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Constructeurs

Comment les marques chinoises font leurs ventes en France

Publié le 1 octobre 2026

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Par Christophe Bourgeois
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5 min de lecture
Avec 8 % de part de marché en septembre 2026, les marques chinoises n’ont jamais autant pesé en France. Mais toutes les immatriculations ne se valent pas. Particuliers, véhicules de démonstration, loueurs, entreprises : l’analyse des canaux révèle des disparités stratégiques et quelques performances en trompe-l’œil.
poids des marques chinoises en France par canaux
En seulement six mois, Jaecoo a vendu pas loin de 10 000 véhicules, dont les trois quarts sur le canal des particuliers. ©Jaecoo

En septembre 2026, les marques chinoises ont connu un fort engouement. Elles ont représenté à elles seules 8 % des immatriculations, une pénétration inédite. Il faut dire qu'une douzaine d'entre elles sont officiellement représentées en France à travers un réseau, qui représente, si l'on additionne les adresses de toutes les marques, plus de 600 sites.

 

Si l'on prend de la hauteur, elles affichent une pénétration de 5,8 % depuis janvier 2026, soit un total de 71 856 immatriculations. Les deux plus importantes, MG (25 550 unités) et BYD (22 667) couvrent à elles seules près de 70 % des immatriculations.

 

Des ventes équilibrées chez MG

 

Mais derrière ces chiffres se cache une situation plus complexe. En fonction des marques, la répartition des canaux de distribution se révèle très disparate, ce qui n'a pas le même impact sur les investissements, et au final, sur la rentabilité à venir.

 

Commercialisée en France depuis 2020, MG est bien implantée dans le canal le plus vertueux, celui des particuliers. Ils ont représenté 68,9 % de ses immatriculations en neuf mois, tandis que le canal du véhicule de démonstration est relativement peu sollicité (mix : 13,5 %).

 

BYD est plus tactique

 

Chez BYD, le véhicule de démonstration représente 20,4 %, une proportion non négligeable. Surtout, les particuliers représentent moins d'une vente sur deux, tandis que l'autre canal hors société, donc principalement la location courte durée, couvre 14,4 %. Des chiffres qui montrent que la forte progression de BYD peine encore à se faire sur des bases solides.

 

Le cas Jaecoo mérite qu'on s'y attarde. Lancée en avril dernier, la marque du groupe Chery a mis à la route 2 575 voitures ce mois-ci. Un volume qui la propulse directement à la 18e place, juste derrière Ford (2 734 unités ; -10,8 %), mais devant Opel (2 282 ; -19,9 %) et très loin devant Nissan (1 869 ; -6,3 %).

 

Beau démarrage pour Jaecoo, flop pour Omoda

 

Avec un tel résultat, elle s'offre directement 1,6 % de part de marché, du jamais vu en si peu de temps depuis que les constructeurs chinois sont arrivés sur le marché français. Une prouesse d'autant plus méritante que la marque ne dispose que de deux modèles, les Jaecoo 5 et Jaecoo 7, alors que les autres couvrent plus de segments.

 

 

Pour faire taire les mauvaises langues, la marque n'a pas forcé les véhicules de démonstration dans son réseau. Depuis son lancement, 75 % des 9 618 immatriculations ont été réalisées sur le canal des particuliers. Un record. En revanche, sa marque "sœur", Omoda, a un profil totalement différent.

 

Positionnée plus haut de gamme, elle peine à trouver preneur. Elle a écoulé dix fois moins de véhicules que Jaecoo. Surtout, près d'une immatriculation sur deux l'a été par le réseau. Ce qui montre qu'un produit bien calibré au juste prix, ce qui est le cas des deux modèles Jaecoo qui se vendent à part égale, trouve rapidement sa clientèle.

 

Dans un moindre volume, Leapmotor a sensiblement le même profil de clientèle que Jaecoo. La marque chinoise distribuée par Stellantis connaît une progression régulière au fil des lancements de nouveautés. Elle aussi se développe avec les particuliers qui ont représenté depuis le début de l'année trois ventes sur quatre. Elle est surtout portée par les ventes de la petite citadine électrique, la T03, qui couvre encore 61 % de ses immatriculations.

 

Loin des entreprises

 

En revanche, on note clairement une faible pénétration des marques chinoises sur le segment des professionnels. L'explication ne tient qu'à un mot : "écoscore". Aucune d'entre elles, à part XPeng, ne produit encore en Europe, ce qui les élimine de facto de ce précieux sésame pour toucher les entreprises. Y compris donc pour XPeng qui fait assembler ses véhicules en Autriche, chez Magna-Steyr.

 

Malgré l'absence de score environnemental, la marque réussit à immatriculer un tiers de ses modèles dans le segment des professionnels. Cette particularité est notamment due à son positionnement. Elle a été la première à proposer des temps de recharge très rapides, grâce à la technologie 800 V très performante. Un argument qui séduit les chefs d'entreprise ou les flottes d'entreprise dont certains collaborateurs sont de gros rouleurs.

 

Geely se cherche

 

Enfin, Geely, qui a débarqué sur le marché français au début de l'été 2026, ne semble pas connaître le même démarrage que Jaecoo. Deux immatriculations sur trois ont été réalisées en véhicule de démonstration. Si un volume important sur ce canal peut se comprendre au lancement d'une marque, cette stratégie choisie par Geely, stratégie qui a rarement porté ses fruits, interpelle. À voir comment les immatriculations vont évoluer dans les mois à venir.

 

Volume et canaux de distribution des marques chinoises en France (janvier à septembre 2026)

Volume Part de marché (%) Canal ventes à particulier (%) Canal ventes à société (inclus LLD) (%) Canal
véhicule de démonstration (%)
Autres (%)
MG 25 550 2,1 68,9 14,6 13,5 3
BYD 22 667 1,8 48,4 16,8 20,4 14,4
Jaecoo 9 618 0,8 75,1 9,7 15,6 0
Leapmotor 5 902 0,5 73,9 5,7 16,3 4,1
XPeng 5 513 0,4 58,1 32,4 9,3 0,2
Geely 1 002 NS 17,5 15,7 66,7 0
Omoda 820 NS 37,8 15,1 46,1 1

 

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