S'abonner
Constructeurs

Stellantis : l'usine de Trémery devient le centre névralgique des moteurs électriques

Publié le 20 décembre 2022

Par Catherine Leroy
4 min de lecture
L'usine Stellantis de Trémery, près de Metz (57), a inauguré la première ligne de production de moteurs électriques de la coentreprise Emotors, réalisée avec Nidec. D'ici trois ans, un million de moteurs vont équiper les véhicules électriques du groupe.
L'usine de Stellantis de Trémery, près de Metz (57), a inauguré sa première ligne de production de moteurs électriques issus de la co-entreprise Emotors.

Berceau de la production des moteurs diesel, l'usine de Trémery, près de Metz (57), vit une nouvelle révolution. Le site historique de l'ex-groupe PSA accueille officiellement la production des moteurs électriques qui vont équiper, dès 2023, la nouvelle DS 3 E-Tense, les Peugeot e-208, l'Opel Mokka Electric mais aussi la première Jeep électrique, l'Avenger, présentée au Mondial de l'automobile.

 

"Savoir que la première Jeep électrique sera équipée d'un moteur fabriqué à Trémery est une particularité savoureuse", a précisé Carlos Tavares, dirigeant de Stellantis, lors d'une rencontre avec la presse.

 

Dès 2023, la première ligne de production devrait atteindre 200 000 moteurs mais l'objectif visé est d'arriver à un million de moteurs produits par an en 2024. La particularité de ces nouveaux moteurs faits maison est d'offrir un meilleur rendement en réduisant les pertes énergétiques. Par exemple, la DS3 E-Tense équipée du moteur M3 BEV, couplé à une nouvelle batterie, permettra d'offrir une autonomie de 400 km, soit 63 km de plus que la précédente version, dont 19 km grâce à ce moteur.

 

Carlos Tavares lors de l'inauguration de la ligne de production Emotors à Trémery (57).

 

 

 

 

Deux autres gammes de moteurs y seront également assemblées : la M4 pour une puissance allant jusqu'à 250 kW et la M2 pour des plus petits moteurs allant de 20 à 100 kW. 100 millions d'euros ont été investis sur le site avec la participation de la BPI, de la BNP et de l’État. Un soutien qui pourrait être complété dans le cadre de l'appel à projets, financé dans le cadre du plan France 2030. Jusqu'à présent, Stellantis intégrait des moteurs produits en Chine par Vitesco Technologies.

 

Un investissement minimum

 

Un niveau d'investissement minimum qui devrait permettre d'atteindre rapidement la rentabilité de ces lignes de production. "La rentabilité d'une usine comme celle-ci s'apprécie en écart par rapport au benchmark.  Mais la grande question est de savoir si le coût total du véhicule nous permet de proposer des prix abordables avec des niveaux de rentabilité qui nous satisfont. La déclinaison des objectifs est faite de telle sorte que pour un coût total de fabrication déployé par organe, on préserve des marges. Normalement avec un million de moteurs, le ratio doit être bon", observe Carlos Tavares.

 

D'autant que d'ici 2025, le groupe a acté la décision que chaque site de production soit autonome en production d'énergie, pour 50 % de ses besoins, même si Carlos Tavares estime que l'inflation en matière d'énergie devrait être transitoire, surtout en France.

 

C'est donc en grande pompe que le site de production a été inauguré le 19 décembre 2022, par le ministre de l'Industrie, Roland Lescure, le président de la région Est, Jean Rottner, des parlementaires et les dirigeants du groupe.

 

Issue de la co-entreprise avec Nidec, Emotors voit ainsi la production de son moteur M3 monter en cadence. 180 personnes sont employées par la société aux côtés des 2 500 salariés Stellantis de l'usine de Trémery qui continuent de produire deux moteurs diesel et un essence.

 

"L'usine de Trémery est représentative du combat que le groupe mène afin de proposer une mobilité propre et abordable, car il existe toujours un écart de prix entre le véhicule thermique et électrique de près de 40 %", a tenu à rappeler Carlos Tavares. Au fur et à mesure de la montée en cadence des lignes de production du moteur électrique, des salariés de Stellantis viendront grossir les rangs d'Emotors.

 

Opportunités pour les salariés

 

"Nous avons encore 13 ans avant le passage au véhicule électrique, jusqu'en 2035, date à laquelle les représentants du peuple européen ont décidé d'arrêter la vente de voitures thermiques. Nous verrons à quel rythme cette transition s'effectue. Les salariés doivent prendre toutes les opportunités pour faire partie de cette révolution", a-t-il poursuivi.

 

Si le prix des voitures électriques ne baisse pas et qu'elles ne sont pas adoptées par les classes moyennes, Trémery pourra continuer à produire des voitures mild hybrides. "Nous essayons de créer une espèce de vase communicant qui fasse qu'à l'arrivée on trouve des solutions pour tout le monde", a prévenu Carlos Tavares.

Partager :

Sur le même sujet

Laisser un commentaire

cross-circle