L'Europe ajoute des droits de douane sur les pneus chinois

Michelin avait alerté : certains manufacturiers chinois vendent leur pneu au prix de la matière première. Difficile, pour le français et les autres occidentaux, dans ces conditions, de rester compétitifs.
La Commission européenne avait fini par ouvrir une enquête sur le phénomène au printemps 2025 et elle vient de rendre son verdict. Le texte instituant des droits de douane pour les pneus chinois est paru le 7 juillet 2026 pour une application à partir du 8 juillet.
Cela concerne tous les pneumatiques neufs destinés aux voitures de tourisme, aux 4x4 SUV, aux camionnettes, aux autobus et aux camions, avec un indice de charge inférieur ou égal à 121.
Pas de rétroactivité
Les travaux de l'UE ont abouti à une grille comprenant trois niveaux de taxation : 4,3 % pour Hankook qui exploite des usines à Chongqing et Jiangsu (Chine), 24,4 % pour une soixantaine de producteurs (parmi lesquels de grands groupes internationaux tels que Continental, Goodyear, Pirelli, Kumho ou encore Sumitomo), et enfin 45,3 % pour tous les autres.
À l'image des véhicules électriques chinois, ces différents niveaux de taxation s'expliquent notamment par le degré de coopération des producteurs-exportateurs chinois durant l'enquête.
Les entreprises ayant fourni les informations demandées par la Commission bénéficient ainsi de taux individuels, tandis que les sociétés n'ayant pas coopéré se voient appliquer le droit résiduel maximal.
En outre, si cela avait été envisagé initialement et demandé par certains plaignants (dont l'anonymat a été revendiqué et accepté par la Commission), la notion de rétroactivité n'a pas été retenue par Bruxelles. Aucun droit sur des importations antérieures à la date du 8 juillet 2026 ne sera réclamé.
Les pneus chinois sont passés de 18 % à 28 % du marché européen
Par ailleurs, comme le précise le Syndicat du Pneu, pour les distributeurs et revendeurs, ces droits s'ajoutent aux droits de douane habituels. Pour bénéficier d'un taux de 4,3 % ou de 24,4 %, ces professionnels devront justifier d'une facture commerciale identifiant précisément le producteur. Dans le cas contraire, le taux maximal s'appliquera.
Avec cette mesure, les autorités européennes espèrent rééquilibrer le marché du pneumatique et ralentir la croissance des manufacturiers chinois dans la région. Pour Bruxelles, ces droits antidumping doivent permettre de rétablir des conditions de concurrence équitables entre producteurs européens et fournisseurs chinois.
Selon les chiffres de la Commission, les importations chinoises ont bondi de 62 % entre 2021 et 2024, passant de 57 à 93 millions de pneus par an, avec une part de marché qui est passée sur cette période de 18 % à 28 %. Dans le même temps, celle des fabricants européens a reculé de 7 %, impactant significativement leur rentabilité.
Institués pour une durée de cinq ans, ces droits antidumping ne représentent cependant que la première conclusion du dossier. Parallèlement à cette enquête, une seconde, portant sur les aides publiques accordées aux producteurs chinois, est toujours en cours et devrait aboutir probablement d'ici à la fin de l'année 2026. Le Syndicat du Pneu rappelle qu'elle pourrait entraîner la mise en place de droits additionnels.
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