Le déficit commercial de l'automobile française reste abyssal en 2025

Le déficit commercial de l’automobile française a encore touché le fond en 2025… même s'il y a du mieux. En effet, le secteur accuse une perte colossale de 20 milliards d’euros, d’après le document des douanes publié le 9 février 2026. L’automobile arrive en deuxième position des filières les plus déficitaires, derrière le secteur des hydrocarbures – en baisse de 40 milliards d’euros – et devant l’informatique – en déficit de 10,3 milliards d’euros.
L’Hexagone a enregistré 51 milliards d’euros d’exportations (en baisse de 1,8 %) et 71 milliards d’euros d’importations (en chute de 4,2 %). Ainsi, les automobiles pèsent pour 8,5 % des exportations et pour 10,2 % des importations. Dans le détail, la balance commerciale des véhicules et des composants est respectivement déficitaire de 14,4 milliards et de 5,6 milliards d’euros.
Si le déficit commercial paraît énorme, il faut toutefois noter un léger redressement de 2,2 milliards d’euros par rapport à 2024, et ce dans un contexte où les échanges sont globalement en berne dans l’automobile. Selon le rapport des douanes, "la filière française reste fragilisée par des carnets de commandes étrangers dégradés selon les enquêtes, ce qui pèse directement sur les exportations", précise l’institution. L’augmentation de 2,2 milliards d’euros est due à un redressement de la production automobile de 1,4 % pour toute l’année 2025.
Moins de véhicules exportés, mais une valeur qui augmente
Toujours selon le document, la baisse des exportations dans le secteur est imputable à la diminution des ventes d’équipements automobiles vers le Royaume-Uni et l’Allemagne. En parallèle, les "produits de construction automobile", qui comprennent les véhicules, les moteurs et les carrosseries, dégringolent en valeur malgré une quantité en hausse. "Cette baisse en valeur s’explique par la chute des ventes de camions à destination de la Belgique, des Pays-Bas et de l’Italie", dissèque le rapport des douanes.
Néanmoins, en ce qui concerne la voiture, la valeur et le volume des exportations augmentent grâce à la production de véhicules électriques et hybrides rechargeables. En revanche, sans surprise, les exportations de véhicules thermiques s’affichent en baisse, avec une chute des exportations des modèles diesel et essence principalement en Espagne et en Allemagne. Notons que les importations de véhicules hybrides, face à une demande en croissance pour cette motorisation, augmentent, en particulier depuis l’Espagne, la Roumanie et la Chine.
En faisant le focus sur les véhicules électriques, la valeur des importations est "quasi stable", en très légère augmentation de 0,3 % par rapport à 2024, pour atteindre 7,6 milliards d’euros. Même si en quantité elles augmentent. Si l’import de VE depuis la Chine chute, sûrement en raison des droits de douane européens, l’achat de véhicules depuis l’Allemagne et la Slovaquie augmente.
La Chine tire la balance commerciale française vers le bas
Selon le rapport des douanes, le solde commercial reste excédentaire en Europe, en dehors de l’UE. Il s’améliore de 3,7 milliards d’euros en 2025, pour atteindre 13,5 milliards d’euros. Ainsi, au Royaume-Uni, les "produits de construction automobiles" ont augmenté de 14 % (4,4 milliards d’euros).
En Afrique, le déficit se réduit de manière générale. En ce qui concerne l’automobile, la balance commerciale est de -0,2 milliard d’euros, s’améliorant de 0,6 milliard d’euros. Une amélioration due à la hausse des exportations vers l’Algérie de 0,2 milliard d’euros, mais également "dans une moindre mesure" en Tunisie et en Égypte.
En revanche, le solde s’est dégradé, en particulier dans la région Asie-Océanie où le déficit, avec une baisse de 8 milliards d’euros du solde, atteint 61,3 milliards d’euros. Sans surprise, c’est avec la Chine que les échanges sont les plus déséquilibrés, où le déficit touche les 46 milliards d’euros en 2025, se creusant de 3,9 milliards d’euros par rapport à 2024. Toutefois, le document des douanes précise que le niveau historique de -49,8 milliards d’euros n’a pas été atteint.
L’automobile compte parmi les principaux facteurs qui contribuent au déficit commercial, avec des importations de véhicules en croissance de 0,3 milliard d’euros par rapport à 2024, à 2,2 milliards d’euros. Il s’agit du troisième produit le plus importé derrière les produits pharmaceutiques et les articles d’habillement.
Sur le même sujet
Laisser un commentaire
Vous devez vous connecter pour publier un commentaire.
