Droits de douane : l'Europe souhaite taxer les PHEV chinois

L'offensive chinoise en Europe est souvent associée, à juste titre, aux véhicules électriques. Mais les choses ont évolué depuis que la Commission a décidé d'augmenter les droits de douane sur l'importation de ces modèles.
Des taxes entrées en vigueur en novembre 2024 et qui s'échelonnent de 7,8 % pour les Tesla fabriquées en Chine à Shanghai, à 35,3 % pour les constructeurs non coopératifs, dont SAIC-MG. Des montants aussi applicables aux électriques à prolongateur d'autonomie (REEV). À ces chiffres, il faut encore ajouter 10 % de droits d'importation généraux.
"Les chinois ont exploité une faille"
Logiquement, les constructeurs chinois se sont adaptés et ont décidé d'orienter leur stratégie vers les PHEV. Avec succès. "Les chinois ont fait preuve d'une grande agilité, ils ont rapidement identifié et exploité la faille", a déclaré un responsable du secteur cité par le quotidien allemand Handelsblatt.
L'Europe souhaite donc répondre, toujours avec un temps de retard. Même si Stéphane Séjourné, vice-président exécutif de la Commission, a parlé de ce projet "à de nombreuses reprises", selon une source du journal allemand.
L'exécutif continental souhaiterait donc augmenter les droits de douane pour les PHEV venant de Chine. Il faut dire que ces modèles ont pris des parts de marché en Europe.
Selon les chiffres Dataforce, la BYD Seal U DM-i a même été le PHEV le plus vendu sur le continent jusqu'en avril, devant les modèles de Volvo, BMW, Volkswagen ou Mercedes-Benz. BYD est ainsi devenu le deuxième vendeur de PHEV en Europe, derrière le groupe Volkswagen.
BYD, deuxième sur les PHEV en France
Selon les chiffres de l'ACEA, à fin avril 2026, les PHEV représentaient 9,6 % du marché européen avec 364 067 unités (+26 %). Et les PHEV de marques chinoises ont représenté 30 % de ce marché selon Dataforce, contre 18 % un an plus tôt. La croissance est donc très rapide.
En France, les choses sont un peu différentes car les PHEV n'ont plus la cote, principalement pour des raisons fiscales. Ils ne représentaient que 5,3 % des immatriculations à fin mai 2026, avec 35 496 unités (-4,5 %).
Dans ce contexte, les plus gros "faiseurs" de PHEV sont Audi (5 588 unités ; +127,7 %), BYD (4 550 ; +225 %) et Volkswagen (4 030 ; -23,2 %).
Ainsi, pour BYD, les PHEV pèsent 53,5 % de ses immatriculations hexagonales alors que les VE totalisent 46,5 %.
Les choses sont différentes pour MG dont le mix de ventes est aujourd'hui dominé par les hybrides HEV qui s'adjugent 78,6 % de ses immatriculations, soit 9 216 de ses 11 729 immatriculations.
Dans tous les cas, la décision de l'Europe doit aller relativement vite pour avoir un impact significatif car bientôt de nombreuses marques chinoises produiront leurs modèles, électriques ou PHEV, en Europe.
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