L’Allemagne muscle son discours face à la Chine pour défendre son industrie automobile

Lars Klingbeil, le vice-chancelier allemand, a exhorté Bruxelles à prendre des mesures concrètes contre les "pratiques commerciales déloyales" de Pékin, en marge d'une visite chez le constructeur automobile Volkswagen fragilisé par la concurrence chinoise.
Lors d'une conférence de presse devant l'usine principale du groupe à Wolfsburg, Lars Klingbeil, également ministre des Finances, a appelé jeudi 17 septembre 2026 à ne pas "être naïf" face à la Chine.
Droits de douane sur les hybrides
L'UE accuse Pékin de concurrence déloyale envers l'industrie européenne, notamment automobile, en dopant ses exportations via sa politique monétaire et ses subventions. Ce qui ne cesse de creuser son déficit commercial vis-à-vis de la deuxième économie mondiale.
Pour Lars Klingbeil, il s'agirait par exemple d'imposer une part minimum de composants européens dans la fabrication locale de voitures.
Autres pistes à creuser pour Berlin et Bruxelles, selon lui : des droits de douane européens élargis aux voitures hybrides rechargeables, des mesures de rétorsion face aux subventions chinoises, création d'une coentreprise avec un partenaire européen en cas d'implantation dans l'UE.
"Il faut maintenant un signal clair venant également du niveau européen. Et le gouvernement fédéral doit adopter une position claire et sans équivoque", a-t-il insisté.
Sauver le soldat Volkswagen
En net décrochage face à ses concurrents chinois, notamment dans l'électrique, Volkswagen a entériné début septembre une restructuration historique prévoyant 50 000 suppressions de postes supplémentaires, portant à 100 000 le nombre d'emplois qui seront supprimés entre 2024 et la fin de la décennie.
Volkswagen et les autres constructeurs allemands ont "d'excellents produits" [...] "mais lorsque nous sommes confrontés à des conditions-cadres injustes, nous devons les changer", a défendu de son côté Daniela Cavallo, présidente du comité d'entreprise du groupe.
Elle appartient au syndicat IG Metall qui va organiser une vaste mobilisation dans 200 sites automobiles du pays, avec une participation attendue de 100 000 employés.
"Nous avons toujours besoin de la Chine comme partenaire, et comme partenaire fiable, mais nous devons appliquer ici les règles dont nous avons besoin", a ajouté Olaf Lies, ministre-président du Land de Niedersachsen où se trouve Wolfsburg.
En juillet, les dirigeants français et allemand Emmanuel Macron et Friedrich Merz ont promis pour septembre une "feuille de route" commune au sujet des échanges commerciaux avec la Chine. (avec AFP)
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