Top 10 des modèles électriques : Renault numéro un dans un marché toujours fragile
Avec une progression de 41,9 %, l'électrique a indéniablement marqué les esprits en avril 2026. Écoulée à 36 216 immatriculations, cette énergie couvre désormais une part de marché de 26,2 %, poursuivant depuis plusieurs mois sa course comme énergie la plus vendue en France. Un succès d'autant plus impressionnant que le marché s'est contracté de 0,2 % sur cette même période.
Si l'on prend de la hauteur, il a progressé de 48,3 % depuis le début de l'année, ce qui représente 148 299 véhicules mis à la route et une part de marché de 27,5 %. Avec un tel score, l'électrique se place toujours numéro un des ventes.
Au niveau des constructeurs, c'est Renault qui s'en tire avec les honneurs puisque le constructeur arrive à intégrer quatre voitures dans le top 10, une très belle prouesse. En avril, la Renault 5 règne en maître (3 418 immatriculations) et couvre à elle seule une part de marché globale de 2,5 %. Plébiscité par les entreprises, le Renault Scenic figure en deuxième position avec 2 114 immatriculations et une part de marché de 1,5 %. Enfin, sur la troisième marche du podium, Citroën place sa ë-C3 (1 611).
Top 10 des modèles électriques
| Avril 2026 | 4 mois 2026 | ||||||
| Modèle | Volume | Var. | Part | Volume | Var. | Part | |
| 1 | Renault 5 | 3 418 | 50,8 % | 2,5 % | 13 502 | 17,9 % | 2,5 % |
| 2 | Renault Scenic | 2 114 | 44,5 % | 1,5 % | 9 010 | 53,8 % | 1,7 % |
| 3 | Citroën ë-C3 |
1 611 | 52,6 % | 1,2 % | 5 954 | -17,8 % | 1,1 % |
| 4 | Tesla Model Y |
1 456 | 169,1 % | 1,1 % | 12 126 | 131,5 % | 2,2 % |
| 5 | VW ID.4 | 1 216 | 179,5 % | 0,9 % | 4 516 | 163,2 % | 0,8 % |
| 6 | Peugeot e-208 |
1 154 | 23 % | 0,8 % | 5 174 | 24,3 % | 1 % |
| 7 | Skoda Elroq |
1 092 | 110,4 % | 0,8 % | 4 003 | 277,6 % | 0,7 % |
| 8 | Peugeot e-3008 |
974 | 45,4 % | 0,7 % | 3 327 | 12,9 % | 0,6 % |
| 9 | Renault Megane | 917 | 44 % | 0,7 % | 3 553 | 23,1 % | 0,7 % |
| 10 | Renault 4 | 835 | 743,4 % | 0,6 % | 3 954 | 2918,3 % | 0,7 % |
(source AAA Data)
Mais cette progression de l'électrique va-t-elle durer dans les mois à venir ? Certains commentateurs font directement un lien entre la montée en puissance de l'électrique et la situation géopolitique. Si le raccourci est tentant, la réalité est un peu plus complexe. Certes, les concessionnaires voient dans leur showroom de plus en plus de clients intéressés, mais cela ne se concrétise pas systématiquement par une vente. Loin de là.
Délai entre prise de commande et immatriculation
En outre, il est encore beaucoup trop tôt pour que cet intérêt se traduise dans les chiffres, sachant qu'il faut plusieurs semaines de délai entre la prise de commande et la livraison du véhicule, et donc l'immatriculation.
De plus, même si les ventes en avril sont très bonnes, elles ont tout de même perdu 27 points entre mars et avril. Mars a en effet été l'acmé du leasing social, la progression en février de l'électrique étant de "seulement" 27,8 %. Si l'on fait un décompte, il s'est immatriculé 32 370 voitures électriques en février 2026, 49 406 en mars et 36 216 en avril, ce qui nous ramène au final sensiblement au même niveau qu'en février. Il sera donc très intéressant d'observer les chiffres de mai et de juin qui pourront nous donner une indication sur l'impact (ou non) de la guerre au Moyen-Orient.
