La Leapmotor T03 sera produite en Italie avec les futures Citroën 2CV et Fiat Pandina

À défaut de convaincre les investisseurs et les analystes, le plan stratégique du patron de Stellantis, Antonio Filosa, a eu le mérite de redonner du baume au cœur aux inconditionnels de la marque française.
Avec l’annonce du retour de l’iconique 2CV, Citroën s’offre le moyen de redorer ses chevrons entachés par ses déboires techniques (airbags Takata, moteurs 1.2 PureTech et 1.5 BlueHDi, soucis électroniques de la C3…). Depuis le 22 mai 2026, le compte à rebours a été lancé en interne et chez les fournisseurs.
La Citroën 2CV, star des prochains salons de Paris
En octobre 2026, la marque capitalisera sur la sympathique Deudeuche en dévoilant un concept car à l’occasion du Mondial de l'Auto. Selon nos sources, c’est le même qui a été présenté le 22 mai à une poignée de privilégiés (investisseurs et analystes) à la sortie de la présentation du plan stratégique FaSTLAne 2030 à Auburn Hills, aux États-Unis.
Si ce show-car donnera des indications sur le design de la future citadine, le style de la 2CV 2028 (code interne E0J) est encore en discussion avec trois propositions sur la table. Le salon parisien sera un test grandeur nature pour recueillir les réactions du grand public avant que Xavier Chardon, directeur général de Citroën, tranche rapidement.
Pile deux ans plus tard, le modèle définitif fera sa première mondiale à l’occasion des 80 ans de la présentation de son aïeule au salon de Paris en octobre 1948. Tout un symbole !
Leapmotor, l’invité surprise
Une voiture électrique fabriquée en Italie, vendue sous la barre des 15 000 euros (soit 2 000 euros de moins que l’actuelle Dacia Spring produite en Chine) et conçue en deux ans… Le cahier des charges est, sur le papier, un tour de force.
Mais Antonio Filosa a un atout majeur dans sa manche : son partenaire chinois Leapmotor. Lors de la présentation du plan stratégique, le patron italien a semé un indice au détour d’une slide qui présentait non pas deux mais trois E-cars. Aux côtés des futures Citroën 2CV et Fiat Pandina, certains ont rêvé d'une éventuelle déclinaison pour Opel.

Au cours de la présentation du plan stratégique, Stellantis a dévoilé trois modèles d'E-cars. Les deux premiers ont été officiellement annoncés, le troisième est la Leapmotor T03 restylée. ©Stellantis
Ce troisième modèle n’est autre que la version remaniée de la Leapmotor T03, lancée en Chine en 2020. Sous l’ère Tavares, la citadine avait déjà été assemblée de juin 2024 à avril 2025 à partir de pièces importées de Chine dans l’usine polonaise de Stellantis, à Tychy.
Le tour de passe-passe polonais pour être éligible à l’écoscore n’avait pas berné les autorités françaises et européennes. Cette fois-ci, la Leapmotor T03 sera produite localement en Italie, dans l’usine de Pomigliano d’Arco, sur la même ligne que la Citroën 2CV et que la Fiat Pandina, régionale de l’étape.
Une aubaine pour Stellantis
D’un côté, Stellantis a besoin d’assurer l’avenir de l’usine de Naples qui perdra la production du remplaçant de l’Alfa Romeo Tonale en 2028 (fabriqué à Melfi) alors que le programme de berlines compactes sur la base STLA One pourrait se limiter à l’Alfa Romeo Giulietta, orpheline de la Lancia Delta.
À l’image de Renault avec la Twingo, le groupe Stellantis n’est pas en mesure de développer une citadine à un prix de revient fabrication (PRF) aussi bas et dans un délai aussi court. Les chinois, oui. De l’autre, Leapmotor poursuit son implantation industrielle sur le Vieux Continent pour échapper aux taxes sur les produits chinois importés. La T03 rejoindra les B05 et B10 qui seront produites à compter de 2027 dans l’usine Stellantis de Saragosse et, les A05 et B03X dans celle de Madrid.
Par conséquent, Leapmotor pourrait bénéficier des avantages de la nouvelle catégorie M1E qui est en cours de négociation dont le principal est le supercrédit de 1,3 (les constructeurs espèrent 1,5) dans le calcul des émissions de CO2 CAFE. En contrepartie, les constructeurs éligibles devraient renoncer au Green Steel et au pooling, selon des analystes de l’industrie automobile.
Grogne en interne
Par conséquent, les futures 2CV et Fiat Pandina seront donc conçues sur la base technique de la T03, ce qui, au passage, donne une idée des dimensions des deux E-cars européennes (3,62 m de long et 2,40 m d’empattement).
Il n’est pas exclu qu’une grande partie de la structure soit commune pour réduire les coûts de développement et d’outillage. Dans le même registre, Stellantis profitera de tout l’écosystème de son partenaire auprès des équipementiers asiatiques. En toute logique, la T03 partagera sa chaîne de traction électrique, notamment le moteur de 95 ch.

Au second semestre 2028, Citroën commercialisera une nouvelle 2CV qui est en cours de développement sur la base de la Leapmotor T03. ©Image générée par l'IA/Gregory Pelletier
En revanche, la capacité de la batterie de la Leapmotor (37,5 kWh) sera revue à la baisse. Les spécificités devraient être proches de l’actuelle batterie LFP de 30 kWh de l'ë-C3, avec un objectif de 250 km d’autonomie. Si le projet galvanise le constructeur, les ingénieurs maison ne partagent pas le même enthousiasme au regard des délais réduits et de la nécessité de recourir à un important carry-over d’origine chinoise.
Une proposition néorétro inédite
Depuis l’annonce du retour de la 2CV, observateurs et grand public idéalisent cette version moderne en la comparant aux Fiat 500, Mini ou Renault R5. Ces derniers ont pour point commun d’être plus haut de gamme que le modèle originel qu’ils ont remplacé.
Dans le registre néorétro, la proposition de Citroën est inédite car elle conservera l’esprit simple et bas de gamme de son aînée. La difficulté de cette équation impose des choix drastiques en matière de coûts qui ne laisseront aucune place aux fioritures en raison du niveau de prix.
D’ailleurs, la communication du constructeur français prépare déjà le terrain en parlant d’un "modèle inspiré de l’esprit de la légendaire 2CV" ou que cette nouvelle 2CV est "plus qu’une simple réédition".
Comprenez que la nouvelle 2CV n’est pas une copie moderne de l’ancienne mais une nouvelle vision de la citadine simple et accessible dont le style fera des références au passé. Mis à part ses deux cousines, elle sera sans concurrence car les nouvelles Dacia Spring et Renault Twingo sont plus onéreuses, alors que la future Dacia Hipster ne proposera pas les mêmes prestations puisqu’elle répondra à la catégorie L7 des quadricycles lourds.
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