Le ralentissement du marché automobile pèse sur les comptes de Michelin

Après un exercice 2025 déjà très délicat, le groupe Michelin a vu son bénéfice net reculer de 8,8 % au premier semestre 2026, en lien avec une baisse des ventes de 2,6 %, pâtissant des effets de change et de la faiblesse du marché automobile. "Dans un environnement économique chahuté, marqué par un effet de change particulièrement défavorable" et alors que les ventes de voitures neuves restent "déprimées", le bénéfice net s'établit à 766 millions d'euros, précise le géant français des pneus dans un communiqué publié lundi.
À 12,7 milliards d'euros sur la période janvier-juin, le chiffre d'affaires s'avère conforme aux attentes des analystes interrogés par le fournisseur de données Factset. Il s'inscrit en recul de 2,6 % par rapport au premier semestre 2025, mais en neutralisant l'impact des variations des taux de change, il affiche une progression de 0,5 %. Au total, les effets de change ont amputé le chiffre d'affaires de 403 millions d'euros (principalement sous l'effet de la dépréciation du dollar), précise le groupe dans son communiqué.
L'activité OE recule de 2 %
En volume, les ventes ont reculé de 0,9 %, principalement du fait de la "première monte", dans un marché automobile morose. À l'échelle mondiale (hors Chine où la présence de Michelin n'est que marginale), l'OE s'est contracté de 2 % au premier semestre, alors que celui des pneus de remplacement a progressé de 2 %.
Cette croissance des ventes de remplacement "montre que même dans un contexte d'incertitude, les clients continuent" de juger la marque Michelin "digne de confiance", a estimé lundi Florent Menegaux, président du groupe, lors d'une visioconférence avec des analystes. Selon ce dernier, les capacités d'adaptation et d'innovation du groupe constituent autant d'avantages concurrentiels décisifs permettant à Michelin de confirmer ses perspectives financières pour 2026.
L'impact du conflit au Moyen-Orient
"On aborde le second semestre à la fois avec confiance et lucidité", parce que "malgré tous ces vents contraires Michelin s'appuie sur des fondamentaux solides", a renchéri Bénédicte de Bonnechose, directrice financière du groupe depuis le mois de juin.
Michelin s'attend toujours à ce que les coûts supplémentaires liés au conflit au Moyen-Orient - qui a notamment renchéri le coût de ses matières premières dérivées du pétrole - soient de l'ordre de 400 millions d'euros cette année, en faisant l'hypothèse d'un baril de pétrole à 100 dollars jusqu'à la fin 2026.
Objectif réduction des coûts
Sur les six premiers mois de l'année, Michelin a amélioré à 11,4 % sa marge opérationnelle des secteurs, l'indicateur qu'il privilégie pour évaluer la rentabilité de ses différentes activités, contre 11,1 % au premier semestre 2025.
Dans cet environnement contraint, Michelin a continué au cours du semestre écoulé à adapter sa production pour réduire ses coûts, en annonçant notamment un dispositif de départs volontaires en France visant à supprimer "jusqu'à 1 500 postes sur trois ans" et la fermeture progressive d'une usine de 1 200 salariés aux États-Unis, dans l'Alabama. (Avec AFP)
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