Oliver Blume, Volkswagen Group : "Pour réussir, tout le monde doit désormais s’engager"

Alors qu'Oliver Blume, le patron du groupe Volkswagen, tente toujours de faire approuver son plan, il a rencontré aujourd'hui les représentants du personnel sur le site historique à Wolfsburg (Allemagne).
Il a rappelé le contexte général : "Les droits de douane, les nouveaux concurrents et les risques géopolitiques : toute l’industrie automobile est soumise à une pression énorme." Mais le patron a également souligné que le groupe n'était pas resté les bras croisés.
"Nous avons réagi suffisamment tôt et commencé à réorienter le groupe et ses marques", a lancé Oliver Blume. Dans de nombreux domaines, nous sommes aujourd’hui plus solides que jamais. Nos produits se sont nettement améliorés en matière de technologie, de design et de qualité. Mais cela ne suffit pas encore. Nous devons réduire la complexité, simplifier résolument nos structures et diminuer nos coûts."
Et le patron confirme la pertinence du plan qu'il propose : "Nous savons ce qu’il faut faire : notre plan d’avenir est le plus grand programme de transformation de l’histoire de notre entreprise. Pour réussir, tout le monde doit désormais s’engager. Ce qui compte maintenant, c’est la rapidité, l’esprit d’équipe et la capacité d’action."
Même s'il avait qualifié la situation de "plus que critique" il y a quelques jours, Oliver Blume affirme que "le groupe Volkswagen est en mesure d’agir. Avec une marge opérationnelle de 3,8 %, nous avons certes dépassé des constructeurs qui nous devançaient encore récemment. Mais il faut aussi reconnaître une réalité : cela ne suffit pas pour financer notre avenir par nos propres moyens."
Pour remettre le groupe en bonne position face à la concurrence, il demande "moins de complexité dans nos processus, nos produits et nos structures. Plus de rapidité dans nos décisions. Plus de force de frappe face à la concurrence."
Et prévient : "Le directoire du groupe soutient pleinement cette orientation et est prêt à prendre les mesures nécessaires."
Des coûts 30 % supérieurs à des compétiteurs comparables
L'un des gros chapitres concerne la réduction des coûts, et notamment ceux hors production. "Autrement dit : le management, les fonctions du groupe, les fonctions centrales, le développement ou encore les ventes" ajoute le dirigeant.
"Le chiffre souvent évoqué d’environ 50 000 postes dans le monde ne constitue pas un objectif. Il s’agit d’un calcul théorique basé sur nos coûts. Aujourd’hui, nous nous situons environ 30 % au-dessus de la moyenne des entreprises comparables" explique Oliver Blume. "Il ne s’agit pas de devenir plus petit, mais plus fort."
La réduction des effectifs passera, selon lui, le plus souvent possible par "les départs à la retraite, les accords à l’amiable, le turnover naturel ainsi qu’une politique de recrutement restrictive. Et bien entendu, les dispositifs de retraite progressive."
"Selon l’état actuel des choses, environ la moitié des ajustements nécessaires concernera l’Allemagne, l’autre moitié l’international, au sein d’environ 170 sociétés", a précisé le patron.
Revoir les plans de charge des usines
Quant à l'éventuelle fermeture d'usine, notamment en Allemagne, Oliver Blume a fait le point : "Les marques ont reçu une mission claire : elles élaboreront, avec les usines, différents scénarios concrets. Notre objectif est de définir, dans les six à douze prochains mois, des perspectives solides pour l’ensemble des sites."
"Pour Emden, Hanovre, Zwickau et Neckarsulm, nous ne sommes pas encore en mesure de présenter aujourd’hui une activité compétitive pour les années 2030. Cela ne signifie toutefois pas que des fermetures d’usines aient été décidées. Elles restent toujours la dernière et la plus coûteuse des solutions", a encore indiqué Oliver Blume.
En guise de conclusion, Oliver Blume prévient : "Si nous poursuivions en Allemagne comme jusqu’à présent, nous subirions durablement un handicap d’environ 1,5 milliard d’euros par an. C’est précisément pourquoi nous sommes confrontés à une forte nécessité d’agir."
Les syndicats n'excluent pas des grèves
Les syndicats n'ont pas tardé à réagir au discours d'Oliver Blume. "On ne peut pas travailler avec un patron qui ne dit pas à ses salariés ce qu'il en est réellement !", a déclaré dans un communiqué Daniela Cavallo, présidente du comité d'entreprise, estimant que la confiance dans la direction, et en particulier dans M. Blume, était désormais "abîmée".
"Réduire les coûts ne constitue pas, à lui seul, une stratégie d'avenir", a affirmé le responsable régional d'IG Metall, Thorsten Gröger. Il a rappelé que les salariés avaient déjà consenti d'importants sacrifices et qu'ils contribuaient à hauteur de 1,5 milliard d'euros aux efforts de redressement.
"Volkswagen ne peut pas continuer à se rétrécir jusqu'au jour où les chaînes de montage finiront par s'arrêter", a-t-il martelé.
Les syndicats exigent désormais des garanties sur les investissements promis, les futurs modèles et la charge de travail des usines allemandes, accusant la direction de remettre en cause certains engagements pris lors des accords conclus en 2024.
"Si le directoire persiste à ne miser que sur les suppressions d'emplois et les coupes budgétaires, nous nous y opposerons de toutes nos forces", a averti Thorsten Gröger, alors que la perspective de mouvements sociaux, y compris de grèves, n'est plus exclue.
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