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Essai Aion UT : un prix canon qui n'efface pas ses lacunes

Publié le 9 octobre 2026

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Par Damien Chalon
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4 min de lecture
Pour s’imposer en France, GAC mise avec son Aion UT sur un positionnement tarifaire particulièrement agressif. La compacte électrique multiplie les équipements et affiche des prestations convaincantes, mais quelques choix techniques viennent ternir le bilan.
L'Aion UT débute au prix ultracompétitif de 26 990 euros. ©Aion

Comme bon nombre de constructeurs chinois avant lui, GAC va devoir trouver les bons arguments et surtout le bon positionnement pour tirer son épingle du jeu. Il arrive avec deux premiers produits, les Aion UT et V, Aion étant sa marque réservée aux modèles 100 % électriques. Les offres hybrides et hybrides rechargeables seront du ressort de la marque GAC.

 

Disons-le d’emblée, la carte maîtresse est celle du prix. L’UT, une berline de 4,27 m plus grande qu’une Renault Megane E-Tech, est proposée à 26 990 euros en finition Premium et 28 490 euros en finition Luxury. Avec, à chaque fois, la seule peinture métallisée en option. Côté loyers, l’Aion est annoncée à 299 euros par mois (LLD de 48 mois et 40 000 km) avec un premier loyer de 2 500 euros.

 

430 km d'autonomie

 

À ce prix, il n’existe que de la concurrence chinoise. On pense en premier lieu à la MG4 Urban, certes légèrement plus longue (4,39 m), mais dont les prix s’échelonnent de 24 995 à 30 495 euros. Des positionnements ultra-agressifs hors de portée des constructeurs européens. Ne croyez pas qu’à ce prix il faille s’attendre aux meilleurs standards en termes de performances, de prestations et d’équipements.

 

 

Relativement anonyme et quelconque sur le plan du style, l’Aion UT peut néanmoins miser sur son moteur de 204 ch (210 Nm de couple, 160 km/h, 0 à 100 km/h en 7,3 s). Il s’avère même un tantinet surdimensionné pour l’usage essentiellement urbain et péri-urbain auquel la voiture se destine. Cela assure toutefois de bonnes reprises, utiles pour dépasser et se faufiler dans le trafic.

 

 

La direction et la suspension sont également à la hauteur et aux standards attendus, offrant une bonne maniabilité et un niveau de confort très correct. Cette belle partition est toutefois ternie par un élément que le constructeur aurait largement pu s’épargner. Les accélérations un brin vitaminées et d’autres situations de conduite pouvant nécessiter un coup de volant plus prononcé se heurtent à la piètre qualité de la monte pneumatique chinoise.

 

Ensuite, évoquons le sujet de la batterie LFP de 60 kWh (425 kg). Elle offre une autonomie de 430 km, là où certains constructeurs, avec une capacité identique, commencent à passer la barre des 500 km. C’est le cas par exemple de Hyundai avec la Ioniq 3. L’Aion UT ne brille pas vraiment dans ce domaine. Sa consommation s’en ressent avec une homologation à 16,4 kWh/100 km. Il faut dire aussi qu’elle n’est pas la plus légère de sa catégorie avec un poids allant, selon les finitions, de 1 745 à 1 775 kg.

 

Pléthore d'équipements

 

Un autre élément qui nous laisse sur notre faim est la vitesse de recharge. La berline n’accepte que 87 kW en charge rapide DC. Le 10 à 80 % se fait au mieux en 32 minutes. Il n’existe pas, à ce stade, de proposition avec une batterie plus petite, gage de prix encore plus compétitifs. Précisons au passage que l’UT est produite en Autriche par Magna, mais qu’elle ne bénéficie pas pour autant de l’écoscore.

 

Au chapitre de la vie à bord, l’habitabilité est certainement l’une des plus grandes qualités de l’Aion UT. Les occupants arrière disposent d’un espace aux jambes généreux lié au très fort empattement de 2 750 mm. Ajoutez à cela un vaste coffre de 440 litres. Aion met également le paquet sur le niveau d’équipement de série. Les aides à la conduite sont légion, idem pour les éléments de confort (sièges et volant chauffants, phares à LED, hayon électrique, pompe à chaleur, recharge V2L…).

 

 

C’est simple, il ne manque rien ou presque, surtout en finition Luxury. La seule option est la peinture métallisée. Évidemment, on se demande comment autant d’équipements peuvent être proposés à ce prix… Cela ne fait pas tout. L’Aion UT passe à côté de son sujet en centralisant absolument toutes les commandes, y compris le réglage des rétroviseurs, dans l’écran central de 14,6 pouces. D’autres constructeurs s’y sont essayés, avant de rétropédaler face à la fronde des clients.

 

Le bilan de cette prise en main est que l’Aion UT souffle le chaud et le froid. Elle ne manque pas de qualités, mais ses lacunes ont tendance à prendre le dessus. Reste qu’à ce prix, ces dernières passeront certainement au second plan. Charge en outre au constructeur de rassurer ses futurs clients sur sa capacité à répondre aux attentes en termes de satisfaction et de suivi après-vente. La route est encore longue pour Aion et sa maison mère GAC dont les débuts en France remontent à quelques semaines.

Les plus
Tarifs ultracompétitifs
Habitabilité et volume de coffre
Niveau d'équipements
Les moins
Monte pneumatique chinoise
Ratio capacité de la batterie/autonomie
Centralisation des commandes dans l'écran central
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