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Constructeurs

Renault renforce sa R&D en Chine tout en réorganisant son ingénierie française

Publié le 7 juillet 2026

Par Catherine Leroy
4 min de lecture
Avec l'ouverture d'un deuxième centre de R&D ACDC à Hangzhou (Chine), Renault poursuit le déploiement de son nouveau modèle d'ingénierie. L'objectif n'est pas de délocaliser la recherche et développement, mais de combiner la maîtrise technologique conservée en Europe avec la rapidité d'exécution et l'écosystème d'innovations chinois.
Renault ACDC Chine
Renault vient d'inaugurer un deuxième centre de R&D ACDC à Hangzhou, en Chine, après celui de Shanghai. ©Renault

Quelques jours après avoir dévoilé son plan de transformation de l'ingénierie française, Renault passe à l'action sur son dispositif international. Le constructeur vient d'inaugurer un second centre de recherche et développement ACDC (Advanced China Development Center) à Hangzhou, en Chine, qui viendra compléter les activités déjà assurées depuis Shanghai.

 

 

L'annonce pourrait sembler paradoxale au moment où Renault prépare une profonde réorganisation de ses équipes d'ingénierie en France, avec 800 départs volontaires envisagés d'ici fin 2027.

 

Elle s'inscrit pourtant dans une stratégie globale présentée fin juin 2026 par Philippe Brunet, directeur de la technologie (CTO) du groupe : conserver en Europe la maîtrise des technologies stratégiques tout en s'appuyant sur les atouts de l'écosystème chinois pour accélérer le développement des futurs véhicules.

 

Une ingénierie mondiale organisée par spécialité

 

Le nouveau site de Hangzhou se consacrera aux logiciels, à l'intelligence artificielle et à l'expérience utilisateur. Le centre de Shanghai conservera ses expertises dans l'intégration des systèmes, les chaînes de traction et l'ingénierie véhicule.

 

En associant les compétences des deux sites, Renault entend développer une organisation capable de maîtriser à la fois le matériel et les logiciels, devenus indissociables dans la conception des véhicules de nouvelle génération.

 

 

Cette implantation complète une organisation mondiale de la R&D revue au premier semestre 2026. La France demeure le cœur du dispositif avec ses 5 500 ingénieurs et la responsabilité des technologies clés. La Roumanie et l'Inde conservent également des capacités complètes de développement, tandis que la Corée du Sud se concentre désormais sur l'adaptation des véhicules aux marchés locaux.

 

Tirer parti de la vitesse chinoise

 

Pour Philippe Brunet, la Chine constitue une source d'inspiration industrielle. Face à des constructeurs capables de développer un véhicule en moins de deux ans, Renault a engagé une profonde transformation de ses méthodes de travail. Le constructeur vise une réduction de 40 % du coût d'entrée de ses projets et raccourcit fortement ses cycles de développement.

 

Le meilleur exemple reste la Twingo E-Tech. Développée en seulement 22 mois, elle constitue la première illustration concrète de cette nouvelle organisation. Renault souligne que le projet, piloté par ACDC avec l'appui de partenaires chinois, "démontre l'apport de la R&D implantée en Chine en matière d'efficacité de développement et de collaboration industrielle".

 

Le constructeur estime déjà pouvoir aller plus loin. La future Dacia Spring, reposant sur cette même approche, a ainsi été développée en seulement seize mois.

 

S'appuyer sur la Chine sans perdre la maîtrise des technologies

 

Cette accélération ne signifie toutefois pas que Renault entend s'en remettre aux technologies chinoises. Lors de la présentation de sa stratégie d'ingénierie, Philippe Brunet avait rappelé que le groupe faisait le choix de conserver la maîtrise des technologies jugées stratégiques pour ses véhicules européens. Une position assumée alors que, selon lui, plusieurs constructeurs chinois lui proposent régulièrement des coopérations technologiques.

 

"Faire appel à des technologies chinoises et donc ne pas trop investir est le choix de la facilité", expliquait-il alors, préférant renforcer les compétences internes du groupe.

 

L'ouverture du centre de Hangzhou illustre précisément cette ligne de conduite. Renault entend bénéficier de la proximité avec les fournisseurs de logiciels, les spécialistes de l'intelligence artificielle et un écosystème particulièrement dynamique, tout en conservant la propriété intellectuelle et l'architecture de ses véhicules.

 

 

ACDC devient un centre de compétences mondial

 

Au-delà de l'ouverture d'un nouveau site, Renault fait également évoluer le rôle d'ACDC. Jusqu'à présent centré sur le développement de projets, le centre chinois devient progressivement un véritable site de compétences au service des marchés internationaux. Il accompagnera notamment les futurs programmes électriques du segment A destinés à Dacia et Nissan.

 

L'ambition est désormais de développer des méthodes d'ingénierie reproductibles et des savoir-faire qui pourront être réutilisés sur l'ensemble des futurs programmes internationaux du groupe.

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