Le constructeur chinois GAC lance sa production européenne

Le constructeur chinois GAC (Guangzhou Automobile Group) franchit une nouvelle étape dans son offensive européenne. Le groupe annonce le démarrage de la production et la sortie de chaîne de sa compacte électrique l'Aion UT sur le site du sous-traitant Magna-Steyr, à Graz en Autriche, dans la même usine qui produit déjà les modèles de XPeng.
Lancée en 2018, Aion est la marque de la division dédiée aux véhicules électriques de GAC. Elle est présentée comme l'une des marques qui commercialisent le plus de véhicules électriques en Chine, derrière BYD et Tesla.
Une compacte au design italien
L'Aion UT, designée à Milan (Italie) et positionnée comme modèle d’accès à la gamme, affiche 430 km d’autonomie et promet une capacité de recharge permettant de passer de 30 à 80 % en 24 minutes. En Europe, Aion est présente depuis moins d'un an en Finlande, au Portugal, en Pologne et en Grèce et commercialise l'Aion V, un SUV électrique du segment C.
Fondé en 1997 à Guangzhou, GAC figure parmi les dix premiers constructeurs chinois. Il s'est développé avec des partenaires européens et japonais dans le cadre de joint-ventures avant de lancer ses propres modèles dans la première décennie du XXIe siècle.
Ouverture d'usines en Europe
C'est la première fois qu'un constructeur chinois produit des véhicules en Europe avant son lancement officiel à grande échelle, prévu à la mi-avril. Le constructeur rejoint donc XPeng et Chery qui assemblent déjà une partie de leur portfolio en Europe.
Ainsi, depuis l'automne dernier, XPeng produit, dans la même usine que GAC, une partie des volumes des G6 et G9 commercialisés en Europe. Il prévoit d'y implanter la future P7+ qui arrivera dans les concessions dans les semaines à venir.
Chery fabrique dans l'ancienne usine Nissan de Barcelone les modèles d'Ebro, une ancienne marque espagnole commercialisée uniquement sur le marché local.
De son côté, BYD promet une production dans les mois à venir. Le constructeur a construit une nouvelle usine en Hongrie qui assemblera dans un premier temps des Dolphin Surf et des Atto 2, avec la possibilité de produire un troisième modèle.
Enfin, Leapmotor utilisera l'usine espagnole de Saragosse (Espagne) de Stellantis pour produire ses futurs modèles. En décembre dernier, le site industriel espagnol qui produit les Peugeot 208, Opel Corsa et Lancia Ypsilon était en plein travaux pour accueillir quatre modèles de la marque chinoise.
Une stratégie pour supprimer les taxes
Cette stratégie de production locale a principalement pour but de supprimer les droits de douane spécifiques imposés par Bruxelles aux constructeurs chinois pour les véhicules électriques. Pour rappel, les modèles importés de Chine par XPeng sont taxés à 21 %, ceux de BYD à 17,4 % et ceux de MG à 38,1 %.
Elle vise également à répondre aux nouvelles exigences de la Commission européenne qui veut renforcer le "made in Europe". Ce qui a d'ailleurs suscité de l'inquiétude du côté des entreprises chinoises. Mais il est difficile de savoir quel sera le niveau d'intégration de ces sites de production européens dans le calcul de l'écoscore ainsi que le pourcentage de contenu local. À titre d'exemple, l'assemblage de Leapmotor va s'accompagner de la création d'une joint-venture entre d'importants sous-traitants espagnol et chinois.
Selon le cabinet Inovev, la production automobile des constructeurs chinois en Europe pourrait passer de 69 000 unités en 2025 à près de 700 000 d'ici la fin de la décennie.
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