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Constructeurs

Les véhicules électriques progressent en Europe malgré un marché atone

Publié le 24 mars 2026

Par Jean-Baptiste Kapela
7 min de lecture
Les immatriculations reculent légèrement dans l’Union européenne sur les deux premiers mois de 2026. Toutefois, les véhicules électriques et les modèles hybrides continuent de prendre des parts de marché. En parallèle, Stellantis performe avec +9,8 % de mises à la route sur la période janvier-février par rapport à 2025.
Stellantis part de marché ACEA
Stellantis voit sa part de marché augmenter de 1,8 point par rapport à 2025, à 18,3 % sur la période janvier-février 2026. ©Stellantis-Citroën

Sans réelle surprise, les immatriculations sont une nouvelle fois en berne dans l’UE. Selon les chiffres publiés par l’association des constructeurs européens (ACEA), sur les deux premiers mois de 2026, les mises à la route chutent de 1,2 % par rapport à la même période en 2025. Une tendance qui confirme un début d’année morose pour le marché automobile. Toutefois, il faut tout de même souligner un léger sursaut des immatriculations de 1,4 % sur le mois de février 2026, avec 865 437 véhicules vendus par rapport au même mois en 2025.

 

Dans ce contexte mitigé, 312 369 véhicules électriques ont été immatriculés en janvier-février 2026, en forte progression de 22 % par rapport aux deux premiers mois de 2025. Ainsi, les voitures à batterie représentent une part de marché de 18,8 % dans l’UE entre janvier et février 2026, en augmentation de 3,6 points par rapport à la même période l’année dernière.

 

 

Des VE qui se concentrent sur les quatre principaux marchés de l’UE, qui représentent à eux seuls près de 61 % des immatriculations. Toutefois, la progression des mises à la route entre ces derniers reste inégale. Si en France et en Allemagne, les immatriculations de modèles 100 % électriques augmentent respectivement de 38,5 % et de 26,3 %, elles dégringolent en Belgique et aux Pays-Bas de 11 % et de 34,9 %. Avec 62 677 VE mis à la route entre janvier et février 2026, la France reste à la deuxième place des pays derrière l’Allemagne (88 967 immatriculations de VE sur les deux premiers mois de 2026).

 

©ACEA

 

L’hybride domine le marché

 

Toujours selon les chiffres de l’ACEA, les véhicules hybrides représentent la majeure partie des ventes dans l’UE avec 643 898 immatriculations, soit 38,7 % du marché européen total. Des HEV qui augmentent particulièrement sur les marchés où les véhicules électriques ont encore du mal à se frayer un chemin. Ainsi, les mises à la route ont augmenté de 29,5 % en Italie et de 13,4 % en Espagne sur les deux premiers mois de l’année 2026. En revanche, sur les deux principaux marchés européens où le marché du VE croît, les immatriculations de HEV stagnent. Ainsi, l’Allemagne enregistre une stabilisation de ses immatriculations de HEV (+1,1 %), tandis que la France subit une baisse de 3,9 % en janvier-février 2026.

 

En parallèle, si la part de marché des véhicules hybrides rechargeables reste faible (9,8 % ; +2,4 points) entre janvier et février 2026, les immatriculations sur cette motorisation ont explosé de 30,2 % par rapport à la même période en 2025, à 162 751 unités. Des PHEV qui enregistrent des progressions à deux chiffres, voire trois, dans la plupart des pays de l’UE. Sur les principaux marchés, les mises à la route de PHEV en Italie ont bondi de 116,1 %, en Espagne de 71,5 % et en Allemagne de 23,8 %. Notons qu’en France, les immatriculations restent stables avec une légère progression de 1,5 %.

 

Les motorisations thermiques continuent de s’effriter

 

En ce qui concerne les motorisations thermiques, les immatriculations poursuivent leur chute inexorable. Pour les véhicules essence, la baisse est conséquente : -23,3 %, à 374 774 unités mises à la route sur les deux premiers mois de 2026. C’est en particulier dans l’Hexagone que la chute des immatriculations de véhicules essence est la plus importante sur la période : -48,5 %, à 33 532 unités contre 65 084 en janvier-février 2025. Ailleurs dans l’UE, la baisse est de 22,8 % en Allemagne, 20,8 % en Espagne et de 18,6 % en Italie. Ainsi, la part de marché des modèles essence s’effondre, passant de 29 % sur les deux premiers mois de 2025 à 22,5 % sur la même période en 2026.

 

Le constat est similaire pour le diesel, qui ne représente plus que 8,1 % du marché, avec 134 822 véhicules neufs immatriculés (en baisse de 17,7 %) entre janvier et février 2026. Là encore, la France enregistre la plus forte baisse des immatriculations de diesel. Sur les deux premiers mois de l’année 2026, sur le marché hexagonal, seulement 5 619 modèles roulant au gazole ont été mis à la route, en chute libre de 51,2 % par rapport à la même période en 2025. Les baisses sont conséquentes également en Belgique (-42,8 %), en Roumanie (-40,7 %) et en Espagne (-28,8 %).

 

Stellantis tire son épingle du jeu  

 

Dans un contexte de marché en baisse, la plupart des constructeurs présents historiquement en Europe voient leur part de marché stagner ou reculer entre les deux premiers mois de 2026 et la même période en 2025. Ainsi, Volkswagen, premier constructeur en volume dans l’UE avec 449 294 unités mises à la route en janvier-février 2026, enregistre une baisse de ses immatriculations de 0,7 % par rapport à 2025. Renault enregistre pour sa part la plus forte baisse de volume, avec 161 262 véhicules immatriculés sur les deux premiers mois de 2026, en repli de 16,1 %, et voit sa part de marché chuter de 1,7 point à 9,7 %. Avec 126 354 immatriculations en janvier-février 2026, Toyota recule de 7,7 % par rapport à 2025.

 

Seule exception : Stellantis. Le groupe aux 14 marques voit sa part de marché augmenter de 1,8 point par rapport à 2025, à 18,3 % sur la période janvier-février 2026. Il est le seul constructeur historiquement implanté sur le marché européen à enregistrer une hausse de ses immatriculations de 9,8 %, sur les deux premiers mois de l’année 2026 comparés à 2025, à 304 251 unités. Une bonne performance que le groupe n’avait pas enregistrée depuis longtemps.

 

 

Stellantis enregistre d’ailleurs, selon le groupe lui-même, de bonnes performances par motorisation. Ainsi, le groupe s’affiche sur le podium des ventes de VE sur les dix principaux marchés et reprend la première place sur le segment des motorisations hybrides : "Nous avons une part de marché supérieure à 20 %, portée par le succès des smart cars comme la Citroën C3 et C3 Aircross, la Fiat Grande Panda ou encore l’Opel Frontera", précise la marque dans un message adressé aux journalistes.

 

En dehors des groupes historiquement implantés en Europe, les marques chinoises continuent de performer sur le Vieux Continent, bien que leurs volumes demeurent encore faibles. BYD voit ainsi ses immatriculations bondir de 179,2 % par rapport à 2025, avec 29 291 immatriculations entre janvier et février 2026. SAIC enregistre 32 214 unités sur les deux premiers mois de l’année 2026, en croissance de 6,6 % par rapport à 2025.

 

©ACEA

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