Opel s’engage dans un projet inédit avec Leapmotor

Après dix ans d’absence, Opel a fait son grand retour lors de la 91e édition du Mondial de l’Auto. Pour fêter l’occasion, la marque allemande ne vient pas les mains vides à Paris. Elle expose, entre autres, sa nouvelle Corsa GSE, déclinaison sportive de la citadine 100 % électrique, sur son stand. Le Blitz profite également du salon parisien pour montrer la GSE 27FE, sa monoplace engagée dans la prochaine saison de Formule E.
Mais les regards des visiteurs sont surtout tournés vers le nouveau concept car d’Opel, qui prend le nom de STX Concept. Sans préfigurer un modèle de série, il a néanmoins pour objectif de donner un aperçu de la vision de la marque pour ses futurs breaks, faisant ainsi référence à la prochaine génération de l’Astra Sports Tourer.
"Nous sommes ravis de revenir au Mondial de l’Auto après plusieurs années d’absence et de contribuer à nouveau à ce bel événement. Nous avons préparé le terrain pour la prochaine génération de modèles et ce salon nous permet d’en donner un premier aperçu", glisse Florian Huettl, patron d’Opel.
Mais pour le dirigeant, l’enjeu dépasse celui du simple renouvellement des modèles. Le constructeur allemand doit également adapter son organisation industrielle, maîtriser ses coûts et accélérer le développement de ses véhicules dans un marché européen soumis à une pression concurrentielle croissante. Autant de chantiers qui doivent lui permettre de consolider sa place au sein de la galaxie des marques Stellantis.
Une Corsa 100 % électrique à 25 000 euros
Opel, qui a annoncé le lancement de quatre nouveaux modèles d’ici à 2030, entend pour l’heure concentrer ses efforts sur deux voitures, dont le développement a d’ailleurs déjà débuté. La première sera la prochaine Corsa 100 % électrique, attendue en 2028. Elle reposera sur la plateforme STLA One mais aussi sur l’architecture électronique STLA Brain du groupe Stellantis, comme la future e-208.
"Nous prévoyons une batterie LFP et deux niveaux d’autonomie. Une première version répondra aux besoins des conducteurs qui parcourent 20 à 30 km par jour, tandis qu’une batterie offrant plus de 400 km d’autonomie couvrira des usages plus étendus", détaille Florian Huettl.
Pour sa citadine 100 % électrique, Opel vise également un prix de départ autour des 25 000 euros. Un objectif qui impose des choix techniques précis sur un segment B particulièrement sensible au prix. "Pour proposer une voiture entièrement électrique à 25 000 euros, nous devons optimiser le produit autour de cette motorisation", précise le patron d’Opel.
Cette offre 100 % électrique ne signifie toutefois pas la disparition immédiate de la motorisation thermique, Florian Huetll ayant confirmé qu’Opel conservera dans un premier temps l’actuelle Corsa thermique. "Notre stratégie consiste à laisser le choix au client tant que cela reste économiquement viable, compatible avec la réglementation et en phase avec la demande. Nous étudions également la possibilité de renouveler une Corsa thermique afin de maintenir cette offre plus longtemps", ajoute-t-il.
Leapmotor, un levier pour accélérer le développement
Le second projet confirmé par le Blitz est un SUV du segment C d’environ 4,50 m de long, codéveloppé avec Leapmotor, la marque chinoise du groupe Stellantis. Sa particularité réside dans son mode de développement, mené conjointement par les équipes d’ingénierie d’Opel et celles de Leapmotor en Chine.
"Nous souhaitons réunir le savoir-faire d’Opel en matière de châssis, de direction et de comportement routier, avec les compétences de Leapmotor dans les batteries, les motorisations électriques et l’architecture électronique", explique le dirigeant.
Comme l’Opel Corsa, le modèle sera produit dans l’usine de Saragosse, en Espagne, sur une ligne appelée à accueillir également plusieurs véhicules du constructeur chinois. Le futur C-SUV sera d’ailleurs lancé dans un premier temps en version 100 % électrique. Mais d’autres possibilités pourront être étudiées ultérieurement, à l’image de la technologie REEV, déjà utilisée par Leapmotor.
