L'avenir s'assombrit à nouveau pour la Fonderie de Bretagne

La Fonderie de Bretagne (FDB), reprise le 1er mai 2025 par Europlasma, va demander son placement en redressement judiciaire pour cessation de paiement mardi 30 juin 2026, lors d'un comité économique et social extraordinaire, a annoncé vendredi 26 juin la CGT de l'entreprise.
"Malgré les alertes successives" sur la situation de l'usine de Caudan, dans le Morbihan, "nous n'avons jamais été pris au sérieux, pourtant les faits sont là", déplore dans un communiqué le syndicat.
La production à l'arrêt depuis janvier à cause d'un incendie
Repreneur en série de sites industriels en difficultés, récemment auditionné par la commission d'enquête parlementaire sur la "prédation des capacités productives par les fonds spéculatifs", le groupe Europlasma a enregistré une perte nette de 35,6 millions d'euros en 2025, plus de deux fois supérieure à l'exercice précédent.
Le groupe basé dans les Landes avait donc repris en avril 2025 la Fonderie de Bretagne, qui produisait des pièces en fonte pour les suspensions et les échappements.
Europlasma s'était engagé à investir sur le site de Caudan 15 millions d'euros sur trois ans et affirmait vouloir diversifier la production, notamment avec la production de corps creux pour la fabrication d'obus de mortier.
Mais la production sur le site breton n'a jamais repris depuis un grave incendie survenu en janvier sur l'un des fours, et Europlasma n'a jamais versé l'intégralité des sommes promises, a affirmé à l'AFP Maël Le Goff, délégué syndical de la CGT de FDB.
En janvier, l'usine, héritière des Forges d'Hennebont et longtemps prestataire de Renault, employait environ 260 personnes.
Des questions sur les engagements annoncés à la reprise
"Je constate qu'Europlasma n'a pas tenu les engagements financiers et industriels pris lors de la reprise", a déclaré vendredi à l'AFP le ministre délégué chargé de l'Industrie, Sébastien Martin.
"Les apports annoncés et les investissements promis sont restés très inférieurs à ce qui avait été présenté devant le tribunal", a-t-il souligné.
"L’État et les collectivités, eux, ont tenu leurs engagements et accompagné l'entreprise, notamment après l'incendie survenu en début d'année. À quelques jours du paiement des salaires, les dirigeants et les actionnaires d'Europlasma, responsables de cette situation, doivent rendre des comptes", a insisté le ministre.
Europlasma (FDB mais aussi Valdunes, Forges de Tarbes, etc.) avait annoncé en avril discuter avec un "industriel français du secteur de la défense" pour un potentiel rachat de ses activités de défense, mais aucune annonce n'a été faite depuis.
L'une de ses filiales, Satma Industries, a été placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Grenoble le 2 juin dernier. Une autre, FP industries, "spécialisée dans le désamiantage et la gestion des pollutions industrielles", va être liquidée. (avec AFP)
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