Volkswagen engage la reconversion de son usine d'Osnabrück vers la défense

En difficulté, Volkswagen cherche à donner une seconde vie à son usine d’Osnabrück, en Allemagne, dont l’arrêt de la production de véhicules est prévu pour l’été 2027. Comme d’autres constructeurs, le groupe allemand se tourne vers le secteur de la défense pour reconvertir son site allemand. Un projet déjà évoqué par Oliver Blume, PDG de Volkswagen, qui se concrétise.
Ainsi, le groupe aux dix marques a déclaré être "parvenu à un accord" avec le Land de Basse-Saxe (où se situe l’usine), actionnaire influent du constructeur, et le fonds de capital-investissement israélien Aurelius Capital, sur "une éventuelle vente de sa filiale Volkswagen Osnabrück GmbH", qui exploite le site. Aurelius en deviendrait l’actionnaire majoritaire, selon un communiqué.
D’autres projets et partenariats à venir pour Volkswagen
Les deux acheteurs prévoient un premier projet de coopération avec l’Israélien Rafael Advanced Defense Systems pour "la possible fabrication de systèmes et de composants pour des systèmes de défense aérienne destinés à l’Allemagne et à l’Europe". Selon Volkswagen, "d’autres partenariats et projets" sont prévus dans le cadre de cette reconversion, qui permet de préserver en partie le site d’Osnabrück.
L’usine fabrique le modèle T-Roc Cabriolet de la marque éponyme, pour lequel aucun successeur n’avait été annoncé. Les carnets de commandes débordants des groupes de défense apparaissent comme des débouchés potentiels pour les usines sous-utilisées des constructeurs, face à une demande atone.
Aurelius Capital est présentée comme une société d’investissement dont le siège est situé à Tel Aviv, en Israël, qui développe des technologies dans "la défense, la cybersécurité, l’intelligence artificielle et les infrastructures critiques".
50 000 suppressions d’emplois d’ici à 2030
L’annonce intervient quelques jours après un accord historique trouvé entre actionnaires et représentants des salariés sur des économies massives à réaliser au sein du groupe Volkswagen, principalement chez la marque VW, afin de remonter la pente face aux vents contraires qui pèsent sur l’industrie automobile européenne.
Ce plan, qui prévoit 50 000 suppressions d’emplois supplémentaires dans le monde d’ici à 2030, en plus des 50 000 déjà décidées depuis 2024, suscite l’inquiétude des salariés du groupe quant au sort d’autres usines allemandes, à Emden, Zwickau, Hanovre et Neckarsulm. Une reconversion de ces sites vers d’autres activités n’a pas été évoquée, mais pourrait permettre de limiter la casse sociale.
1 400 emplois sauvés
Grâce à l’accord conclu lundi pour le site d’Osnabrück, l’emploi de 1 400 salariés, soit environ trois quarts des 1 800 salariés que compte le site à ce jour, est préservé. D’après un communiqué du comité d’entreprise de Volkswagen, avec les réductions d’effectifs qui étaient déjà prévues en raison des départs à la retraite et des dispositifs de préretraite, l’effectif du site devrait s’établir à environ 1 200 postes.
Pour ces derniers, "une garantie de l’emploi est appliquée jusqu’à fin 2029". "Il s’agit désormais de mener cette transition en étroite concertation avec les salariés et leurs représentants", a prévenu Christiane Benner, présidente du syndicat IG Metall, citée dans le communiqué de Volkswagen. Reste à savoir comment les salariés accueilleront cette réorientation vers l’industrie de défense, dans un pays où les courants pacifistes ont longtemps pesé dans le débat public.
D’autres constructeurs se tournent vers la défense
Également en difficultés, Mercedes-Benz a annoncé début juin 2026 le développement, en coopération avec la start-up allemande de défense Tytan, de systèmes de défense antidrones basés sur des véhicules.
Et d’après des informations de l’hebdomadaire Der Spiegel, le groupe franco-allemand KNDS serait en discussions pour reprendre une usine Mercedes-Benz à Ludwigsfelde, au sud de Berlin, pour y produire des véhicules blindés.
Les fournisseurs des constructeurs, rattrapés par la crise du secteur, cherchent également de nouveaux débouchés. Deux équipementiers français, Forvia et Valeo, ont par exemple annoncé cet été se lancer dans les drones militaires. (Avec AFP)
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