Essai Opel Astra restylée : l'attrape regard

Peut-on faire une carrière avec un regard ? C'est en tout cas ce que les designers de chez Opel espèrent avec le restylage de l'Astra, qui arrive cinq ans après la commercialisation de cette quatrième génération. Ce n'est pas tant son logo, le fameux "Blitz" qui fait son apparition sur la calendre, reprenant l'esprit du concept-car Vizor, que sa calandre éclairée. Même en plein jour. Une première sur le segment, qui, il faut le reconnaître, en impose. Les occupants ne profitent absolument pas de cette principale évolution, mais l'effet est garanti.
A l'interieur, les évolutions sont beaucoup plus discrètes. A part quelques habillages remis au goût du jour, la principale nouveauté porte sur les sièges. Appelés Intelli-Seats, ils intègrent une découpe centrale conçue pour réduire la pression sur le coccyx et offrir un confort durable même sur les longs trajets. A noter également le nouvel éclairage Intelli-Lux, éclairage matriciel à LED, une offre encore unique sur ce segment. Assez efficace, mais bizarrement très long à s'enclencher, le système semblant avoir du mal à "se réveiller" une fois sorti d'une zone plus éclairée.
Des motorisations reconduites
Question moteur, Opel s'est aussi contenté de faire le strict minium. Sa gamme reste certes toujours aussi large, y compris en proposant du diesel, espèce en voie de disparition, mais qui en termes de consommations strico sensus pour les gros rouleurs, reste la technologie la plus sobre. Mais pour les trois autres, les modifications sont à la marge, voire inexistantes, comme c'est le cas pour l'hybride 48V qui reste à 145 ch.
En revanche, l'hybride rechargeable voit ses caractéristiques quelque peu évoluées. Sa puissance gagne 15 ch pour grimper à 195 ch, un gain rendu possible grâce à une optimisation du 1.6 essence. Côté batterie, la capacité passe de 12,4 kWh à 17,2 kWh, ce qui promet une autonomie qui passe de 57 à 84 km.
Et pour l'électrique, l'objet de notre attention ? Pas grand chose à se mettre non plus sous la dent, si ce n'est une autonomie homologuée qui gagne 35 km pour atteindre 454 km, une valeurs désormais assez conforme pour ce segment. A noter, plus anecdotique, l'apparition de la fonctionnalité V2L (Vehicle-to-Load) qui permet d'alimenter des appareils électriques externes comme un vélo électrique.
Une belle sobriété
Face à ces faibles évolutions, l'Opel Astra a-t-elle encore quelques atouts ? Poser la question est y répondre à moitié. Car sa fiche technique n'est pas des plus technologiques. Sa batterie d'une capacité de 58,3 kWh (brute) n'accepte que de recharger à 100 kW, soit un temps théorique de 10 à 80 % en 30 minutes, ce qui n'en fera jamais une berline au long cours malgré ses indéniables qualités de routière.
Mais si on évite les autoroutes et les longs trajets, cette Astra est plus que fréquentable grâce à une consommation bien maîtrisée. Homologuée jusqu'à 15,6 kWh/100 km, il n'a pas été rare de voir des consommations en dessous sans chercher pour autant la conduite éco-responsable. Sur 700 km de parcours mixte, nous n'avons pas dépassé les 14,5 kWh/100 km. Il faut dire que le profil de berline sied mieux à l'électrique que les carrosseries hautes des SUV. Dès lors, on regrette que la vitesse de recharge soit aussi lente car l'Astra aurait quelques atouts à faire valoir.
Une politique tarifaire hors marché
Des atouts, qui malheureusement disparaissent dès que l'on se penche sur les tarifs. Car avec une gamme qui commence à partir de 38 990 euros pour finir à 43 090 euros, que peut-elle faire face à une concurrence chinoise sans pitié ? Même au sein du porte-folio de chez Stellantis, l'Astra se fait avaler par une Leapmotor B05. Avec ses 4,43 m de long, la nouvelle venue affiche frontalement ses 28 400 euros et dévoile cranement sa batterie de 67 kWh et ses près de 500 km d'autonomie.
Et si l'on met de côté les constructeurs chinois, même la concurrence européenne fait mieux. Ainsi, Volkswagen vient de lancer son ID.3 Neo avec des prestations qui n'ont plus grand chose à voir avec l'ancienne génération. Sa gamme commence à partir de 34 990 euros soit 4 000 euros de mois pour une capacité de batterie et une autonomie très proche de sa rivale allemande. Et pour le même prix que l'Astra, Volkswagen offre une autonomie de 630 km. D'où une question toute simple : quand l'éclair va-t-il de nouveau briller ?
Laisser un commentaire
Vous devez vous connecter pour publier un commentaire.
