Essai Leapmotor B05 : un bond en avant

Parmi toutes les marques chinoises, Leapmotor est un cas à part. En 2024, ce jeune constructeur, qui n'a même pas dix ans d'existence, s'est marié avec Stellantis pour distribuer dans son giron ses modèles en dehors de la Chine. Cette stratégie permet d'installer la marque à moindre frais en s'appuyant sur un réseau extrêmement mature.
Néanmoins, Leapmotor connaît un démarrage moins en fanfare que les autres nouveaux entrants, qui, il est vrai, disposent de moyens marketing bien plus importants. À fin mai 2026, Leapmotor avait commercialisé 2 434 véhicules dont plus de 60 % de T03, la petite citadine électrique. "Des chiffres qui ne reflètent pas notre portefeuille de commandes", a tenu à relativiser Raphaëlle Holderith, directrice générale de Leapmotor France.
Berline compacte
L'arrivée d'un quatrième modèle, en complément des SUV B10 et C10, respectivement au cœur du segment C et D, va probablement permettre à la marque d'enrichir son portefeuille client. Si elle ne communique pas sur ses intentions, la B05, berline compacte de 4,43 m, conçue pour le marché européen, est présentée comme le porte-étendard de Leapmotor qui veut passer à la vitesse supérieure.
La B05 arrive en effet par le haut du segment. Avec 217 ch, Leapmotor présente sa compacte à propulsion comme une "sportive". "Stellantis s'est occupé du réglage châssis", insiste la marque. Ce qui signifie que le réglage des trains n'a rien à voir avec la version chinoise, commercialisée sous le nom de Lafa 5.
Et cela se ressent. On ne retrouve pas à son volant la mollesse du B10 avec lequel la berline partage la plateforme. Certes, la direction aurait mérité un peu plus de progressivité et de consistance, un défaut en partie corrigé en mode Sport, mais le comportement s'avère équilibré et pas du tout pataud. Le réglage des trains assure un bon compromis entre confort et dynamisme.
Agréable à conduire
Nous sommes cependant très loin d'un caractère sportif vanté par le constructeur, mais la B05 s'avère agréable à conduire. Reste des bruits d'aérodynamisme sur autoroute qui viennent ternir le chapitre confort et une pédale de frein qui, comme le volant, aurait mérité un peu plus de progressivité. Ici aussi, le réglage en mode Sport permet de pallier ce problème.
Pour faire avancer l'ensemble, Leapmotor a installé sous le plancher de sa propulsion deux batteries en architecture de 400 V, l'une de 56,2 kWh (Pro), l'autre de 67,1 kWh (ProMax), ce qui promet une autonomie homologuée de respectivement 401 et 487 km. Via une capacité de charge maximale de respectivement 140 et 170 kW, la voiture se recharge de 30 à 80 % en un peu plus d'un quart d'heure.
Une donnée qui pourrait paraître intéressante, mais attention, Leapmotor communique sur du 30 à 80 %, alors que la grande majorité des constructeurs sont a minima sur du 20 à 80 %, voire du 10 à 80 %. Question consommation, nous avons enregistré à l'ordinateur de bord un 17,7 kWh/100 km, une moyenne qui pourrait être améliorée légèrement avec une conduite un peu plus souple.
Un habitacle épuré et qualitatif
À l'intérieur, Leapmotor reprend le contrôle tout écran. Nous ne reviendrons pas sur cette "mode" qui nous paraît toujours incompatible avec une conduite en sécurité. Il est néanmoins possible d'avoir ses propres raccourcis afin de simplifier la prise en main du véhicule qui se déverrouille par téléphone ou via une carte à poser sur le rétroviseur.
Au-delà de l'écran central de 14,5'' et de celui du tableau de bord de 8,8'', la planche de bord affiche un design très épuré, avec néanmoins quelques fioritures stylistiques pour égayer le design. Les matériaux sont de qualité disparate, mais l'ensemble est assemblé avec soin.
À l'arrière, les passagers disposent d'un certain confort, l'espace aux genoux est très satisfaisant. Détail amusant, Leapmotor a installé un distributeur de mouchoirs derrière la console centrale. Question coffre, la B05 ne se démarque pas. Avec un volume de 345 litres, il reste quelconque. D'autant plus que son seuil de chargement est assez haut et qu'il n'existe pas de rangement dédié pour les câbles, pas plus d'ailleurs que de frunck.
Un prix attractif, mais…
Avec une gamme qui varie de 25 400 à 28 400 euros, la Leapmotor B05 se présente comme une offre très intéressante au niveau du rapport prix/prestations/encombrement. C'est en effet près de 10 000 euros de moins que n'importe quel modèle concurrent européen, à commencer par la Peugeot e-308 qui, avec seulement 156 ch sous le capot et un prix d'attaque supérieur à 33 000 euros, aura du mal à faire de la résistance dans le showroom voisin.
Seulement, elle doit se confronter à une autre concurrence beaucoup plus féroce, celle de marques compatriotes. À commencer par MG. Certes, la récente MG4 EV Urban affiche une fiche technique moins distante, mais à 5 000 euros de moins, des prestations très honorables et une notoriété de marque plus importante, elle risque de laisser peu de place à toute autre prétendante.
"Il n'est pas question pour nous de rentrer dans la guerre des prix", soulignait Tianshu Xin, directeur de Leapmotor International et directeur de Stellantis en Chine lors de la présentation. L'avenir dira si cette stratégie tiendra.
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