurs États membres et constructeurs poussent Bruxelles à revoir le cadre réglementaire automobile. Parmi les pistes discutées figurent un soutien accru aux véhicules électriques produits en Europe, des critères de contenu local ainsi qu'un traitement réglementaire spécifique pour les petites voitures, jugées essentielles à la relance du marché européen. Sur ces différents sujets, BMW défend une approche sensiblement différente de celle portée par Renault, Stellantis et désormais Volkswagen.

 

 

Premier sujet de friction : la trajectoire de décarbonation. Si BMW affirme soutenir les objectifs climatiques européens et assure être en mesure de respecter les normes CO₂ actuelles, le groupe continue de contester une réglementation centrée exclusivement sur le véhicule électrique. Le constructeur allemand défend une approche dite de neutralité technologique, intégrant également les carburants renouvelables, les hybrides rechargeables ou encore l'hydrogène.

 

"Il faut tenir compte de l'ensemble du cycle de vie du véhicule et non uniquement des émissions à l'échappement", a insisté Nicolas Peter. La ligne défendue par ce dernier promeut la défense d’utilisation de biocarburants, comme par exemple le HVO 100, qui permet de réduire les émissions de 80 à 90 %. "Nous ne serons pas à 100 % de ventes de véhicules électriques, ni à 90 %, à l’échéance de 2035.  Nous pensons que la part des véhicules électriques à batteries pourrait représenter entre 50 et 60 % du marché européen à cet horizon", a-t-il expliqué.

 

BMW s'oppose à la catégorie des petites voitures électriques

 

Mais le passage le plus politique de son intervention concerne probablement les discussions engagées à Bruxelles sur les voitures abordables. Depuis plusieurs mois, Renault, Stellantis et plusieurs équipementiers plaident pour la création d'une réglementation spécifique aux petits véhicules afin de relancer la production européenne de citadines.

 

Luca de Meo et John Elkann, en juin 2025, avaient notamment demandé à la Commission européenne d'adopter des règles distinctes pour les petits véhicules, estimant que les normes actuelles favorisent les modèles plus lourds et plus coûteux.

 

La Commission travaille sur une nouvelle catégorie de véhicules électriques compacts produits en Europe. Les propositions de Bruxelles évoquent des véhicules d'environ 4,20 mètres de longueur qui entreraient dans la nouvelle catégorie de véhicules, M1E, permettant de bénéficier de supercrédits facilitant l’atteinte des objectifs CO₂. Or, c'est précisément cette logique que BMW refuse.

 

Le "Made in Europe", autre ligne rouge

 

Le dirigeant allemand a également adressé un message clair à Bruxelles sur la question du contenu local. Alors que plusieurs États membres souhaitent conditionner certaines aides ou certains avantages réglementaires à une production européenne, BMW redoute une dérive protectionniste.

 

 

Le groupe défend au contraire une logique de "Made with Europe" plutôt que de "Made in Europe". Selon Nicolas Peter, un véhicule assemblé aux États-Unis peut parfois contenir davantage de valeur ajoutée européenne qu'un véhicule assemblé dans l'Union européenne avec des composants importés.

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