Essai Leapmotor B03X : le prix ne pardonne pas tout

Le marché européen de l’électrique a trouvé son nouveau terrain de bataille, les SUV du segment B. Ils devraient en effet peser 18,6 % des ventes de véhicules électriques en Europe en 2026, contre seulement 10,9 % un an plus tôt. Soit plus de 500 000 voitures cette année, avec la perspective de franchir le cap du million à la fin de la décennie. Autant dire que personne ne veut laisser passer le train.
Leapmotor encore moins que les autres. Quelques mois seulement après la berline B05, sans doute son modèle le plus européen à ce jour, le constructeur chinois affilié à Stellantis remet déjà le couvert avec le B03X.
Avec une longueur de 4,27 m, le B03X s'inscrit parfaitement dans le segment qui ne cesse de voir ses modèles s'allonger. Si Leapmotor insiste bien sur la vocation urbaine de son véhicule, il a pour autant tous les attributs pour servir de première voiture dans les foyers.
Une belle habitabilité
À commencer par son habitabilité. Aux places arrière, l’espace dévolu aux passagers, notamment au niveau des jambes, est digne du segment supérieur. Si la banquette manque quelque peu de maintien, elle offre en revanche suffisamment de recul pour que les occupants puissent prendre leurs aises.
Cette habitabilité, on la retrouve également pour les bagages. Si les constructeurs chinois ne sont pas les champions sur ce sujet, on sent ici clairement la patte de Stellantis.
Emprunté au Ford Puma, le B03X dispose en effet d’un immense espace sous le plancher de coffre, d'une capacité de 105 l, ce qui permet de ranger une très grande valise. Au total, le SUV offre un volume de 510 l, un record sur le segment.
En revanche, la qualité de la plage arrière est très médiocre, une situation qui sera très rapidement réglée nous promet-on. D’autant plus que la piètre qualité de cet équipement ne reflète pas le niveau général de la voiture, au demeurant très correct. "Les chinois ne proposent pas cet équipement sur leur modèle", nous explique-t-on chez Leapmotor.
Tout passe par l'écran
Les assemblages sont en effet très propres, les matériaux de qualité, et les designers ont essayé de trouver quelques gimmicks pour égayer cette planche de bord qui, comme sur tous les modèles chinois, fait la part belle aux écrans.
À part les commandes de lève-vitres sur les portes et des touches sur le volant, le Leapmotor B03X ne dispose d'aucune commande physique, ce qui oblige sans cesse d'aller tapoter sur l'écran de 14,6'', une activité loin d'être compatible avec la conduite.
On apprécie également sa modularité. En abaissant la banquette arrière et le siège passager, le Leapmotor affiche une longueur de charge utile de 2,53 m, une référence là aussi sur le segment.
Le constructeur chinois a aussi repris à son compte l'invention d'Honda, disponible notamment sur la Jazz, appelée "Magic Seats". En relevant l'assise de la banquette arrière, il est ainsi possible d'y glisser un vélo dans le sens de la largeur du véhicule.
Près de 200 ch
Avec une telle modularité, le frunk est inutile. La mécanique du B03X prend toute la place sous le capot. Le bloc moteur affiche une puissance de 197 ch et un couple de 200 Nm, un combo qui permet d'assez franches accélérations sur la route. L'ensemble est alimenté par une batterie directement intégrée dans le châssis, ce qui permet d'abaisser le centre de gravité.
Leapmotor propose deux capacités de batteries. Celle de 39,4 kWh (Pro) promet une autonomie de 292 km, tandis que celle de 53 kWh (ProMax), vivement conseillée, permet d'atteindre 382 km.
Des autonomies qui peuvent paraître assez faibles, mais qui semblent surtout être théoriques. Car sur notre parcours d'essai assez exigeant, en grande partie des routes de montagne, nous avons eu la surprise de voir sur l'écran une consommation bien inférieure à celle de l'homologation.
Une sobriété à toute épreuve
Nous avons ainsi à peine dépassé les 13 kWh/100 km, alors que la voiture est homologuée à 15,7 kWh/100 km. Une très belle performance qui sera à vérifier sur des parcours plus longs.
Quant à la recharge, elle reste un point faible comme la plupart des modèles chez Leapmotor. Le B03X dispose d'une puissance de recharge maximale de 133 kW (100 kW en version Pro), ce qui allonge le temps de recharge.
Si le constructeur communique sur une durée moyenne de seulement 16 minutes, nous sommes ici sur un 30 % à 80 %, alors que la norme est basée sur du 10 % à 80 %, une manière de baisser artificiellement le temps de recharge.
Du confort au détriment de la rigueur
Si nous avions été agréablement surpris par le travail des ingénieurs italiens de Balocco, le centre de recherche et de développement de Fiat, sur la berline B05, les premiers virages au volant du B03X nous ont quelque peu interpellés.
Train avant fuyant, direction sans aucune consistance, ou si peu, même en mode Sport, suspensions "chamallow®", les développeurs du constructeur semblent avoir totalement oublié les attentes des clients européens.
Dire que la voiture n'aime pas être brusquée est un doux euphémisme. Et la monte de pneumatiques, pourtant des Yokohama, ne semble pas l'aider à offrir une quelconque rigueur. Face à ces retours, Leapmotor a assuré que les prochaines mises à jour, dont est friande la marque, prendraient en compte ces remarques.
Une copie à revoir
Si les paramètres de la direction peuvent se régler relativement facilement via des lignes de codes informatiques, le travail pourrait être plus important sur les qualités dynamiques de la voiture qui laissent clairement à désirer.
Et c'est dommage. Très dommage. Car à partir de 23 900 euros (25 900 euros pour la version ProMax de notre essai), le B03X, et son niveau d'équipements, est tout simplement imbattable sur son segment, même si par le truchement des primes CEE, certains modèles de la concurrence pourraient s'en approcher.
Mais si l'on s'appuie sur le prix catalogue, le nouvel entrant enfonce le clou face à des produits de la maison Stellantis, moins puissants et moins équipés, comme le Citroën e-C3 Aircross (à partir de 29 550 euros) ou l'Opel Frontera (33 000 euros), sans parler de son principal rival, le BYD Atto 2 qui, lui aussi, dépasse les 30 000 euros.
Si le Leapmotor B03X répond à de nombreuses attentes de son segment, voire offre plus en termes d'habitabilité, de modularité et de rapport qualité/prix, il semble néanmoins que le constructeur ait précipité le lancement. Un passage par la case Balocco, comme pour le B05, devient donc plus que nécessaire.
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