IAA 2026 : le futur de l'utilitaire devra aussi compter avec les constructeurs chinois
Au salon IAA Transportation d'Hanovre, l’utilitaire change de dimension. Entre renouvellement des gammes, accélération de l’électrique, offensive des constructeurs chinois, fourgons autonomes et nouveaux services connectés, les marques multiplient les annonces pour répondre à un marché en pleine mutation.
Stellantis a insisté sur l'importance qu'avait la division Pro One pour le groupe. "Au niveau mondial, nous sommes numéro 2 et nous avons enregistré une progression de 7 %", a souligné Emanuele Cappellano, directeur de Stellantis Europe élargie, lors de la conférence de presse. Nous détenons une part de marché de 28,7 % sur le continent et nous sommes leaders sur des marchés stratégiques comme la France, l'Italie, l'Espagne ou la Pologne."
"Nos six usines européennes tournent à plein régime, tient à rappeler de son côté Éric Laforge, à la tête de Stellantis Pro One. "Notre modèle K9 (Citroën Berlingo/Peugeot Partner/Opel Combo et Fiat Doblo) est le modèle le plus vendu de Stellantis, tous marchés confondus tandis qu'en Europe, nous sommes leaders sur le segment."
Stellantis Pro One a donc profité du salon pour présenter une nouvelle version de son K9. Ce dernier voit sa gamme remodelée, avec trois niveaux de finition, dont le premier, Smart, reçoit une nouvelle planche de bord inédite, conçue pour répondre aux besoins des professionnels qui utilisent leur véhicule comme bureau mobile avec un plateau très astucieux, appelé Modulotable.
Deux nouveaux modèles pour 2030
Néanmoins, Stellantis a bien conscience que son offre produits est l'une des plus anciennes du marché. D'ici la fin de la décennie, Stellantis compte donc renouveler deux modèles de sa gamme, qui en compte trois, sans pour autant donner les informations des segments concernés. "Ils reposeront sur la nouvelle plateforme STLA One et seront multiénergies", a présenté Éric Laforge, qui explique que "si la décision n'a pas été prise plus tôt, c'est parce que nous observions le marché et les évolutions de la réglementation".
Car l'électrique ne démarre pas aussi vite que prévu. "Nous n'observons pas la même progression que sur celle des véhicules particuliers, poursuit-il. Au printemps dernier, nous avons lancé en Europe une offre commerciale qui alignait le prix des modèles électriques à celui des thermiques. Nous avons doublé nos ventes, passant de 7 % à 15 % du mix énergétique. Mais il y a toujours 85 % des clients qui, sur cette période, ont continué à privilégier le thermique !"
Renault attaque l'électrique
En revanche, Renault mise à fond sur cette énergie. Le constructeur a présenté la version définitive du Trafic Van E-Tech electric. Reposant sur une nouvelle plateforme dédiée, il bénéficie d'une architecture 800 V, une première dans le monde de l'utilitaire, ce qui garantira des temps de recharge très rapides. Il peut ainsi récupérer 280 km en seulement 20 minutes. Renault annonce 470 km d'autonomie, voire 690 km dans le cadre d'un usage purement urbain. Il sera disponible en fourgon dans les mois à venir, ainsi qu'en châssis-cabine courant 2027.

Renault Trafic-Van E-Tech electric. ©Renault
Enfin, pour être complet, Kia a dévoilé le PV7, segment supérieur à celui du PV5, tandis que Volkswagen a présenté un restylage du Caddy.

Kia PV7. ©Kia
Les constructeurs chinois en force
Mais Hanovre fait également de la place aux constructeurs chinois qui montent en puissance dans l'utilitaire. Geely poursuit le développement de sa marque Farizon en constituant le maillage de son réseau. Les premiers noms seront communiqués dans les semaines à venir. La marque compte se lancer officiellement en novembre 2026.
Autre poids lourd de l'industrie de l'automobile, le groupe Chery. Alors que le constructeur a débarqué sur le marché français en avril dernier avec les marques Jaecoo et Omoda et ce mois-ci avec sa marque éponyme Chery, il a dévoilé sa marque d'utilitaires appelée Delivan. La gamme sera prochainement déployée en Europe, mais pour l'instant, aucune date n'a été communiquée pour la France. Rappelons que le constructeur a signé en avril dernier un partenariat avec le carrossier français Gruau.
Des fourgons autonomes
Le salon fait également la part belle à l'innovation. Stellantis a présenté BOW, le concept-car d'un fourgon autonome. "C'est un marché qui représente déjà 150 000 unités en Chine, rappelle Éric Laforge. D'ailleurs, Maxus dévoile aussi un engin de ce type sur son stand. Ce "Box on Wheels" se présente comme le futur des livraisons urbaines. "Nous voulons être prêts sur les modèles alternatifs", a insisté de son côté Emanuele Cappellano.
Réduire l'immobilisation des véhicules
Enfin, les constructeurs profitent de leur présence pour mettre en avant leurs prestations de service pour simplifier le quotidien de leurs clients. "Aujourd'hui, les interrogations des gestionnaires de flotte ne portent pas tant sur le TCO que sur les temps d'immobilisation de leurs véhicules", rappelle Éric Laforge. Ainsi, à l'instar de ce que Ford a lancé il y a maintenant trois ans en Europe, Stellantis Pro One va développer la plateforme Next qui, grâce à la data, permettra de réduire les temps d'immobilisation des véhicules.
"Nous avons lancé les tests de ce service au Royaume-Uni en avril dernier avec la Royal Mail, qui dispose d'une flotte de 18 000 véhicules, explique-t-il. Après, nous allons le déployer auprès d'autres opérateurs, tandis que nous le lancerons en France dans les mois à venir." À l'instar de ce que le constructeur a fait outre-Manche, Stellantis Pro One cherche actuellement un partenaire d'envergure.
Un service similaire a également été dévoilé par Renault. "Le programme Uptimize permettra de réduire jusqu'à 50 % le temps d'immobilisation des véhicules utilitaires en cas d'incident en utilisant les données des véhicules connectés et grâce à une prise en charge personnalisée", indique le constructeur.
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