Leasing social 2025 : les constructeurs français en terrain conquis

Ce n’est plus qu’une question de jours avant la fin de la deuxième édition du leasing social. Lancé fin septembre 2025, le dispositif du gouvernement à destination des ménages modestes comptait, au 30 décembre 2025, près de 49 600 dossiers validés sur les 50 000 prévus, selon le ministère de la Transition écologique à l’AFP. D’après nos informations, sur le nombre de dossiers validés, environ 15 000 véhicules restent encore à immatriculer. Alors, quel bilan tirer de cette saison 2 pour les constructeurs ?
En 2024, pour la première année de cette aide, 50 000 demandes de dossiers avaient été déposées en l’espace de six semaines, forçant le gouvernement à clôturer le dispositif dès le mois de février. L'offre de location de voitures électriques comprise entre 100 et 200 euros par mois avait créé un réel attrait chez les automobilistes aux revenus modestes. Cet engouement a poussé de nombreux spécialistes du secteur automobile à estimer que le quota des 50 000 dossiers de cette deuxième édition serait franchi en l’espace de quelques jours. Finalement, il aura fallu trois mois pour atteindre la limite.
Un délai rallongé qui ne traduit pas un manque d’intérêt des ménages, mais une recherche d'informations de leur part. De plus, les critères d’éligibilité étaient moins souples que ceux de la première mouture. En effet, pour bénéficier du leasing social en 2025, il faut disposer d’un revenu fiscal de référence par part inférieur ou égal à 16 300 euros et habiter à plus de 15 kilomètres de son lieu de travail en utilisant sa voiture personnelle pour s’y rendre, ou parcourir plus de 8 000 kilomètres par an avec son véhicule personnel dans le cadre de son activité professionnelle.
Notons que l'arrêté relatif au leasing social pousse la date de fin du dispositif au 30 décembre 2030. Par ailleurs, la barre des 50 000 véhicules pourrait potentiellement être dépassée. En effet, la fin du leasing social ne se limite pas à un nombre précis de véhicules, mais dépend de l’épuisement de l’enveloppe de 350 millions d’euros allouée par le gouvernement. Selon nos informations, cette dernière n’aurait pas été totalement consommée, les dossiers concernant principalement des véhicules à prix bas. "Certes, le nombre devrait dépasser les 50 000 dossiers, mais cela ne va pas prendre des mois. Il n’y a que quelques centaines de véhicules qui devraient être ajoutés", précise une source proche du dossier. Cette dernière indique que le comptage n’est pas bloqué et ajoute que 50 700 dossiers seraient potentiellement d’ores et déjà validés.
Les constructeurs français en figures de proue du dispositif
Côté constructeurs, le bilan s'avère positif, comme l’année précédente. En 2024, lors de la première édition, le dispositif comptait 14 modèles. Parmi eux, Stellantis en proposait huit et représentait 70 % des dossiers. En 2025, une trentaine de modèles de douze marques sont éligibles. Le 22 décembre 2025, Stellantis s’est réjoui, par voie de communiqué, d’être le groupe le plus représenté dans le dispositif avec près de 23 400 dossiers validés, soit près d’un véhicule sur deux. Selon Xavier Duchemin, directeur de Stellantis France, il s’agit là d’un véritable "succès".
Peugeot arrive en tête des modèles du groupe, plébiscitée avec l'e-2008 et l'e-208. Vient ensuite Citroën avec l'ë-C3 et l'ë-C3 Aircross. La Fiat Grande Panda a également rencontré son public. Toutefois, le groupe n’a pas souhaité communiquer le détail des volumes.
De son côté, Renault est le premier constructeur à avoir communiqué dès la fin du mois d’octobre 2025. Selon nos sources, la marque au losange représente à elle seule près de 30 % des dossiers de cette seconde édition du leasing social, contre 23 % en 2024. En volume, cela correspond à entre 15 500 et 15 600 véhicules. Sans surprise, la Renault 5 – véhicule électrique le plus vendu en France – arrive en pole position avec près de 11 500 dossiers validés. Pour les deux autres modèles, environ 3 000 dossiers concernent la Renault 4 et 1 000 la Megane E-Tech.
