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Constructeurs

Rentabilité réseaux 2023 : une année morose chez Stellantis

Publié le 11 avril 2024

Par Christophe Bourgeois
6 min de lecture
Alors que le groupe Stellantis a dégagé des milliards d'euros de profit, la rentabilité au sein du réseau français a été assez faible. En moyenne, Peugeot n'a pas réussi à atteindre les 1 %, tandis que les marques ex-FCA et surtout Citroën dégringolent. Seule Opel a fait mieux que l'année dernière.
En 2023, la rentabilité au sein des marques du groupe Stellantis a été très moyenne. ©AdobeStock-Rafale Henrique

Citroën et DS Automobiles : à la peine…

2023 aura été une très mauvaise année pour Citroën. La marque n’a immatriculé que 125 932 voitures, en baisse de 3 %, pour ne représenter que seulement 7,1 % de part de marché, une pénétration à peine supérieure de celle de Volkswagen (6,8 %).

 

©DR

 

Dans ce contexte, la rentabilité moyenne annoncée par le réseau est de… 0 %. "Cette rentabilité nationale cache une très forte disparité, relate un distributeur. Si les premiers quartiles ont été dans le vert, avec une rentabilité moyenne de 0,5 % voire 1 % pour certains, le dernier quartile a été clairement dans le négatif, avec des rentabilités de - 2 à - 3 %." 

 

Une des raisons de ces résultats est à aller chercher dans la restructuration du réseau que connaît Stellantis, en général, et Citroën, en particulier. "Certains entrepreneurs qui cédaient leurs affaires n’ont pas forcément eu toute l’énergie nécessaire, d’autant plus que la gamme a été compliquée à vendre", poursuit‑il.

 

Ce à quoi il faut ajouter tous les problèmes communs aux marques de Stellantis, les soucis de livraison, l’envolée des frais financiers, un soutien du constructeur réel, mais tardif et des stocks VO qui s’amoncellent.

 

Chez DS Automobiles, la situation est légèrement meilleure. Le réseau parle d’une rentabilité moyenne de 0,8 %, ce qui reste très faible pour une marque premium. En outre, il semble crouler sous les DS 7 qui ne trouvent pas preneur.

Fiat, Abarth, Alfa Romeo et Jeep : pas en forme

 

©Adobe Stock

 

La rentabilité pour FCA (Abarth, Alfa Romeo, Fiat et Jeep) n’est pas au beau fixe. "Elle est de 0,19 %, lâche le groupement. Elle aurait pu être plus importante, car nous avons livré plus de voitures qu’en 2022, mais nous avons été plombés par les frais financiers et une partie du réseau n’a pas atteint les primes qualité, ce qui est chez nous une forte source de rémunération. 

 

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Autre problème, les retours des buy‑backs qui sont aujourd’hui à des valeurs trop élevées, alors que le marché a baissé, surtout à la fin de l’année dernière. En revanche, l’après‑vente reste stable. En 2024, le réseau a beaucoup d’attentes avec la Pandina, qui est en fait la version actuelle de la Panda, « une demande faite par le réseau de la conserver dans la gamme », et l’arrivée de la nouvelle génération de la Panda, qui sera électrique dans un premier temps et qui sera financièrement très bien placée.

 

Opel : le réseau retrouve – un peu – des couleurs

 

Comme pour les autres marques de Stellantis, les trois premiers quartiles du réseau Opel ont connu une "très bonne année, relève le groupement, mais cela a été plus compliqué pour le reste". Ceci étant dit, le réseau a dégagé une rentabilité de 0,4 % au lieu de 0,1 % l’année dernière où il avait fait les frais de son intégration au sein du groupe Stellantis.

 

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"Nous avons observé une nette amélioration sur le second semestre avec une volonté claire de Stellantis de revenir sur le devant de la scène, qui nous a donné des moyens pour travailler et aller faire de la conquête", poursuit le réseau. 

 

Reste que l’explosion des frais financiers fragilise le retour d’Opel. "Ces derniers peuvent représenter jusqu’à 0,7 à 1 % du chiffre d’affaires", indique le groupement. Une situation économique très tendue qui oblige les réseaux à mieux gérer leur stock aussi bien de VN que de VO, d’autant plus que sur ce dernier sujet, les valeurs de reprise ont été trop élevées.

Peugeot : une rentabilité qui fait le grand écart

 

©Adobe Stock

 

Double discours chez Peugeot. Si Stellantis ne communique pas sur des chiffres précis, le constructeur indique néanmoins que la rentabilité avoisine les 2 %, ce qui serait un excellent résultat comparé au 1,4 % de l’année dernière et surtout par rapport à des immatriculations en baisse de 1,7 % dans un marché en progression de 16,1 %.

 

Pour le réseau, le compte n’y est donc pas. "Nous constatons une rentabilité de seulement 0,8 %, contredit le groupement. Elle a été très dégradée à cause des coûts financiers liés au portage des stocks. Certes, le constructeur a réagi fin 2023 avec un portage à 180 jours, mais cela a été trop tard pour sauver l’année." 

 

Le réseau a également souffert des problèmes de livraison : "Nous avions les véhicules dans la cour mais nous ne pouvions pas les livrer aux clients, alors que les voitures étaient déjà payées au constructeur ". 

 

Avec une part de marché de 13,6 % en 2023, le réseau estime que la marque Peugeot n’est pas au niveau où elle devrait se situer, « autour des 17 à 18 % ».

 

Autres griefs : les faibles marges sur les voitures électriques (seulement 4 % selon nos informations) et des stocks VO qui ne cessent d’augmenter avec des valeurs de reprise trop élevées par rapport au marché. Et pour 2024, le réseau n’est pas très optimiste. L’euphorie des ventes liées au leasing social passée, les commandes seraient en baisse.

 

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