Peugeot, Opel, Leapmotor… dans les coulisses de l’usine Stellantis de Saragosse

Si quelques incertitudes planaient, l’avenir de l’usine de Figueruelas, près de Saragosse en Espagne, est désormais assuré, a minima, jusqu’en 2032. Le patron de Stellantis, Antonio Filosa, a acté la mise en production de cinq nouveaux véhicules dont trois n’étaient pas initialement prévus avant le plan stratégique FastLane 2030.
Leapmotor, le partenaire providentiel
Depuis le départ fin 2024 de Carlos Tavares, son successeur italien s’est attelé au dossier brûlant de la surcapacité des usines européennes du groupe. Dans ce contexte, Leapmotor lui a enlevé une sacrée épine du pied puisque celui-ci utilisera plusieurs usines de Stellantis afin d’éviter les taxes douanières de l’Union européenne.
Ce sera le cas de Saragosse et de Madrid en Espagne ainsi que de Pomigliano d’Arco en Italie, comme Le Journal de l’Automobile l’a révélé le 30 juin 2026. Sur le site italien, les futures Citroën 2CV et Fiat Pandina seront produites aux côtés de la Leapmotor T03.
Réorganisation de l’usine de Saragosse
La fabrique espagnole comprend deux systèmes de production (ou lignes d’assemblage) que Stellantis doit, de ce fait, réorganiser. Dans le cadre de l’arrivée de la nouvelle plateforme électrique STLA Small (rebaptisée STLA One en mai 2026), des travaux ont déjà eu lieu entre octobre 2025 et mars 2026 sur la ligne 1.
Depuis début mars 2026, ils se poursuivent dans le système 2, et ce jusqu’au mois d’août, dans le but de préparer la production des modèles sur base Leapmotor.
La fabrication du Leapmotor B10 débutera au mois d’octobre prochain à un rythme de 300 véhicules par jour. Les équipes industrielles travaillent actuellement sur celle de la B05 dont le début de production est fixé au troisième trimestre 2027.

Actuellement, le Leapmotor B10 commercialisé en France provient de Chine. À partir du mois d’octobre 2026, il aura l’étiquette made in Europe puisqu’il sera produit dans l’usine Stellantis de Saragosse, en Espagne. ©Leapmotor
Quelques mois plus tard, les B05 et B10 seront rejoints par le nouveau C-SUV d’Opel conçu sur la même base chinoise LEAP 3.5 (versions électrique et prolongateur d’autonomie). Si son patronyme reste inconnu, ce modèle plus imposant prendra la suite de l’actuel Mokka dont la carrière sera stoppée fin 2028, en raison de l’arrêt des activités d’assemblage du site de Poissy (78) en région parisienne.
Cinq modèles Stellantis sur la ligne 1
Vous avez bien compté, ce ne seront pas trois mais cinq modèles du groupe Stellantis qui seront assemblés au sein du système 1. Actuellement, ce dernier produit la Lancia Ypsilon, l’Opel Corsa et la Peugeot 208, les trois sur la plateforme CMP, à une cadence de 1 200 véhicules par jour.
Si l’italienne est prévue jusqu’en 2030, son avenir s’inscrit en pointillés. À cette échéance, la citadine n’apparaît plus dans les plans de Lancia qui désertera le segment B à la lecture du programme FaSTLAne.
Pour ses cousines allemande et française, l’affaire est différente car les nouvelles Opel Corsa et Peugeot e-208 ne les pousseront pas à la retraite. En effet, la version SP1 (dédiée aux citadines) de la nouvelle plateforme STLA One n’étant proposée qu’en électrique, les deux constructeurs maintiendront les modèles actuels pour disposer d’une offre hybride à leur catalogue jusqu’au moins en 2032.
Selon nos informations, les actuelles Opel Corsa et Peugeot 208 seront intégralement redessinées vers la fin 2027-début 2028. Règlement européen sur les émissions de CO2 oblige, elles inaugureront un nouveau système hybride combinant le trois-cylindres 1.2 (EB2 Génération 3) et une évolution de la boîte automatique électrifiée Punch Powertrain disposant d’une machine électrique plus puissante.

La future Peugeot e-208 s’inspirera des lignes du concept Polygon. Elle inaugurera la plateforme STLA One à partir de juillet 2027. ©Peugeot
Autre petite indiscrétion qui a son importance, la nouvelle version restylée (rebaptisée 208+ ?) ne sera produite qu’en Aragon (Espagne), alors qu’une partie des 208 actuelles sortent de l’usine de Kénitra au Maroc.
Les futures Peugeot e-208 et Opel e-Corsa en décalé
Ainsi, la ligne 1 de l’usine espagnole produira en parallèle l’actuelle et la nouvelle plateforme de Stellantis. C’est la future Peugeot e-208 qui inaugurera la base STLA One avec un start of production (SOP) en juillet 2027. Néanmoins, la phase 0 (fabrication des prototypes) a débuté à Sochaux (25) en avril 2026 alors que la phase 1 de l’industrialisation débutera la semaine du 19 octobre 2026 en Espagne.
Pour afficher un ticket à 25 000 euros, la française aura recours à une batterie LFP produite localement à Saragosse par CSE (Contemporary Star Energy), une joint-venture entre CATL et Stellantis. De plus, EMotors (issue de la coentreprise entre Stellantis et Nidec) dont la production est basée à Trémery, près de Metz (57), a été mise en concurrence avec des fournisseurs chinois de moteurs électriques.
Résultat des courses, c’est JJE (Jing-Jin Electric Technologies) qui équipera les e-208 et e-Corsa. Pour cette dernière, la mise en production a été légèrement décalée de février à avril 2028 afin d’intégrer le lancement du SUV de segment C. En revanche, le projet du retour d’une DS N°3 n’est plus d’actualité du côté de Saragosse.
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