Les entreprises en premier plan
Autre facteur qui explique la progression des voitures électriques : la fiscalité en entreprise. La législation a en effet tout fait pour que les flottes basculent vers l'électrique. Avec un certain succès. En avril 2026, c'est un total de 13 462 voitures à batterie qui ont été immatriculées sur les canaux BtoB (loueurs longue durée, sociétés et administrations).
La progression des voitures électriques dans les flottes professionnelles continue de s’accélérer. En avril, les mises à la route bondissent de 68,9 % sur un an, permettant aux modèles zéro émission de représenter près de 40 % du marché (39,8 %). Depuis le début de l’année 2026, les immatriculations électriques atteignent ainsi 52 472 unités, en hausse de 65,7 %, contre 31 674 exemplaires un an plus tôt. Leur part de marché grimpe désormais à 38,9 %, contre seulement 21,1 % en 2025.
Cette dynamique tranche toutefois avec la tendance globale du marché professionnel. En parallèle, les immatriculations de voitures particulières destinées aux entreprises reculent encore de 7,7 % en avril, à 33 789 unités. Depuis janvier, le marché BtoB VP accuse désormais une baisse cumulée de 9,9 %.
Un marché toujours soutenu ou contraint
Autant de données qui montrent que le marché de l'électrique reste encore très fragile, porté principalement par des aides (leasing social) et la fiscalité. Pour accélérer vers la transition électrique, le gouvernement mettra en place une troisième édition du leasing social.
Une stratégie qui soulève certaines questions. La première porte sur l'équation économique du dispositif. Cela reste toujours le consommateur qui paie ces aides. Non plus avec l'impôt sur le revenu, mais en faisant son plein à la pompe avec une fiscalité prélevée sur les carburants pour financer les CEE, ce qui explique, en partie, leur prix élevé.
Retour des premiers buy back
En outre, la deuxième édition du leasing social a montré que le potentiel de clients éligibles s'amenuisait. La lenteur avec laquelle a finalement été atteint le quota de véhicules en a été une des preuves. Si beaucoup pariaient sur une succès rapide lors du lancement, il s'est avéré que cela a été beaucoup plus long que prévu. Mi-décembre, il restait encore plusieurs milliers d'exemplaires qui n'avaient pas trouvé preneur.
Enfin, en début d'année prochaine, les premiers retours de la première édition du leasing social vont être sur le marché à des prix a priori très attractifs, les valeurs résiduelles étant fortement perturbées. Il y aura peut-être une collision entre les prix très contenus du neuf et ceux de l'occasion. Pour autant, les constructeurs veulent y croire avec le lancement de plusieurs modèles à moins de 20 000 euros, comme récemment la Citroën ë-C3, la Renault Twingo E-Tech et la MG4 Urban EV pour ne citer que ces modèles. L'électrique dépassera-t-elle enfin le seuil symbolique des 30 % de part de marché ?
Top 10 des marques électriques
| Électrique | ||||
| Marque | Volume | Part | Var. | |
| 1 | RENAULT | 7 788 | 33,4 % | 73,6 % |
| 2 | PEUGEOT | 3 268 | 17,8 % | 17,6 % |
| 3 | CITROEN | 2 783 | 26,6 % | 24,7 % |
| 4 | VOLKSWAGEN | 2 350 | 25,1 % | 45,7 % |
| 5 | TESLA | 1 829 | 100 % | 111,9 % |
| 6 | SKODA | 1 758 | 37,9 % | 89,4 % |
| 8 | BMW | 1 581 | 36,6 % | 22 % |
| 7 | MERCEDES | 1 579 | 35,7 % | 127,2 % |
| 9 | AUDI | 1 313 | 31,4 % | 9,7 % |
| 10 | HYUNDAI | 1 175 | 35,7 % | 81 % |
(source AAA Data)
(avec Damien Chalon)
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