Les marques chinoises pèsent déjà 4,7 % du marché français

Depuis le début de l’année 2026, 41 051 véhicules chinois ont été immatriculés, toutes marques confondues. Un nombre de véhicules encore marginal au regard des 857 166 véhicules immatriculés au premier semestre (+1,8 %), mais en forte progression. D'autant que leur part de marché atteint déjà 4,7 %. Bien qu’elle ait été doublée par BYD au mois de juin 2026 avec 5 040 immatriculations (+398,5 %) contre 4 688 (+95,5 %), MG reste la première marque chinoise en France en matière de volume depuis le début de l’année.
Toutefois, elle ne représente que 1,9 % de part de marché. Mais le constructeur voit ses immatriculations progresser de 25,1 % sur les six derniers mois, avec 16 416 unités mises à la route. La marque compte notamment deux best-sellers, le ZS et la MG3, deux modèles hybrides, dont respectivement 5 567 et 4 847 véhicules ont été immatriculés depuis janvier 2026. Ce n’est toutefois pas la marque chinoise qui connaît la plus forte progression. En effet, les immatriculations de BYD ont bondi de 140 % sur les six premiers mois de l’année, avec 13 546 voitures et une part de marché de 1,6 %.
L’hybride porte MG et BYD
L’Atto 2 figure parmi les modèles les plus vendus de la marque chinoise avec 4 545 véhicules mis à la route (+1 390 % depuis janvier 2026), suivi de la Seal U et du nouveau Sealion 5, dont respectivement 2 216 (+10,6 % en six mois) et 1 666 véhicules ont été immatriculés sur les six derniers mois. Ce sont d’ailleurs davantage les versions hybrides rechargeables que les électriques qui attirent les clients, puisqu’elles représentent plus des trois quarts des ventes de voitures du constructeur.
Les marques chinoises se voient taxer par les droits de douane européens sur cette motorisation. En parallèle, sur le sol français, elles ne peuvent pas bénéficier des aides liées aux certificats d'économies d'énergie (CEE). Impossible, donc, d'être compétitifs avec deux handicaps majeurs pour l'accès au marché hexagonal.
Au total, BYD a vendu 5 296 véhicules électriques. En figure de proue de ces immatriculations, la Sealion 7 avec 1 464 véhicules mis à la route. Le constructeur chinois a ainsi immatriculé seulement 39 % de ses voitures en électrique. Même constat pour MG, dont les mises à la route de véhicules hybrides (13 721 unités depuis janvier 2026) représentent 83,6 % de ses ventes en France (HEV+PHEV).
Les véhicules électriques chinois avancent doucement sur le marché
Si les véhicules hybrides représentent la majorité des immatriculations pour MG et BYD, les véhicules électriques chinois poursuivent leur percée sur le marché français. Avec 15 172 modèles à batterie immatriculés depuis janvier 2026, toutes marques chinoises confondues, ils représentent 6,3 % du marché de l’électrique hexagonal, contre 5,8 % au premier semestre 2025. Une progression légère, loin du raz de marée attendu sur cette motorisation.
BYD s’affiche en tête des ventes de véhicules électriques avec une part de ses immatriculations en croissance de plus de 37 %. Les pure players de l’électrique chinois profitent de la croissance des immatriculations de VE en France. Ainsi, après deux ans d’activité dans l’Hexagone, XPeng, avec 3 288 véhicules immatriculés au premier semestre 2026, connaît une croissance de 126,8 % de son volume. La marque chinoise de la galaxie Stellantis, Leapmotor, enregistre une progression de ses immatriculations de 156,3 % en six mois. Toutefois, leurs volumes restent marginaux.
Top des immatriculations de véhicules électriques chinois entre janvier et juin 2026
|
Marque |
Volume |
Part de marché pour la marque |
Variation |
|
BYD |
5 296 |
39,1 % |
37,1 % |
|
XPeng |
3 288 |
100 % |
126,8 % |
| Leapmotor |
3 116 |
92,6 % |
156,3 % |
|
M.G. |
2 696 |
16,4 % |
40,9 % |
Parmi les nouveaux entrants en 2026, Jaecoo sort du lot
Du côté des nouveaux entrants chinois, la marque du groupe Chery, Jaecoo, parvient à prendre une part de marché de 0,5 % (3 870 véhicules immatriculés) en trois mois de commercialisation seulement. Ce sont notamment les SUV Jaecoo 7 et Jaecoo 5 qui tirent la marque, avec respectivement 2 115 et 1 755 véhicules mis à la route. Une belle performance sur le marché français pour une marque qui s'est affichée dans le top des véhicules vendus outre-Manche avec le Jaecoo 7.
Pour le reste, les volumes sont encore dérisoires. Seuls 128 Omoda ont été immatriculés depuis le début de la commercialisation du modèle. Geely et Zeekr, qui ont démarré la commercialisation de leurs modèles en avril 2026, comptent respectivement 191 et 42 immatriculations à fin juin 2026.
Des stratégies hétérogènes entre les marques chinoises
Sur les 38 054 véhicules chinois immatriculés au premier semestre 2026, 64,2 % l’ont été via le marché des particuliers. Toutes marques confondues, le canal des particuliers ne représente que 46 %. Un canal qui représente près de trois mises à la route sur quatre pour les marques MG (69,2 %), Leapmotor (74,3 %) ou encore Jaecoo (78,9 %).
Pénalisés par la réglementation, seuls 3 552 et 2 501 véhicules ont été immatriculés sur les canaux sociétés et administrations, et en location longue durée (LLD). En effet, n’étant pas produits en Europe, les véhicules électriques chinois ne bénéficient pas de l'écoscore, ce qui les rend moins avantageux pour les entreprises.
Enfin, 29 % des véhicules ont été immatriculés sur les canaux tactiques durant les six premiers mois de l’année 2026. À titre d’exemple, 43,5 % des véhicules immatriculés par BYD l’ont été sur ces canaux (23,7 % en LCD et 19,8 % en VD). Une part qui grimpe à 67,5 % pour Polestar (40 % en LCD et 27,5 % en VD). La preuve que la stratégie du constructeur consiste à inonder les routes de France pour montrer ses produits. Cette part importante est également due à l’arrivée de nouveaux acteurs sur le marché comme Zeekr, Geely ou encore Aion.
Les volumes des acteurs chinois vont être amenés à peser dans la balance dans les mois à venir. En effet, la plupart devraient commencer à produire en Europe, ce qui leur permettra de ne plus être pénalisés par l'écoscore. Selon les projections d'AlixPartners, la part des marques chinoises dans les immatriculations devrait atteindre 12 % sur le Vieux Continent cette année, contre entre 4 % et 5 % en France.
Sur le même sujet
Laisser un commentaire
Vous devez vous connecter pour publier un commentaire.
