Une usine canadienne de Stellantis bientôt reconvertie dans la défense

Les tensions commerciales entre les États-Unis et le Canada ne sont pas que dans les discours. En effet, l'usine Stellantis de Brampton en a fait les frais.
Le site est à l'arrêt depuis 2023 après la fin de production de modèles Chrysler et Dodge. L'usine ontarienne devait recevoir le Jeep Compass mais le SUV de Stellantis a finalement migré aux États-Unis, sous la pression des droits de douane de Donald Trump.
Pourtant, Stellantis avait annoncé, le 2 mai 2022, un investissement de 3,6 milliards de dollars canadiens (2,7 milliards d'euros) pour moderniser et adapter aux véhicules électriques deux usines au Canada, dont celle de Brampton.
Avant l'arrêt de l'activité, ce site employait environ 3 000 personnes, selon les médias canadiens.
Dans ce contexte, "Stellantis confirme avoir conclu un accord préliminaire avec Roshel", un groupe de défense canadien.
Selon Stellantis, Roshel est en mesure "de restaurer une activité durable au sein de l'usine d'assemblage de Brampton".
Pour le syndicat Unifor, qui a suspendu ses négociations salariales avec Stellantis en raison de sa volonté de "fermer et vendre l'usine de Brampton", la signature de cet accord préliminaire avec Roshel "est un coup dévastateur porté à l'industrie canadienne".
Roshel envisage 2 000 emplois
Le patron de Roshel, Roman Shimonov, a assuré, dans une déclaration transmise à l'AFP, que le projet de son groupe pour cette usine était "ambitieux", qu'il prévoyait de créer "plus de 2 000 emplois" et de réembaucher en priorité des salariés de Stellantis. Le site doit notamment produire des véhicules militaires.
Roshel, société basée dans la ville de Brampton, fabrique notamment des véhicules blindés. Des centaines de ces véhicules ont été livrés ou vont l'être à l'Ukraine dans le cadre de l'aide militaire canadienne apportée à Kiev.
Si la transaction aboutit, ce serait un exemple de plus de la passerelle qui existe entre l'industrie automobile et celle de la défense.
Volkswagen vient d'ailleurs de trouver un accord pour vendre son usine d'Osnabrück, en Allemagne, avec projet de reconversion dans le secteur de la défense.
De plus, de nombreux constructeurs ont annoncé des investissements dans le secteur, tels que Renault, Mercedes-Benz ou le groupe VW.
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