Surproduction en Chine : la pression monte sur l'Europe

La Chine continue de bousculer l’industrie automobile mondiale. Selon les derniers chiffres publiés par l'Association chinoise des constructeurs automobiles (CAAM : China association of automobile manufacturers) repris par le cabinet Inovev, le pays a produit plus de 30 millions de voitures particulières en 2025.
Un niveau record, qui confirme le rôle central de l’empire du Milieu dans l’automobile mondiale. Mais derrière ces chiffres se cache une réalité plus nuancée. Les usines chinoises tournent à plein régime alors que le marché intérieur, lui, commence à ralentir.
Car selon la China passenger car association (CPCA), 23,26 millions de véhicules particuliers ont été vendus en Chine en 2025 contre 23,37 millions en 2024, soit une diminution de 0,5 %, chiffres correspondant à des véhicules fabriqués en Chine et à des importations "pouvant être estimées à 700 000 véhicules en 2024 et 400 000 en 2025", indique Inovev. Alors que les constructeurs chinois ont fabriqué 30,27 millions de voitures, soit une hausse de plus de 10 % par rapport à 2024.
30 millions de voitures produites
Dans le même temps, les livraisons mondiales, c’est-à-dire les véhicules vendus en Chine et exportés, comme c'est le cas par exemple de la Dacia Spring, ont dépassé les 30 millions d’unités, en progression de 9,2 %. Une forte progression qui montre l'accélération de l'expansion des marques chinoises. En clair : les usines chinoises produisent toujours plus… alors que la demande intérieure stagne. "Une partie de cette production supplémentaire est donc destinée à l’exportation, tandis qu’une autre finit en stockage", souligne Inovev.

©Inovev
En parallèle, en un an, la Chine a expédié plus de six millions de voitures à travers le monde, soit une hausse de près de 22 %. Autrement dit, plus d’une voiture chinoise sur cinq produite en 2025 a quitté le pays.
Cette situation illustre les difficultés actuelles du marché chinois. Après des années de croissance explosive, la concurrence est devenue féroce entre les constructeurs locaux. Les promotions et baisses de prix se multiplient, notamment sur les voitures électriques, provoquant une véritable guerre des tarifs. Pour continuer à grandir, les marques chinoises n’ont donc plus le choix : elles doivent désormais conquérir le reste du monde.
Chery, numéro un à l'export
Cette montée en puissance est portée par une poignée de constructeurs. Quatre groupes dominent désormais largement les exportations chinoises : Chery, qui dépasse 1,3 million de véhicules exportés, BYD avec 1 million d’unités, SAIC Motor avec 900 000 voitures et Geely avec environ 600 000 véhicules. À eux seuls, ces quatre constructeurs représentent près des deux tiers des exportations automobiles chinoises, dont l'Europe est devenue une destination prioritaire.

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Rien qu'en 2025, les constructeurs automobiles chinois ont détenu 6 % du marché européen (UE + Royaume-Uni + Suisse + Norvège) des voitures particulières sans inclure la marque Volvo qui est une filiale suédoise du groupe chinois Geely. Leur part de marché sur le Vieux Continent est ainsi passée de 0,3 % en 2020 à 6 % en 2025.
Une part de marché de 12 % à 15 % en 2030 en Europe
En 2026, les constructeurs chinois ont encore augmenté leur part de marché en Europe puisque celle-ci atteint 8,3 % à fin mars. Le cabinet Inovev estime que la barre des 10 % sera probablement atteinte, voire dépassée en 2027 ou 2028.
"Une projection en 2030 permet de penser que les constructeurs chinois pourraient représenter entre 12 % et 15 % du marché (11,5 % avec l'utilitaire)", indique Inovev. Sur cette période, les constructeurs chinois auront probablement investi massivement dans l'outil industriel européen.

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