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Constructeurs

GAC en opération séduction du marché européen

Publié le 15 octobre 2026

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Par Jean-Baptiste Kapela
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6 min de lecture
À l’occasion du Mondial de l’Auto, le constructeur chinois présente l’Aion UT Cross et détaille sa stratégie en France. GAC vise une cinquantaine de points de vente d'ici fin 2026 et entend miser sur des tarifs agressifs. Il annonce également le déploiement de son service après-vente "GAC Care+".
GAC Mondial de l'Automobile Paris
Le groupe chinois GAC dévoile l’Aion UT Cross au Mondial de l'Auto 2026. ©Le Journal de l'Automobile-Jean-Baptiste Kapela

GAC profite de sa présence au Mondial de l’Auto 2026 pour affirmer ses ambitions européennes et françaises. Encore méconnu en France, le nouveau constructeur chinois se présente au public du salon avec le slogan "GAC, the engineers". Pour son grand débarquement européen et profitant de l'événement, le groupe dévoile l’Aion UT Cross. Un crossover compact de 4,27 mètres que le constructeur a calibré pour son nouveau public européen (et pour la réglementation de l’Union européenne, qui favorise les véhicules produits sur son territoire). En effet, GAC annonce que son modèle a été dessiné dans son centre de design situé à Milan (Italie) et assemblé à Graz (Autriche).

 

"Il s’agit d’un véhicule de loisir polyvalent. En semaine, l’Aion UT Cross est agile et confortable à conduire. Le week-end, il est prêt à charger vos équipements et à sortir de la ville. Nous avons réglé le châssis spécialement pour les routes européennes", promet Wei He, président de GAC International, lors de la conférence de presse. Le crossover compact embarque une batterie lui permettant d’atteindre une autonomie de 430 km en cycle WLTP et jusqu’à 600 km en usage urbain, selon le constructeur.

 

 

Il y a néanmoins une ombre au tableau. Cédric Lacour, directeur général adjoint de GAC France, confie que le véhicule ne devrait intégrer que 40 % de contenu local, avec un objectif de 45 % à terme. Pour rappel, la future réglementation de l'Industrial Acceleration Act (IAA), en discussion au niveau de la Commission européenne, pourrait imposer aux constructeurs de s’approvisionner localement à hauteur de 70 % à 80 %.

 

Le crossover compact embarque une batterie lui permettant d’atteindre une autonomie de 430 km en cycle WLTP et jusqu’à 600 km en usage urbain. ©Journal de l'Aujtomobile - Damien Chalon

Le crossover compact embarque une batterie lui permettant d’atteindre une autonomie de 430 km en cycle WLTP et jusqu’à 600 km en usage urbain. ©Journal de l'Aujtomobile - Damien Chalon

 

La France comme l’un de ses marchés prioritaires

 

GAC doit se déployer dans 30 pays en s’appuyant principalement sur ses importateurs. Mais le constructeur chinois assure que la France bénéficie d’un traitement stratégique particulier. En effet, c’est dans l’Hexagone que GAC a pris la décision d’établir sa toute première filiale commerciale directe. Une décision motivée principalement par le potentiel du marché français. Au niveau tarifaire, le constructeur annonce un positionnement particulièrement agressif, avec des prix de "15 % à 20 % moins chers que ceux de ses concurrents européens équivalents", selon Cédric Lacour.

 

Pour rappel, le groupe a officiellement démarré son lancement commercial le 21 septembre 2026. Pour accompagner son démarrage hexagonal, GAC annonce l’ouverture de 25 concessions en octobre et se donne pour objectif d’en atteindre une cinquantaine d’ici à la fin de l’année. "Nous avons 65 projets dans le pipe et nous comptons en ouvrir une centaine en 2027. À l’horizon 2030, nous ciblons les 200 points de vente, avec une concession à 15-20 minutes de chaque client", assure Cédric Lacour.

 

 

Selon le directeur général adjoint de GAC France, le constructeur se rapproche en priorité des groupes de distribution régionaux "capables de déployer trois à cinq sites". Plusieurs grands noms du secteur ont d’ores et déjà annoncé leur signature tels que le groupe Guez en Normandie, avec les concessions de Rouen et du Havre, le groupe Jallu-Berthier en Île-de-France, Sellens dans le Sud, à Cannes (06), Fréjus (83) et Marseille (13), ou encore Starterre à Chambéry (73).

 

Concernant les normes, le constructeur se veut "pragmatique" et demande un showroom de 250 m², sans exiger de lourdes réfections, dans l’objectif de limiter les investissements initiaux et de garantir une rentabilité dès la première année. "Depuis le 21 septembre, date officielle de lancement de la marque, nous avons des concessionnaires qui viennent toquer à notre porte. Nous sentons que la marque les intéresse", précise Cédric Lacour.

 

L’après-vente au cœur de la stratégie de GAC

 

En plus de l’annonce de l’UT Cross, GAC annonce également son service dédié à l’après-vente, baptisé "GAC Care +", pour ses clients européens. Via ce service, le constructeur propose une garantie de huit ans et de 160 000 km, complétée par une garantie de huit ans et 200 000 km sur la batterie. Un outil de séduction qui s’accompagne de trois ans d’assistance routière offerte, en partenariat avec Allianz Partners.

 

Rappelons qu’en 2021, certaines marques de l’empire du Milieu qui s’étaient frottées au marché français ont dû se replier stratégiquement pour avoir négligé l’après-vente. Conscient de ce précédent, GAC a soigné sa logistique européenne en implantant, comme d’autres constructeurs chinois, un centre logistique de pièces détachées à Rotterdam (Pays-Bas).

 

 

Selon le constructeur, le taux de disponibilité des pièces atteint 95 % et devrait grimper à 97 % d’ici à 2027. GAC s’engage d’ailleurs à ce que les pièces soient livrées sous 36 à 48 heures. En cas d’indisponibilité de pièces spécifiques, celles-ci sont expédiées depuis la Chine et livrées sous une semaine.

 

GAC a pris la décision d’établir sa toute première filiale commerciale directe européenne en France. ©Journal de L'Automobile - Damien Chalon

GAC a pris la décision d’établir sa toute première filiale commerciale directe européenne en France. ©Journal de L'Automobile - Damien Chalon

 

Dans l’attente d’un écoscore

 

La filiale française ne manque pas d’ambition puisque le groupe aspire à atteindre plus de 3 % de part de marché d’ici à 2030 dans l’Hexagone, soit plus de 40 000 véhicules par an. En ce qui concerne le marché professionnel, comme le précise le dirigeant, comme les véhicules sont assemblés en Autriche, ils ne bénéficient pas du "score environnemental maximal", bien que la marque propose une aide compensatoire de 300 euros à ses clients.

 

GAC France assure donc concentrer ses efforts sur les clients particuliers. Mais sur le marché professionnel, le constructeur cherche à séduire les flottes de proximité ainsi que les chauffeurs de taxis et de VTC, chez lesquels "le SUV compact Aion V rencontre un très fort engouement", estime Cédric Lacour. Des accords d’envergure sont d’ailleurs en cours de validation, selon le directeur général adjoint de GAC France.

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