Pour rappel, les best-sellers de la première édition avaient été la Peugeot e-208, la Renault Megane E-Tech, la Peugeot e-2008, la Renault Twingo E-Tech et la Citroën ë-C4. Les immatriculations liées au leasing social représentaient alors près d’un quart des immatriculations de véhicules électriques neufs par les ménages.
Un leasing social plutôt représentatif du marché français
Des marques françaises très présentes, mais qui n’étouffent pas pour autant les autres constructeurs. Au total, pour la marque Volkswagen, près de 3 500 commandes ont été réalisées, ce qui correspond – rapporté aux 50 000 commandes – à environ 7 % de part de marché. "Ce chiffre correspond aux performances de la marque sur le marché français, voire légèrement au-dessus de ce que nous réalisons habituellement sur le marché électrique", précise un porte-parole de la marque allemande.
Dans le détail, la marque de Wolfsburg a écoulé 1 500 ID.3 et 2 000 ID.4. "Sachant qu’il s’agit d’ID.4 équipées d’une petite batterie – ce qui n’est pas forcément le choix naturel des clients – cela prouve qu’une forte attractivité sur le prix des véhicules pousse les clients à s’orienter vers ce type de modèle", précise la marque. À ce stade, les véhicules n’ont pas encore été livrés, et Volkswagen assure prioriser les livraisons afin que les clients puissent recevoir leur véhicule d’ici mars-avril 2026.
Hyundai, de son côté, a misé sur son nouveau modèle, l’Inster, pour attirer de nouveaux clients. Une stratégie qui semble porter ses fruits, puisque la marque a enregistré plus de 1 000 commandes avec un seul modèle éligible, proposé à moins de 100 euros par mois. "Cette année, nous avons trouvé notre place dans le leasing social avec notre modèle écoscoré. L’offre a plutôt bien été perçue par le réseau de distribution, nous permettant de toucher de nouveaux clients et de consolider la performance de la marque qui, dans un marché en baisse, a malgré tout progressé", assure le constructeur coréen.
Concernant Ford, au 10 décembre 2025, la marque comptabilisait 1 763 commandes, dont 788 Puma et 975 Explorer. Le constructeur américain observe que 90 % des commandes ont été réalisées hors de la région parisienne, dont seulement 20 % dans les ZFE.
Rappel des montants de l’aide
Rappelons que cette édition est financée par les certificats d’économie d’énergie (CEE) et peut atteindre jusqu’à 5 700 euros pour les ménages les plus modestes, 4 700 euros et 3 500 euros pour les autres. Des montants maximaux indicatifs, susceptibles d’évoluer dans les prochains mois en fonction du cours des CEE. L’enveloppe totale allouée au dispositif s’élève à 350 millions d’euros pour 2025. Elle est renforcée pour les particuliers par un bonus supplémentaire de 1 200 à 2 000 euros pour les voitures électriques fabriquées en Europe et équipées d’une batterie produite en Europe.
En 2025, la reconduction du système s’est accompagnée de la création d’un "écoscore environnemental", qui a provoqué une "réorientation significative de la demande vers les véhicules fabriqués en Europe", alors que de nombreuses voitures non européennes – chinoises notamment – devenaient inéligibles au dispositif, a souligné la Direction générale des entreprises (DGE) dans une étude publiée début décembre 2025.
Une troisième édition pourrait bientôt voir le jour. "Tant qu’Emmanuel Macron sera président, et qu’il tient à ce dispositif, nous pouvons imaginer qu’avant la présidentielle de 2027, le leasing social fasse son retour. Ce n’est pas pour rien que l’arrêté du leasing social repousse la fin du dispositif à 2030. L’objectif étant qu’il y ait chaque année un leasing social", précise une source proche du dossier. Il est ainsi possible que le leasing social revienne à partir du deuxième ou troisième trimestre 2026.
Sur le même sujet
Laisser un commentaire
Vous devez vous connecter pour publier un commentaire.
