Marché automobile : l'électrique s'envole, les marques chinoises avancent sur les hybrides

L'électrification du marché automobile français franchit un nouveau cap. En octobre 2026, les immatriculations de voitures électriques ont bondi de 81,7 % pour atteindre 61 958 unités. Une performance qui tranche avec la progression de 7 % du marché dans son ensemble, à 149 341 voitures particulières. Désormais, plus de quatre voitures neuves immatriculées sur dix sont électriques. Ce résultat confirme l'accélération observée depuis plusieurs mois. Sur les dix premiers mois de l'année, la part de l'électrique atteint 32,5 %, contre 41,5 % sur le seul mois d'octobre. Un écart considérable qui témoigne de la montée en puissance des immatriculations électriques en cette fin d'année. Reste à déterminer dans quelle mesure cette progression reflète une évolution durable de la demande. Le marché continue en effet de bénéficier de dispositifs de soutien à l'achat, comme le leasing social dont les livraisons vont s'accélérer sur cette fin d'année.
Renault domine largement le marché électrique
Une chose est certaine : les constructeurs français sont les grands bénéficiaires de cette accélération. Avec 14 610 voitures électriques immatriculées en octobre, Renault s'adjuge près de 24 % du marché. La marque au losange progresse de 69,6 % sur un an et devance largement Peugeot, deuxième avec 8 001 unités (+62,9 %), et Citroën, troisième avec 4 630 immatriculations (+89,4 %). À elles trois, les marques françaises totalisent 27 241 voitures électriques, soit près de 44 % du marché. Une domination qui se retrouve dans le classement des modèles.
La Renault Twingo IV prend la première place avec 4 747 immatriculations, juste devant la Renault 5 (4 666). Les deux citadines représentent à elles seules plus de 15 % des ventes électriques du mois. Elles devancent la Peugeot e-208 (3 221), le Renault Scenic (3 037) et la Citroën ë-C3 (2 736). La Renault 4, avec 1 786 unités, complète cette offensive du constructeur au losange. Au total, Renault place quatre modèles parmi les dix voitures électriques les plus immatriculées en octobre. Cette hiérarchie illustre le déplacement du marché électrique vers des modèles plus compacts et généralistes. La Tesla Model Y, longtemps référence du segment, n'arrive qu'en huitième position avec 1 748 immatriculations.
Les hybrides classiques et microhybrides reculent
L'envolée de l'électrique contraste avec les performances des autres motorisations électrifiées. Les hybrides classiques (HEV) reculent de 4 % en octobre, à 26 739 unités, tandis que les microhybrides (MHEV) chutent de 11,4 %, à 25 562 immatriculations. Ces deux technologies représentent néanmoins 35 % du marché français. Leur poids reste donc considérable, même si leur dynamique commerciale est nettement moins favorable que celle du tout électrique.
Sur le marché des hybrides classiques, Toyota conserve sa première place avec 8 127 unités, en progression de 16,7 %. Le constructeur japonais devance de peu Renault, dont les immatriculations HEV reculent de 24,6 %, à 7 842 voitures. Cette baisse masque toutefois des évolutions très contrastées au sein de la gamme au losange. La nouvelle Clio VI connaît un démarrage particulièrement soutenu. Avec 5 251 immatriculations en octobre, dont 2 523 en version hybride, elle se hisse à la deuxième place des modèles HEV les plus vendus en France, derrière la Toyota Yaris Cross (3 182 unités). L'hybride représente désormais près de la moitié des immatriculations mensuelles de la française. La Toyota Yaris Cross domine le classement des modèles avec 3 182 immatriculations, devant la Renault Clio VI (2 523), la Toyota Yaris (2 265) et le Renault Symbioz (1 838). Sur les microhybrides, Peugeot conserve une position dominante avec 7 569 unités, devant Citroën (4 707).
MG et Jaecoo s'installent sur le marché des hybrides
C'est également sur ces motorisations que les marques chinoises commencent à modifier les équilibres du marché. MG, qui a longtemps construit son développement européen autour de l'électrique, réalise désormais l'essentiel de ses volumes français grâce à l'hybridation. En octobre, la marque immatricule 2 392 HEV, contre 1 074 voitures électriques et 508 hybrides rechargeables. L'arrivée de Jaecoo est tout aussi significative. Avec 2 166 hybrides classiques immatriculées en octobre, la marque chinoise se rapproche déjà de MG sur cette motorisation.
Face aux droits de douane et à l’absence du coup de pouce électrique écoscoré, les constructeurs chinois ont développé des gammes multi-énergies, capables de répondre à des clientèles parfois réticentes à abandonner le moteur thermique. Cette stratégie leur permet de s'attaquer à un marché beaucoup plus large que celui des seuls véhicules électriques, tout en proposant des modèles à des prix généralement compétitifs. L'offensive chinoise est encore plus spectaculaire sur les hybrides rechargeables. En octobre, les marques chinoises représentent près de 59 % des immatriculations PHEV en France. BYD occupe une place prépondérante. Sur ses 5 419 voitures immatriculées dans le mois, 3 941 sont des hybrides rechargeables, contre 1 478 électriques. Le constructeur représente ainsi, à lui seul, 37,5 % du marché français PHEV.
Mais cette domination doit être relativisée. Les hybrides rechargeables ne représentent que 7 % du marché français, soit 10 503 immatriculations en octobre. Un segment relativement étroit, qui progresse certes de 13,1 % sur un an, mais dont les perspectives sont pénalisées par la fiscalité française.
Bruxelles veut freiner les importations d'hybrides chinoises
Cette diversification des motorisations intervient alors que l'Union européenne cherche précisément à limiter l'offensive chinoise sur les hybrides. Le 12 octobre 2026, Bruxelles a annoncé la conclusion d'un accord avec Pékin visant à plafonner les importations de véhicules hybrides chinois en Europe à 350 000 unités par an, avec une augmentation annuelle de 6 %. L'enjeu est considérable. Les importations européennes d'hybrides fabriquées en Chine étaient attendues à environ 800 000 unités en 2026. Le nouveau plafond pourrait donc réduire de plus de moitié les volumes autorisés.
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