Véhicules hybrides : l'Europe limite les importations chinoises à 350 000 unités par an

Suffisait-il d'un événement européen au rayonnement international pour dissiper les désaccords dans l'un des dossiers les plus brûlants entre l'UE et la Chine ? En tout cas, après des mois de tergiversations, un responsable européen a annoncé, lundi 12 octobre 2026, un accord bilatéral plafonnant l'importation de véhicules hybrides chinois en Europe à 350 000 unités par an, avec une hausse annuelle de 6 % prévue.
Cette entente va permettre de "mieux protéger le marché européen de la concurrence déloyale", a estimé le président de la République Emmanuel Macron en marge du salon de l'Automobile, tenant à préciser qu'"il est le fruit d'un travail de plusieurs années où nous avons souhaité rétablir une concurrence juste et loyale entre Européens et non-Européens".
Selon Maros Sefcovic, le commissaire européen au Commerce qui avait entrepris d'intenses négociations depuis vendredi 9 octobre 2026 pour parvenir à ce consensus avec la Chine, cet accord bilatéral est susceptible de stopper l'arrivée de "plusieurs millions d'unités sur une période de quatre ans" et "ouvre la perspective d'une réduction de plus de moitié des exportations chinoises".
Un responsable européen abonde en ce sens, prévoyant que cet accord "réduira de plus de moitié les exportations actuelles vers l'UE, qui devraient atteindre les 800 000 véhicules en 2026". La Chine a quant à elle laissé entendre lundi 12 octobre qu'elle pourrait exporter au moins 300 000 véhicules hybrides chaque année vers l'UE, en vertu de ce consensus.
Des modèles qui permettent de contourner les droits de douane
Ces modèles sont devenus l'un des principaux canaux par lesquels les constructeurs chinois pénètrent le marché européen. En effet, fortement taxés sur les véhicules électriques depuis l'instauration par l'Union européenne de droits de douane supplémentaires il y a deux ans, les constructeurs chinois ont trouvé la parade et se sont mis à écouler en Europe leurs modèles hybrides et hybrides rechargeables.
D'après les instances européennes et certains industriels, ils pratiquent une concurrence déloyale vis-à-vis des constructeurs et des équipementiers traditionnels, menaçant directement l'emploi dans l'UE.
Ils accusent notamment la Chine de subventionner les entreprises chinoises et de faire obstruction à l'accès des entreprises européennes au marché chinois.
Pékin, de son côté, se défend de telles pratiques, vante la réussite de son industrie et renvoie l'économie européenne à ses fragilités.
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