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Constructeurs

Emanuele Cappellano, Stellantis : "La France est le cœur du groupe en Europe"

Publié le 9 juin 2026

Par Christophe Bourgeois
4 min de lecture
À l'occasion d'Invest Auto Day organisé par Le Journal de l'Automobile, Emanuele Cappellano, à la tête de Stellantis Europe élargie, a souhaité rassurer les concessionnaires sur l'avenir des marques du groupe.
Emanuele Cappellano, directeur de Stellantis Europe
Emanuele Cappellano, directeur de Stellantis Europe, est intervenu en ouverture d'Invest Auto Day 2026 devant un public de distributeurs européens. ©JA

À l'occasion de la journée Invest Auto Day organisée par Le Journal de l'Automobile, Emanuele Cappellano, directeur stratégique de Stellantis Europe élargie, a détaillé le plan FaSTLAne 2030 pour la partie européenne. Le constructeur prévoit de lancer trois nouvelles plateformes, dont deux pour le véhicule particulier.

 

La première, SLTA One pour les segments A, B et C, sera "multiénergie et 20 % moins chère que la précédente génération. Elle sera lancée en 2027 et nous prévoyons un million de véhicules par an", a-t-il présenté. Dans un premier temps, elle sera disponible sur des modèles Peugeot, Opel, Jeep et Alfa Romeo.

 

50 nouveautés d'ici cinq ans

 

La seconde E-Car, qui sera 100 % électrique, permettra de commercialiser des véhicules à moins de 15 000 euros. Principalement destinée aux marques Citroën et Fiat, Stellantis prévoit que le prix sera équivalent à celui d'un modèle thermique à horizon 2028, "avec la possibilité de l'ouvrir à d'autres partenariats", a glissé Emanuele Cappellano.

 

 

D'ici 2030-2031, Stellantis lancera 50 nouveaux modèles en Europe, dont la moitié sera inédite. Dans le détail, Peugeot présentera sept nouveaux produits dont quatre seront sur la plateforme STLA One. Cette offre permettra de couvrir 60 % du marché.

 

De son côté, Citroën prévoit trois nouveautés, dont la confirmation du retour de la 2CV, tandis que Fiat en disposera de cinq et Opel de quatre.

 

 

En complément de son intervention, Emanuele Cappellano est revenu sur le partenariat avec Dongfeng. Il a rappelé que Stellentis détenait 51 % dans la joint-venture avec le constructeur chinois. "Le partenariat avec Dongfeng répond à plusieurs logiques. Dans un premier temps, elle nous permettra d'élargir notre gamme. Stellantis n'est pas présent sur les segments D et E en Europe, l'offre de Voyah sera donc complémentaire à ce que nous proposons sur le marché", a présenté le dirigeant.

 

Un partenariat multifacette

 

"Ce partenariat permettra également d'optimiser notre capacité industrielle en Europe, a-t-il poursuivi. Je rappelle que cette configuration existe déjà en Chine. Toujours au niveau industriel, nous allons également profiter d'accès à des équipementiers, ce qui nous permettra de réduire nos coûts et de profiter de bonnes pratiques."

 

Reste un sujet sensible, celui du réseau. "Le passé est le passé, nous n'allons pas revenir dessus", a poursuivi Emanuele Cappellano qui a pris ses nouvelles fonctions en Europe en octobre dernier.

 

"La rentabilité du réseau est effectivement un sujet, surtout en France qui est un marché particulier." Il a d'ailleurs insisté sur le fait que "la France était le cœur européen de Stellantis, avec trois marques très fortes, un outil industriel important et des hubs de recherche et de développement. Notre succès dépendra donc du marché français."

 

Stellantis a soutenu les distributeurs en 2025 et "nous allons continuer à les soutenir. Mais avec l'arrivée de nouveaux modèles, nous partons sur une nouvelle dynamique. Nous essayons également d’être plus actifs sur les offres commerciales pour stimuler la demande et le volume de nos concessionnaires."

 

Un réseau dans l'attente

 

"Nous avons retrouvé un dialogue avec le constructeur, une écoute sur les difficultés que rencontre le réseau Stellantis, a souligné de son côté Xavier Trujas, président du groupe éponyme et président du groupement des concessionnaires Peugeot, lors d'une table ronde. On entre dans une nouvelle ère, avec des relations plus fortes mais une confiance qu'il faut rebâtir. Elle a été mise à mal avec la remise en cause du statut de distributeur."

 

Malgré les bonnes annonces d'Emanuele Cappellano, le chemin semble encore long. "Début 2026, la situation du réseau Peugeot est difficile, rappelle Xavier Trujas. En 2025, nous avons fini avec une rentabilité à 0,10 % et en 2026 nous ne sommes pas positifs avec les problématiques des buy back."

 

En ce qui concerne la marque DS Automobiles, qui a été reléguée à une place plus régionale, et donc davantage orientée vers la France, Emanuele Cappellano a tenu à rassurer les investisseurs présents. "Maintenir nos marques est un véritable atout pour Stellantis. C’est d’ailleurs le fondement du plan FaSTLAne 2030. DS continuera donc d'exister en tant que marque. Mais nous devons revenir sur ce qui a été son succès par le passé et davantage nous appuyer sur des synergies pour lancer de nouveaux modèles", a-t-il expliqué.

 

Enfin, le patron de Stellantis Europe a donné rendez-vous à la prochaine édition du Mondial de Paris, qui se déroulera du 12 au 18 octobre 2026. "Nous y serons présents en force et ce sera d'ailleurs l'occasion d'y découvrir de nouveaux modèles."

 

(avec Robin Schmidt)

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