En parallèle, le calendrier constitue un autre enjeu. Le développement du modèle a en effet commencé à la fin du premier semestre 2026 et Opel vise une durée de deux ans, soit une échéance en 2028. Au-delà de ce projet, Florian Huettl espère surtout que cette coopération permettra de réduire durablement les cycles de développement de la marque.
"Nous nous sommes engagés sur un projet assez inédit avec Leapmotor. Ce que je peux vous dire aujourd’hui, c’est que ça va très vite. Mais il est encore trop tôt pour mesurer précisément les gains que nous pourrons obtenir dans la durée", souligne-t-il.
Rüsselsheim au cœur de la stratégie industrielle
La prochaine génération de l’Astra figure également dans les projets de la marque. Au Mondial de l’Auto 2026, Opel a ainsi présenté le STX Concept, une étude stylistique qui doit illustrer les prochaines évolutions du design du Blitz. Son nom fait d’ailleurs référence aux modèles Sports Tourer, dont l’Astra Sports Tourer constitue l’actuel représentant de cette famille chez le constructeur allemand.
"Le STX Concept livre un aperçu de la prochaine génération de breaks Opel. C’est une carrosserie qui est chère aux Allemands et qui est historiquement importante pour la marque, notamment sur les marchés où il répond à des usages professionnels et familiaux. Nous voulons donc faire entrer le break dans une nouvelle ère et nous avons d’ailleurs déjà confirmé que la prochaine Astra, qui sera encore produite à Rüsselsheim, sera toujours proposée avec cette carrosserie", résume Florian Huettl.
Pour pouvoir produire la prochaine génération de l’Astra dans l’usine de Rüsselsheim, Stellantis a ainsi annoncé à l’été 2026 un investissement de plus d'un milliard d'euros en Allemagne. "C’est un signal important dans un contexte où la compétitivité de l’industrie allemande et les surcapacités industrielles soulèvent de nombreuses questions. Cet investissement va donc notamment permettre à l’usine d’accueillir la nouvelle plateforme STLA One", se réjouit le patron d’Opel.
Mais l’investissement annoncé concerne également la construction en cours du nouveau siège social mondial d’Opel, toujours à Rüsselsheim, où la marque est née et produit des voitures depuis 127 ans. Le site fera d’ailleurs également office de quartier général pour Stellantis Allemagne. Le programme annoncé prévoit de faire évoluer ce site historique de 220 hectares vers un "campus industriel moderne adapté aux besoins futurs de l’entreprise", intégrant en plus du nouveau siège social, baptisé "grEEn-campus", de nouveaux centres de R&D et de design.
Un nouveau Mokka confirmé, mais sans calendrier
De son côté, l’avenir de l’Opel Mokka est un sujet plus sensible, notamment dans le contexte de la reconversion du site de Poissy (78), où le modèle est actuellement assemblé aux côtés du DS3 Crossback. L'usine cessera en effet de produire des voitures après 2028 pour être reconvertie vers l'économie circulaire et des activités industrielles de niche.
Cependant, Florian Huettl confirme que le B-SUV au Blitz aura bel et bien un successeur. "Il y aura un nouveau Mokka", affirme-t-il, sans toutefois préciser sa date de lancement ni son futur lieu de production. Une chose reste néanmoins sûre, le futur Opel Mokka ne figure pas parmi les quatre modèles annoncés d’ici à 2030.
"C’est un produit extrêmement important pour Opel. Il a posé les bases de l’expression stylistique actuelle de la marque et reste l’un de nos modèles les plus attractifs pour conquérir de nouveaux clients. Près des deux tiers des clients du Mokka sont en effet de nouveaux d’Opel", atteste le dirigeant. Avant de conclure : "Le projet de reconversion du site de Poissy sera aligné sur le changement de génération et l’évolution de l’industrialisation du Mokka."
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